Les satellites surveillent le changement climatique dur les sites du patrimoine mondial

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Au cours des 10 dernières années, l’UNESCO a établi des partenariats de coopération avec des agences, des institutions de recherche et du secteur privé de l’espace afin de soutenir les efforts de suivi et de surveillance des sites du patrimoine mondial dans les pays en développement.

Ces partenaires de l’espace ont créé une série de panneaux avec l’UNESCO afin d’illustrer la façon dont l’observation de la Terre depuis l’espace est utilisée afin de mesurer les effets du changement climatique sur certains sites du patrimoine mondial, par le biais d’une série d’exemples remarquables. Elle est organisée par l’UNESCO en collaboration avec ses partenaires de l’espace, avec l’aide généreuse de Planet Action.

Introduction
Les capteurs en orbite peuvent mesurer des variables essentielles du changement climatique. La surveillance globale et exhaustive utilisant les technologies spatiales n’est possible que grâce à la coopération entres les nations du monde entier.

 

Disparition des glaciers du mont Kilimandjaro
Avec ses 5 895 m d’altitude, le mont Kilimandjaro est la plus haute montagne d’Afrique. Ses glaciers ont persisté pendant au moins 10 000 ans. Cependant ils ont perdu 80 % de leur surface au cours du XXe siècle, suite aux effets combinés du changement climatique et des activités humaines.


Comprendre et protéger le puit de carbone du Parc national des Virunga
Les volcans Virungas sont situés dans le Rift Albertin, là où l’Ouganda, le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) se rejoignent. Cet endroit héberge le plus grands nombre d’espèces vertébrées endémique que toute autre région de l’Afrique continentale.


Les effets de la désertification sur les mosquées de Tombouctou

Tombouctou était une capitale intellectuelle et spirituelle, et un centre de la propagation de l’islam à travers l’Afrique du XVe et XVIe siècles. Malgré leur restauration constante, ses monuments sont menacés par les effets actuels de la désertification, qui intensifie l’ensablement et les tempêtes de sable.


Perte de zones humides dans le Parc national de l’Ichkeul
La construction de barrages sur trois des affluents du lac et des marais d’Ichkeul conduisit à de longues périodes de sécheresse entre 1993 et 2002, qui ont interrompu une part importante du flux entrant d’eau douce, entrainant une augmentation relative du flux d’eau salée. De plus, une baisse des précipitations a été observée depuis les années 1930. Les images satellite montrent que la surface du lac a diminué en conséquence.

 

Blanchissement des coraux de la Grande Barrière
Les coraux ont un rapport symbiotique avec une algue nommée zooxanthellae, qui leur donne leur couleur.

 

Destruction des mangroves des Sundarbans
Les mangroves des Sundarbans s’étendent sur 10 000 km², se sont les plus grandes de ce type au monde. Elles hébergent une riche biodiversité : 260 espèces d’oiseaux, des loutres indiennes, des cerfs tachetés, des sangliers sauvages, des crabes violonistes, des crabes de vase, trois espèces de lézard marin et cinq espèces de tortues.

 

Pertes de coraux, de mangroves et de tortues dans le Parc national de Komodo
Cette image satellite montre la mer, les récifs coralliens et les plages de mangroves de Komodo. Ce parc héberge certains des coraux les plus divers du monde, mais il doit aussi sa célébrité au fait qu’il est le dernier habitat du plus grand lézard du monde : le dragon du Komodo (Varanus komodoensis), qui n’existe nulle part ailleurs.

 

Retrait des glaciers du mont Everest
Le Parc national de Sagarmatha est un lieu exceptionnel composé de montagnes dramatiques, de glaciers et de vallées profondes, où se trouve le mont Everest (ou Sagarmatha en népali), le pic le plus élevé du monde (8 848 m). Plusieurs espèces rares telles que le léopard des neiges et le petit panda peuvent être rencontrées dans le parc.

 

Fonte du pergélisol dans les Montagnes Dorées de l’Altaï
Les Scythes construisirent des monticules funéraires, appelés kurgans, dans la région de l’Altaï (Sibérie). Leur localisation dans du pergélisol (sol d’une température inférieure à 0 °C pendant au moins deux ans) a permis leur conservation exceptionnelle.

 

Inondations à Venise
Les effets combinés des actions humaines et du changement global du niveau de la mer entrainent une augmentation nette du niveau de la mer à Venise. Les images satellite montrent que Venise est extrêmement vulnérable face à tout changement du niveau de la mer. Récemment, la fréquence et les dommages dus aux inondations ont nettement augmenté : huit des dix marées les plus fortes du siècle passé ont eu lieu depuis 1960 .

 

Recul glaciaire dans le Fjord glacé d’Ilulissat
Ce glacier, qui est situé au Groenland, joue un rôle central dans l’étude de la glaciologie et de la variété climatique : il s’agit d’un vestige exceptionnel du dernier âge glaciaire du quaternaire.

 

Risques d’inondation dans les sites du patrimoine mondial de Londres
Depuis l’aube de l’humanité, les êtres humains se sont installés sur le bord des mers et des rivières. Le changement climatique et les conséquences éventuelles de l’élévation du niveau de la mer affecteront de nombreux sites historiques.

