30.06.2011 - Natural Sciences Sector

Les réserves de biosphère – des sites d’apprentissage pour l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets

Les réserves de biosphère sont des sites désignés par l’UNESCO dans le cadre du Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) qui cherchent à concilier conservation de la diversité biologique et culturelle et développement économique et social. Les communautés locales sont activement impliquées dans la gestion, la recherche, l’éducation et la formation mises en œuvre dans ces sites, ce qui en fait des lieux d’expérimentation du développement durable. Ces réserves sont rarement des lieux « sauvages » – bien plus souvent, il s’agit de paysages culturels ayant évolué au fil des siècles et au gré de leur utilisation par l’homme.

Elles se distinguent d’autres lieux protégés en prenant en compte la dimension humaine et en plaçant le développement au cœur de leur approche. En fait, les habitants d’une région donnée doivent soutenir la candidature de celle-ci pour lui permettre d’accéder au statut de réserve de biosphère. Chaque réserve est composée d’espaces divers, dont une zone centrale protégée à laquelle s’ajoute des zones où le développement durable est soutenu par la population et les entreprises locales, qui comptent souvent avec des systèmes de gouvernance hautement participatifs et novateurs.

Le changement climatique n’est qu’un défi environnemental parmi d’autres, dont la perte de la biodiversité et des services écosystémiques, la pénurie croissante d’eau, la fréquence accrue des inondations et des sécheresses, la désertification et la dégradation des terres arides, l’intensification des cycles biogéochimiques ainsi que diverses formes de pollution. Néanmoins, le changement climatique intensifie chacun de ces problèmes, auxquels il est souvent lié par une relation de cause à effet, tout en étant celui dont l’importance croît le plus rapidement. Nous pouvons déjà percevoir  l’élévation du niveau de la mer, l’acidification des océans, le blanchiment des coraux, l’accroissement de la variabilité climatique, le déplacement des zones de végétation et la propagation des maladies tropicales.

Voilà pourquoi, sur une période de deux ans (2010-2011), l’UNESCO a choisi de se concentrer plus particulièrement sur la Promotion, par le biais du Réseau mondial de réserves de biosphère, de l’utilisation d’approches participatives pour la conservation de la biodiversité, l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets.

En parallèle, le gouvernement allemand a pris d’importantes initiatives ces dernières années pour faire avancer l’agenda mondial relatif au changement climatique. L’une d’elles, particulièrement pertinente du point de vue des réserves de biosphère, a été la mise en œuvre d’un programme de financement fédéral spécial de 2008 à 2010, intitulé « Les réserves de biosphère de l’UNESCO en tant que régions modèles pour l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets ». Il comportait 9 projets de réserves de biosphère en Allemagne. Afin de fêter le 40e anniversaire du MAB, le ministre fédéral allemand de l’Environnement a invité le Conseil international de coordination du programme MAB à organiser sa 23e session à Dresde en juin 2011. Par ailleurs, une conférence internationale de haut niveau s’est tenue avant la session du Conseil, principalement autour du thème des réserves de biosphère et du changement climatique.

En prévision de cette conférence, la Commission allemande pour l’UNESCO, en collaboration avec l’UNESCO et l’Agence fédérale allemande pour la conservation de la nature, a rassemblé des données issues des réserves de biosphère du monde entier afin de produire une vue d’ensemble des bonnes pratiques qui y ont cours à l’heure actuelle.

Les résultats publiés présentent 28 études de cas exposant les bonnes pratiques dans les domaines des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique, des crédits carbone et de l’obtention d’un bilan carbone neutre, de la gestion des ressources naturelles et de l’agriculture, de la coopération nord-sud, de la gestion participative, de l’adaptation des stratégies de gestion et du partage de l’information et du savoir grâce notamment au Réseau mondial des réserves de biosphère. Ces études de cas analysent diverses questions propres aux régions et aux écosystèmes concernés, par exemple la désertification, les inondations, l’élévation du niveau de la mer et les défis que doivent relever aujourd’hui les petits États insulaires en développement.

Elles montrent ainsi toute la portée des réserves de biosphère en tant que laboratoires en matière de recherche et de suivi, d’éducation et de formation, et de processus décisionnaire participatif. Outre qu’elles représentent un atout unique pour l’UNESCO, ces réserves jouent un rôle essentiel dans sa Stratégie pour faire face au changement climatique. L’un des principaux objectifs durant les quelques années à venir est de promouvoir la reconnaissance et l’utilisation des réserves de biosphère comme sites prioritaires pour la mise en œuvre des initiatives prises par les Nations Unies concernant le changement climatique.

Liens utiles :






<- retour vers Toutes les actualités
Retour en haut de la page