Vol 8 N° 4 [Octobre–Décembre 2010]

 

SOMMAIRE

PLEINS FEUX SUR ...
2 Le rôle croissant du savoir dans l’économie mondiale

ACTUALITÉS
11 L’UNESCO intervient pour aider le Pakistan
11 Une île se libère du pétrolev
12 Un observatoire de la science pour l’Amérique latine et les Caraïbes
12 Expansion des sciences sociales dans les pays émergents
13 21 nouveaux sites se classent au Patrimoine mondial

ENTRETIEN
14 Jatna Supriatna expose les mesures prises par l'Indonésie pour protéger sa biodiversité

HORIZONS
17 L'essor de l'innovation en Inde
21 Les aventures de Patrimonito

EN BREF
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ÉDITORIAL

La science se démocratise

La parution du Rapport de l’UNESCO sur la science 2010 est prévue pour le 10 novembre, Journée mondiale de la science qui a pour thème, cette année, le Rapprochement des peuples et des cultures. Nous présentons ci-après des extraits du chapitre introductif et de celui consacré à l’Inde. Parmi les nombreuses tendances identifiées par le rapport dans son tour d’horizon sur l’état de la science, la plus marquante est sans doute la démocratisation croissante de la science.

La diffusion rapide des technologies a ouvert en grand, dans le monde entier, un espace dynamique pour le développement des potentialités. Même les pays ayant des capacités scientifiques plus faibles découvrent qu’ils peuvent acquérir, adopter et parfois même transformer une technologie existante, tout en faisant l’économie de certains investissements coûteux comme, dans les infrastructures, la mise en place de lignes téléphoniques terrestres. Les progrès de la technologie permettent à ces pays de produire davantage de connaissances et de prendre une part plus active aux réseaux internationaux et aux partenariats de recherche avec des pays du Nord comme du Sud. Cette tendance encourage la démocratisation de la science partout dans le monde. La diplomatie scientifique devient, en retour, dans les relations internationales, un instrument essentiel de construction de la paix et du développement durable.

Le rapport décrit un environnement devenu de plus en plus compétitif, dans lequel les flux d’information, de connaissances, de personnel et d’investissements empruntent désormais une voie à double sens. La Chine et l’Inde, par exemple, utilisent leur pouvoir économique nouvellement acquis pour investir dans des compagnies de haute technologie en Europe et ailleurs, et ainsi acquérir, du jour au lendemain, une expertise technologique. La Chine compte recruter 2 000 experts étrangers, dans les 5 à 10 prochaines années, pour ses laboratoires, ses instituts de recherche, ses entreprises de pointe et ses universités.

Si le nombre de pays participant à l’entreprise scientifique augmente, nous assistons également à un déplacement des zones d’influence mondiales. Emmenée, dans une large mesure, par la Chine, l’Inde et la République de Corée, la part de l’Asie dans la dépense intérieure brute de recherche-développement (DIRD) est passée, selon l’Institut de statistiques de l’UNESCO, de 27 % à 32 % entre 2002 et 2007, essentiellement au détriment de la Triade composée de l’Union européenne (UE), du Japon et des États- Unis. Dans le même temps, la part de la Chine dans la DIRD mondiale est passée de 5 % à 8,9 %. En termes absolus, d’autres grands pays émergents ont commencé à dépenser davantage en R&D, comme c’est le cas de l’Afrique du Sud, du Brésil, du Mexique et de la Turquie.

Les « Cinq grands », à savoir la Triade, la Chine et la Fédération de Russie, comptent encore néanmoins les trois-quarts des chercheurs. Alors que la Chine arrive, à une courte tête près, à posséder désormais autant de chercheurs que l’UE et les Etats-Unis, pour leur part, le Brésil et l’Inde adoptent des mesures vigoureuses pour remédier à leur pénurie de diplômés de haut niveau. Par ailleurs, la fuite des cerveaux préoccupe de nombreux pays en développement. Le tiers, au moins, des chercheurs africains vivaient et travaillaient à l’étranger en 2009, par exemple.

Le rôle croissant de la diplomatie scientifique a d’importantes répercussions pour l’UNESCO. Depuis plus de 60 ans, l’UNESCO encourage la collaboration internationale afin de promouvoir le partage de l’information et des données scientifiques. Aujourd’hui, comme l’écrit Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, dans son Avant-propos au rapport, à une époque où la science détient un formidable pouvoir pour façonner l’avenir de l’humanité et alors que les problèmes sont de plus en plus souvent de nature mondiale, « c’est un non-sens de vouloir formuler la politique scientifique en termes purement nationaux ».

Gretchen Kalonji
Sous Directrice générale pour les sciences exactes et naturelles

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