[Translate to francais:] La science fait des bonds en Asie

Le Rapport de l’UNESCO sur la science 2005 analyse l’état de la science et de la technologie dans le monde. « La tendance la plus remarquable concerne l’Asie, région dans laquelle le montant brut des dépenses de R&D est passé de 27,9 % des dépenses mondiales en 1997 à 31,5 % en 2002 », observe le rapport. « Ce dynamisme est, dans une large mesure, dû à la Chine où l’on trouvait en 2002 davantage de chercheurs (811 000) qu’au Japon (647 000), même si le Japon compte bien plus de chercheurs par million d’habitants (5085) que la Chine (633). En cinq ans exactement, la Chine a fait passer sa contribution aux dépenses mondiales de R&D de 3,9 % à 8,7 %, se plaçant ainsi devant l’Allemagne (6,7%).

Les dépenses de R&D de la Chine ont plus que triplé entre 1997 et 2002, passant de 21 à 72 milliards de dollars. Cette brusque progression de la Chine dans la part des dépenses mondiales de R&D ne s’explique pas uniquement par la croissance forte et soutenue de son économie mais aussi par un engagement plus marqué dans la R&D : 0,8 % de son PIB en 1999, 1,2 % en 2002 et une prévision de 1,5 % en 2005. Son plus grand voisin, l’Inde, a également dépassé le seuil de 1 % en 2004 et prévoit de porter dans les prochaines années à 2 % de son PIB la part de ses dépenses de R&D. Aussi bien l’économie indienne que celle de la Chine ont connu une croissance avoisinant les 10% en 2005.

Dans son plan quinquennal portant jusqu’en 2005, la Chine a identifié la technologie de l’information, la biotechnologie, la technologie des nouveaux matériaux, la technologie de fabrication de pointe, l’aérospatial et l’aéronautique comme des domaines où elle devra effectuer des percées.

Les brevets accordés par la Chine ont presque doublé en à peine quatre ans (pour atteindre 132 000 en 2002). Cependant, si les inventions représentaient 73 % des brevets accordés par la Chine en 2001 à des étrangers, elles représentaient à peine 5 % des brevets accordés à des résidents locaux, la majeure partie relevant des deux autres catégories, celles de la conception et de la création de biens utilitaires.

« L’émergence de la Chine n’est pas encore très évidente dans les statistiques des brevets » signale le rapport, phénomène moins surprenant qu’il ne pourrait paraître, car la prise de brevets se fait en général dans le cadre de marchés arrivés à maturité, or le Droit chinois des affaires ne date que de 1993. Les produits de haute technologie représentent à l’heure actuelle exactement 21 % des exportations chinoises de produits manufacturés (mais qui placent tout de même la Chine au 7ème rang mondial en termes de volume). Selon les statistiques chinoises,entrent dans la catégorie des exportations de haute technologie : les ordinateurs et les télécommunications, les sciences de la vie, l’électronique, l’armement, la fabrication assistée par ordinateurs, l’aéronautique et le spatial, la technologie optoélectronique, la technologie nucléaire, la biotechnologie et la conception de matériaux « Tout de même, la dynamique est indéniable, estime le rapport. La Chine importe à l’heure actuelle plus d’instruments scientifiques, de produits électroniques ou de télécommunication et de mécanismes électriques que le Japon ».

Les marchandises high-tech ont réussi à constituer 72 % des exportations des produits manufacturés des Philippines, 50 % de celles de la Malaisie et 32 % de la Thaïlande. Ce remarquable résultat est dû au fait que « les multinationales et les autres firmes des pays développés intensifient leurs activités de fabrication de biens d’équipement dans les pays asiatiques ».

La part d’Asie en matière de publications scientifiques est passée de 16, 2% à 22,5% au cours de la dernière décennie, révèle le rapport. La Chine, aussi bien que les pays nouvellement industrialisés d’Asie, ont presque multiplié par trois leur part dans l’ensemble du monde.

La fuite des cerveaux continue à handicaper de nombreux pays asiatiques. Même un pays comme l’Inde, dont les résultats sont remarquables en matière de création de logiciels (le marché indien des logiciels a quadruplé, en valeur, pour atteindre 20 milliards de dollars entre 1997 et 2003) et de recherche dans les domaines de l’espace, des biotechnologies et de l’industrie pharmaceutique, continue de voir un grand nombre de ses diplômés les plus qualifiés quitter le pays pour travailler à l’étranger, principalement aux Etats-Unis.

Ce phénomène montre qu’il ne suffit pas de disposer d’un système universitaire performant pour surmonter le problème de la fuite des cerveaux. Le cas de la Chine, où environ un tiers de ceux qui s’expatrient revient chaque année » prouve qu’un effort de développement plus vigoureux de la part du pays d’origine constitue l’aimant le plus puissant pour inciter les chercheurs à y revenir.

Ce résumé de l’état de la science en Asie est tiré du bulletin trimestriel de l’UNESCO, Planète Science, d’avril 2006

Lire également le communiqué de presse de 18 janvier 2006 sur le Rapport de l’UNESCO sur la science 2005

Lire un résumé sur les autre regions dans le Rapport de l’UNESCO sur la science 2005 :

L’Amérique latine et les Caraïbes à la traîne

L’Europe et les Etats-Unis face à une montée de la concurrence internationale

Amélioration des perspectives en Afrique et dans les États arabes ?

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