Vol 7 N° 4 [Octobre–décembre 2009]

 

SOMMAIRE

PLEINS FEUX SUR ...
2 Darwin est toujours vivant !

ACTUALITÉS
10 L’Albanie approuve sa stratégie pour la science
10 L’ONU adopte les services climatologiques
11 L’OCDE réévalue l’aide de l’UNESCO au développement
11 La mobilité des étudiants en forte croissance
12 Investir davantage dans l’enseignement supérieur
12 L’UNESCO évalue les dégâts à Babylone
13 Treize sites rejoignent le Patrimoine mondial
13 Notes de cours en accès libre

INTERVIEW
14 Beatriz Barbury raconte la vie et la mort des étoiles

HORIZONS
17 Captivez-les très jeunes !
20 Faire un pas en arrière

EN BREF
24 Agenda
24 Vient de paraître

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ÉDITORIAL

Sceller l’accord !

Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) provenant des combustibles fossiles ont atteint en 2006 le niveau record de 8,4 gigatonnes, selon l’Earth Policy Institute, soit « 20 % de plus qu’en 2000. Entre 2000 et 2006, elles ont augmenté de 3,1 % par an, soit deux fois plus vite que dans les années 90 ».

Ces chiffres montrent que nous sommes engagés sur la pente glissante d’un changement climatique incontrôlé. La hausse des émissions de CO2 dépasse aujourd’hui le pire des scénarios du rapport 2007 du Giec sur l’évolution du climat : une élévation de température de 6,4°C en moyenne d’ici la fin du siècle.

Alors que c’est un sentiment d’urgence qui devrait prévaloir, les négociations de l’ONU sur le climat, en décembre à Copenhague, s’annoncent sous le signe de l’attentisme. La faute en revient en grande partie aux pays riches. Maintes fois, ils ont manqué à leurs promesses d’aide internationale pour la réduction de la pauvreté et le transfert de technologie vers les pays en développement. Ils ne peuvent nier non plus être responsables de la majeure partie de l’augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis 1950, même si elle est désormais largement partagée par les pays en voie d’industrialisation rapide. Les pays en développement craignent que ne retombe sur leurs épaules une part importante du fardeau de la réduction des émissions des gaz à effet de serre, au fur et à mesure de l’augmentation de leur investis-sement dans l’énergie dans les prochaines années.

Or, il ne s’agit pas de choisir entre forte croissance économique et faibles émissions de gaz à effet de serre, déclare Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU. Dans sa préface au World Economic and Social Survey publié en septembre par l’ONU, il soutient que les deux pistes sont complémentaires.

Le Survey propose que soit créé un programme mondial d’investissement pour aider les pays en développement à s’engager sur des pistes de croissance plus propres. Le Survey suggère qu’au moins 1 % du PIB annuel mondial, soit 500 à 600 milliards de dollars, soit investi dans l’aide extérieure à l’adaptation au changement climatique et à la réduction de ses effets. Ce montant est à comparer aux quelque 21 milliards de dollars actuellement consacrés à ce poste. « Les plus pauvres et les plus vulnérables ont besoin, pour s’adapter, d’un financement substantiel et accéléré – maintenant ! » avertit Ban Ki-moon. Il vous suffit de lire, dans ces pages, l’étude de cas de deux réserves de biosphère, au Royaume-Uni et au Kenya, pour vous rendre compte que, si ces deux pays subissent déjà les effets de la montée du niveau de la mer, les moyens dont ils disposent pour le combattre diffèrent grandement.

C’est aux plus grands émetteurs historiques de carbone qu’il revient de donner l’exemple en s’enga-geant, à Copenhague, à réduire leurs émissions. Mais aucun accord n’aurait de sens si les pays dont les émissions s’accroissent rapidement ne les réduisaient, eux aussi, de manière substantielle. Aujourd’hui, à peine 10 pays produisent les deux-tiers de ces émissions. Ce sont par ordre décroissant la Chine, les États-Unis, la Russie, l’Inde, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, la République de Corée et l’Italie. Ils sont suivis par l’Iran, le Mexique, l’Afrique du Sud, la France, l’Arabie saoudite, l’Australie, le Brésil, l’Espagne, l’Indonésie, l’Ukraine, la Pologne, la Thaïlande et la Turquie.

D’après Ban Ki-moon, « notre pied est bloqué sur l’accélérateur, et nous roulons vers l’abîme ». Toute l’humanité est assise dans cette voiture. Nous sommes lancés ensemble vers cette calamité et c’est seulement tous ensemble que nous pourrons nous écarter du précipice.

Les négociations de Copenhague concluent trois années d’efforts de l’ONU pour mettre en place avant 2012 le successeur au Protocole de Kyoto. Aux délégations maintenant d’arriver à Copenhague prêtes à assumer leurs responsabilités. Sceller l’accord !

W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles

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