 

Intensification des conséquences d’ENOA dans les îles Galápagos
Les îles Galápagos constituent un “musée vivant et vitrine de l’évolution” unique. Leurs écosystèmes sont caractérisés par leurs forts endémismes et diversité. Ils hébergent des espèces inhabituelles telles l’iguane terrestre et la tortue géante.

 

Les structures de terre en danger dans la Zone archéologique de Chan Chan
Chan Chan est l’une des villes préhispanique construite en terre les plus importantes du continent américain. Les précipitations intenses endommagent la base des structures de terre

 

La menace des ouragans à Cancun
Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), il est probable les ouragans s’intensifient à l’avenir, avec des précipitations et des vents plus forts associés à une augmentation continue des températures de la superficie des mers tropicales.

 

Uxmal : migration d’une civilisation potentiellement due au changement climatique
La cité maya d’Uxmal, dans le Yucatan, fût fondée en 700 avant notre ère. C’était le centre principal de la région Puuc, et sa population atteignit les 25 000 habitants.

 

Calakmul, “ poumon naturel ” du Mexique
Calakmul est la réserve de forêt tropicale la plus grande du Mexique ; elle s’étend sur 723 185 ha. Cet écosystème unique en son genre comprend le couvert forestier avec son sol fertile et des réservoirs d’eau mayas appelés aguadas, qui fournissent de l’eau douce utilisée par la faune et par les humains.

 

Végétation et forêts : les poumons du monde
Le changement climatique et les forêts sont étroitement liés. Les plantes, et tout particulièrement les forêts, absorbent le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère, le convertissent en carbone par photosynthèse qu’elles stockent, et relâchent de l’oxygène, rendant ainsi notre planète habitable.

 

Les effets du changement climatique en Afrique
L’Afrique est l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique, avec la capacité d’adaptation la plus faible. 43 % de la surface terrestre du continent africain est potentiellement sujette à la désertification ; cela concerne 40 % de la population du continent, soit 270 millions de personnes.

 

Les effets du changement climatique en Asie
La source la plus importante de pollution atmosphérique est la combustion de biomasse et de combustibles fossiles. C’est également la plus grande source de CO2 produit par l’homme, hors le CO2 est le principal gaz à effet de serre. L’Asie est l’un des principaux émetteurs de ce type de gaz. Eau et agriculture : ces deux secteurs seront certainement les plus touchés par le changement.

 

Les effets du changement climatique en Europe
En Europe, la température moyenne a augmenté d’environ 1,4 °C par rapport aux niveaux préindustriels et d’ici à 2080 elle devrait augmenter de 2,1 à 4,4 °C. Le niveau de la mer augmente et la fonte des glaces s’accélèrent. Selon les projections le niveau de la mer augmentera de 180 à 590 mm d’ici à 2100.

 

Les effets du changement climatique en Amérique latine et Caraïbes
Selon les projections actuelles, le changement climatique affectera la région de façon considérable : le niveau de la mer augmentera, la fréquence des orages et des ouragans sera plus élevée, les sécheresses et inondations associées aux événements El Niño seront plus prononcées et les réserves d’eau stockées dans les glaciers déclinent. La fréquence et l’intensité des cyclones tropicaux vont augmenter, affectant plus particulièrement les zones côtières et les petits États insulaires des Caraïbes.

 

Les effets du changement climatique en Amérique du Nord
Quoi que la consommation d’énergie totale ait augmenté en Amérique du Nord depuis 1987, des progrès notables ont été réalisés en termes d’efficience énergétique. Le secteur de l’énergie demeure un gros émetteur de CO2. Les États-Unis et le Canada émettent respectivement 23 % et 2,2 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie au niveau global.

 

Les effets du changement climatique en Océanie
Les températures ont augmenté de 0,4 à 0,7 °C dans la région depuis 1950, les canicules sont plus fréquentes et le niveau de la mer s’est élevé de 70 mm. Les inondations seront plus fréquentes et plus intenses, ainsi que les glissements de terrains, les sécheresses et les ondes de tempête, alors que la neige et le gel se feront plus rares dans cette région.

 

Cette série à d’abord été créé sous forme d’exposition, qui s’est tenue dans les rues de Cancun, au Mexique, pendant le Sommet des nations Unies sur le changement climatique, du 24 novembre au 10 décembre 2010, afin que les délégués et les résidents puissent l’apprécier ensembles. Des sessions de formation pour enseignants et du matériel éducatif adapté aux élèves de 12-16 ans ont été préparés en parallèle, afin d’augmenter l’impact des visites scolaires.

L’UNESCO est reconnaissante à tous ses partenaires de l’espace, qui rendent l’utilisation des technologies de l’espace au service des sites du patrimoine mondial possible.

L’UNESCO souhaite remercier les organisations suivantes pour leurs généreuses contributions, sans lesquelles cette exposition n’aurait pu voir le jour :

Le Gouvernement flamand (Belgique)
Planet Action (France)
L’Agence spatiale allemande (DLR, Allemagne)
L’Agence spatiale européenne
La Politique scientifique fédérale (BELSPO, Belgique)
La Municipalité de Benito Juarez (Cancun, Mexique)
La Délégation permanente de la Belgique auprès de l’UNESCO
La Délégation permanente du Mexique auprès de l’UNESCO

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