Interview du Professeur Ruth Arnon

  • Q5 - En Israël, 82 % de la recherche porte sur la mise au point expérimentale, contre 64 % en République de Corée4 , autre pays connu pour ses exportations de produits high-tech. Comment expliquez-vous cette forte proportion en Israël ?

La qualité de la recherche fondamentale et de l’innovation en Israël favorise les industries à fort coefficient scientifique en attirant les investisseurs nationaux et étrangers et les multinationales, notamment dans les technologies de l’information et de la communication (TIC). En 2007, ces entreprises ont absorbé plus d’un tiers de la DIRD et employé environ 40 % des chercheurs du secteur commercial. Cette situation a pour effet positif de fournir des emplois très qualifiés au personnel israélien de R&D et d’apporter une contribution à l’ensemble des conditions d’emploi et des revenus nationaux. La conséquence négative est qu’Israël renonce à une bonne partie des profits tirés de la commercialisation de la propriété intellectuelle créée par ses scientifiques.

La majorité des ressources de R&D du secteur commercial israélien se concentre dans trois subdivisions : les logiciels, les services de R&D – la plupart des entreprises offrant ces services sont spécialisées dans les TIC – et les industries d’électronique et de communication. Ces trois subdivisions emploient 39 % de l’ensemble du personnel du secteur commercial. Les autres ressources de R&D sont consacrées aux industries de biotechnologie et de produits pharmaceutiques. Seule une faible fraction des travailleurs de R&D est employée dans des industries essentiellement traditionnelles comme les textiles et la matière plastique.

L’extrême concentration de R&D dans les TIC du secteur commercial révèle le grand risque auquel l’économie israélienne s’expose en plaçant tous ses oeufs dans le même panier. Cela indique également qu’il reste un potentiel inexploité de développement de l’économie grâce à des investissements de R&D dans d’autres industries, même s’il est bien connu qu’investir dans la R&D est très rentable au niveau de l’économie nationale.

  • Q6 - Combien de multinationales ont-elles ouvert des centres de R&D sur le sol israélien, et la tendance va-telle en s’accélérant ?

Il y a actuellement 20 sociétés mondiales bénéficiant de subventions du Bureau du scientifique en chef (OCS) du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’emploi (MOITAL) dans le cadre d’un programme selon lequel l’OCS prend l’initiative d’accords avec les grandes sociétés mondiales et invite les start-up locales à entreprendre des projets de R&D en commun avec elles. Ce sont, par exemple, Hewlett Packard, Intel, Microsoft, IBM, General Electric, Renault/Nissan et Merck. Plusieurs dizaines d’autres sociétés mondiales ont créé des centres de R&D en Israël en dehors du programme MOITAL, mais il n’existe pas de registre central de ces initiatives. Ce sont, par exemple, AMD, innovatrice en conception de semi-conducteurs, Carl Zeiss, CitiBank, McAfee, Motorola et Qualcomm. Cette forte tendance reste constante.

 

[4]Données tirées du Rapport de l’UNESCO sur la science 2010

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