Interview du Professeur Ruth Arnon

  • Q2 - À quelles difficultés se heurte l’enseignement supérieur pour former des scientifiques et des ingénieurs ?

Leur population vieillit et l’écart se creuse entre la demande prévue – compte tenu de la croissance économique et du départ à la retraite du personnel – et l’arrivée prévue de nouveaux diplômés. En Israël, les disciplines de sciences naturelles et de technologie ne réunissent que 25 % des licenciés. En République de Corée, la proportion est de 40 % et dans la plupart des pays occidentaux d’environ 30 %. Si la tendance se poursuivait, elle aboutirait à combler l’écart technologique positif qui sépare Israël de ses concurrents, ou même à l’inverser.

Le vieillissement des scientifiques et des ingénieurs se manifeste déjà dans certains domaines. Par exemple, les trois-quarts environ des chercheurs en physique ont dépassé les 50 ans. La situation est même pire dans l’exercice des métiers d’ingénieurs et de techniciens.

L’Institut Samuel Neaman de recherches sur la politique scientifique nationale estime que les besoins en nouveaux ingénieurs se situent à 7 000 par an, dont plus de la moitié (3 600) ne feront que remplacer les retraités. Or, à peine 4 906 licences ont été attribuées en ingénierie et architecture en 2008−2009 (voir table 1). Quant aux ingénieurs techniques et techniciens, le nombre prévu de départs à la retraite est estimé à lui tout seul à 12 000 alors que le nombre d’étudiants en licence dans ces disciplines est d’environ 8 000.

  • Q3 - Quel pourcentage des jeunes de 18 à 25 ans vont à l’université ?

Un cinquième (19,8 %) du groupe d’âge 21 à 28 ans était inscrit dans l’enseignement supérieur en 2009/2010, y compris l’Open University. Nous avons utilisé cette tranche d’âge plutôt que celle des 18−25 ans en raison du service militaire obligatoire dès l’âge de 18 ans.

  • Q4 - Le gouvernement a lancé une politique visant à encourager l’accès à l’enseignement supérieur aux Arabes israéliens et aux Juifs ultra-orthodoxes dans le cadre des plans de renforcement des effectifs estudiantins. Comment cela fonctionnera-t-il ?

En 2012, le Conseil de l’enseignement supérieur et le Comité de planification et du budget a annoncé le lancement d’un programme destiné à rendre plus accessible l’enseignement supérieur à deux catégories de citoyens qui avaient été jusqu’alors sous-représentés : les ultra-orthodoxes et les Arabes israéliens. Les programmes obéissent à trois principes : respect mutuel et reconnaissance des qualités et des besoins uniques de ces deux secteurs, maintien de normes académiques rigoureuses et choix de programmes susceptibles de déboucher sur des emplois. Le soutien financier de ces programmes est compris dans l’accord pluriannuel de réforme de l’enseignement supérieur conclu en 2010 entre le ministère des Finances et le ministère de l’Éducation.

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