19.05.2013 -

Restez à nos côtés, demande l’Association afghane des femmes journalistes

Des journalistes membres de l’Association afghane des femmes journalistes ont instamment prié l’UNESCO de jouer un rôle de premier plan en soutenant la transformation du pays après 2014, date à laquelle la majeure partie des forces de maintien de la paix devraient se retirer et des élections nationales être organisées.

Le 17 mai, Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a rencontré à Kaboul cette association fondée en 2005 par Mme Shafiqa Habibi et qui compte aujourd’hui 350 membres dans cinq provinces.

« La plus grande difficulté que nous rencontrons est l’absence de capacités – nombre de journalistes n’ont pas de formation professionnelle. Dans certaines provinces, il n’y a pas de femmes journalistes », a déclaré Mme Habibi, dont l’Association organise des ateliers de formation pour les femmes journalistes du pays.

« Nous craignons aussi que les femmes ne participent pas aux élections. C’est pourquoi nous élaborons actuellement des projets en vue d’organiser des ateliers pour toutes les femmes journalistes, afin de les encourager à couvrir ces questions ».

Selon Mme Sharifa Zurmati, journaliste devenue l’une des 68 femmes afghanes à remporter un siège à la chambre basse du Parlement national (Wolesi Jirga), le pays compte 2 400 femmes journalistes. « Nous avons réussi à apporter des changements considérables ces dix dernières années, nous enregistrons d’importants progrès en matière de liberté d’expression et nous ne voulons pas perdre ces avancées », a déclaré Mme Zurmati. « Nous espérons que l’UNESCO jouera un rôle majeur pour faire pression sur la communauté mondiale afin qu’elle continue de soutenir l’Afghanistan et les femmes afghanes après 2014 ».

Les femmes rencontrent les pires difficultés pour échapper aux traditions conservatrices : au moins 300 d’entre elles ont été contraintes de quitter leur emploi ces dernières années en raison de l’insécurité, a déclaré Mme Zurmati. Selon Mme Sohayla Waziri, étudiante en troisième année de journalisme à l’Université de Kaboul, le premier défi consiste à faire tomber les barrières quant au rôle des femmes. « La société nous dit que ce métier n’est pas convenable pour une femme, que seuls les hommes peuvent l’exercer, que notre religion s’y oppose. Mais nous savons combien cette profession est honorable. Nous sommes les messagères des femmes innocentes qui vivent sous la pression de différentes idéologies. Et après 2014, une fois que j’aurai terminé mes études, aurai-je la possibilité de travailler ou pas ? » Mme Nargis Waziri, étudiante en quatrième année de journalisme de télévision, rappelle qu’au début il était même difficile de se faire entendre. « J’ai toujours su que je voulais me forger mes propres idées et les exprimer et, aujourd’hui, les autres étudiants et les enseignants me respectent ».

La Directrice générale a salué le courage de ces femmes, les assurant de la ferme intention de l’UNESCO d’accompagner leur pays et leur profession. Elle a évoqué l’expertise de l’UNESCO dans le domaine de la formation au journalisme dans les contextes de transition et de la couverture d’élections par les médias. « Nous comptons élargir notre soutien à la veille des élections de 2014 et au-delà », a indiqué Mme Bokova, insistant aussi sur l’importance de la prise en compte de la problématique hommes-femmes dans la présentation de l’information. « La façon dont les journalistes abordent les différents aspects des problèmes des femmes dans la société, que ce soit en termes de langue, de politique, de famille, d’éducation, de droits ou de santé, contribue à changer petit à petit les mentalités et à montrer qu’une femme instruite est utile à toute sa famille et à l’ensemble de la société ». Elle s’est engagée à rechercher des soutiens en vue d’organiser des ateliers de formation destinés à renforcer les capacités des journalistes à rendre compte des élections.




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