05.03.2012 - Natural Sciences Sector

Récits gravés dans les roches : l’identification des ressources minérales en Afrique

Participants of IGCP 470

Plus de 300 projets réalisés dans 150 pays avec la participation de milliers de spécialistes en sciences de la terre témoignent du niveau de qualité scientifique et pratique du Programme international des géosciences (PICG) depuis sa création en 1972. Le PICG a choisi de fêter son anniversaire avec une publication des Récits gravés dans les roches glanés au fil de 40 ans de projets. Ceux-ci ciblent des problèmes géologiques d’importance capitale pour les générations actuelles et sont répartis en cinq thèmes : changement climatique, géorisques, hydrogéologie, ressources de la Terre, et Terre profonde. Dans les semaines environnant la celebration officielle, nous allons partager avec vous une sélection d’histoires sur chacun de ces thèmes.

Ces dernières années, en Afrique, le secteur des géosciences a bénéficié d’importants investissements internationaux pour répondre à une forte hausse de la demande en ressources minérales et énergétiques dans le monde. De nombreux pays africains ont ainsi lancé de nouveaux programmes nationaux de cartographie géologique.

L’une des régions du continent qui pose aujourd’hui encore bien des énigmes d’ordre géologique se situe en Afrique centrale ; elle englobe le Cameroun, la République centrafricaine (CAF), le Tchad, le Congo, la République démocratique du Congo (COD), la Guinée équatoriale et le Gabon, en dépit de quelques progrès accomplis dans ces deux derniers pays, probablement du fait d’une intense activité d’exploration pétrolière et minière à l’heure actuelle.

En 2002, époque du lancement du projet PICG 470, la recherche géoscientifique en Afrique centrale était confrontée à de multiples difficultés, parmi lesquelles un volume limité de données modernes, des cartes géologiques obsolètes datant de l’ère coloniale ou élaborées dans les années 1980 pour des projets de prospection minière, une répartition inégale des relevés topographiques, ainsi qu’un manque de communication entre les projets, en particulier au niveau international. L’établissement de corrélations transfrontalières sur la base des apports régionaux n’a donc pas été simple.

Dans le cadre de ses activités, le projet a mis en place un réseau de coopération avec des chercheurs d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud. Des ateliers de terrain ont été organisés annuellement dans les pays d’Afrique centrale concernés, et de nouvelles données ont été obtenues dans les différents laboratoires du réseau. Des spécialistes étrangers des géosciences ont ainsi pu, pour la première fois depuis des décennies, procéder à des études de terrain en République centrafricaine et au Tchad. L’Université de Kinshasa a également accueilli sa première réunion géologique depuis l’indépendance de la République démocratique du Congo, en 1960.

Un autre résultat important du projet PICG 470 a été de rompre l’isolement de nombreux chercheurs de la région. Des excursions sur le terrain ont permis à de jeunes scientifiques de profiter des compétences de collègues plus expérimentés, nombreux sont ceux dont la carrière doit beaucoup à ce projet. Cinq d’entre eux ont obtenu depuis leur doctorat grâce aux programmes de recherche menés en coopération entre des universités et des instituts de recherche de la région et de pays européens. Les établissements partenariats ont favorisé le développement d’une vaste base de données régionale qui permet de mieux comprendre l’architecture géologique de la région. Une nouvelle carte transfrontalière avec les données géologiques et les gisements de minerai a été publiée pour la région de l’Afrique centrale ; la carte du Cameroun datant de l’époque précoloniale a été actualisée et la chronologie de l’évolution des roches du socle précambrien a été affinée. Cette différentiation chronologique facilite l’interprétation des données géologiques et permet ainsi de mieux orienter l’exploration des ressources minérales.

Les résultats du projet PICG 470 ont aussi contribué à favoriser des projets internationaux de cartographie géologique en cours. Les nouvelles données collectées ont été d’une importance cruciale pour finaliser la partie Afrique centrale de la 2e édition de la Carte tectonique de l’Afrique, publiée en 2011. En 2008, le Cameroun a été l’un des premiers pays africains à participer à OneGeology, initiative qui a pour but de rendre accessible par Internet une carte géologique du monde assemblée à partir de données cartographiques géologiques fournies par chaque pays.

La communauté géoscientifique africaine, par le biais de la Société géologique de l’Afrique, s’emploie activement à faire connaître le PICG et ses avantages et à en faire bénéficier les institutions et les responsables africains qui travaillent dans le domaine des sciences de la Terre. L’Agence suédoise de coopération internationale au développement (SIDA) finance actuellement un programme de quatre ans destiné à appuyer le développement du PICG en Afrique sous la forme d’ateliers de formation et de soutien direct octroyé à des projets individuels.

Extraits de la publication de l’UNESCO intitulée Récits gravés dans les roches - 40 ans du Programme international des géosciences (PICG) publiée en 2012.  




<- retour vers Toutes les actualités
Retour en haut de la page