Vol 8 N° 1 [Janvier–mars 2010]

 

SOMMAIRE

PLEINS FEUX SUR ...
2 Faune et flore dans un monde en réchauffement

ACTUALITÉS
10 Pour Mme Bokova, la science doit être une priorité
10 Inquiétudes au sujet du budget de la science
11 La Colombie accueille le plus grand marathon spatial de l’Année
11 Lancement du Consortium pour la science dans le Sud
12 Attribution de trois prix scientifiques
12 Une école de biosphère en Guinée Bissau
13 La santé des océans vitale pour combattre le changement climatique
14 L’effondrement des karez oblige des Irakiens à fuir leurs maisons
14 Le développement durable a besoin de sa dimension culturelle
15 Deux prix Nobel pour des lauréates l’ORÉAL–UNESCO
15 18 pays testent le système d’alerte aux tsunamis

INTERVIEW
16 Farouk El-Baz retourne à la lune

HORIZONS
18 Les guérisseurs de Bushbuckridge découvrent leurs droits
21 Une teinture bleue peut-elle venir au secours de la mer d'Aral ?

EN BREF
24 Agenda
24 Vient de paraître

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ÉDITORIAL

Demain commence aujourd'hui

Elle n’a peut-être pas fait les gros titres, mais la préservation à long terme de la biodiversité se trouvait, elle aussi, suspendue aux résultats des négociations de Copenhague sur le climat. Comme l’expliquent les auteurs de Faune et flore dans un monde en réchauffement, qui débute page 2, l’impact du réchauffement sur la biodiversité « sera profond et général ».

Même de 2° C, le réchauffement va stresser les espèces et les écosystèmes, et, par exemple, faire blanchir les récifs coralliens d’Australie, d’Asie du Sud et des Caraïbes. Si nous voulons le limiter à 2° C au cours du siècle, il nous faut agir rapidement et avec détermination ; or, certaines délégations à Copenhague viennent de décider de remettre à demain ce qui aurait pu se faire aujourd’hui. Deux semaines d’intenses négociations se sont conclues, le 18 décembre, sur un vague accord, signé par une minorité de pays, ne comportant, au niveau international, aucun engagement contraignant pour la réduction des émissions de carbone, même s’il mentionne l’objectif de limiter à 2° C la hausse de la température mondiale. L’Accord de Copenhague entérine également le mécanisme de Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD). Nous examinerons, dans un prochain numéro, les implications de cette décision pour la préservation de la biodiversité.

Le message de l’Année internationale de la biodiversité est clair : agissez maintenant pour ralentir le rythme alarmant des pertes de biodiversité, ou regrettez-le demain. Le changement climatique n’est évidemment pas la seule menace qui pèse sur la biodiversité. Les pertes d’habitats, la déforestation, la surpêche et les espèces invasives en sont d’autres manifestations.L’Année débute le 21 janvier prochain au siège de l’UNESCO à Paris. Son lancement sera suivi d’une conférence au cours de laquelle les scientifiques montreront comment les nouvelles connaissances peuvent éclairer les prises de décisions en matière de biodiversité. Ils traiteront, entre autres, d’une taxi-nomie de nouvelle génération, de biogéographie en rapport avec le changement climatique, d’établisse-ment de priorités pour la biodiversité, et de l’interface entre science de la biodiversité et politique. Les actes et les recommandations de la conférence seront soumis en octobre à la fois au Conseil exécutif de l’UNESCO et à la réunion au Japon des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB).

L’importance de la biodiversité dans le développement économique sera également au programme de la conférence scientifique de janvier. Qui aurait imaginé, par exemple, qu’une simple teinture natu-relle pourrait résoudre une partie des problèmes écologiques et socioéconomiques les plus aigus du bassin de la mer d’Aral, comme nous le verrons dans ce numéro ?

L’éducation sera l’un des objectifs de l’Année. Après huit jours au siège de l’UNESCO, une expo-sition itinérante partira, le 30 janvier, pour un tour du monde, où elle transmettra aux politiques, aux décideurs, aux jeunes et au grand public les principaux messages de l’Année. S’ensuivra, en octobre, un kit éducatif sur la biodiversité, à l’intention des enseignants et des formateurs.

L’Année mettra également en évidence les liens entre diversité biologique et culturelle. Avec la CDB et d’autres organismes, l’UNESCO tiendra en juin une conférence internationale sur la diversité biologique et culturelle à Montréal, au Canada. Comme nous le verrons dans les pages qui suivent, les guérisseurs traditionnels de Bushbuckridge, en Afrique du Sud, illustrent la symbiose des deux entités. Ayant pris conscience de leurs droits, ils entendent les faire respecter. Les bienfaits seront à court et à long terme, car en protégeant les plantes médicinales – leur moyen d’existence –, ils protègeront en même temps la santé de leurs communautés.

W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles

Liens utiles :

L'UNESCO et l'année internationale de la biodiversité
La biodiversité, c’est la vie – La biodiversité, c’est notre vie

Site officiel des Nations Unies pour 2010 Année internationale de la biodiversité

 

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