05.07.2012 - Natural Sciences Sector

Terrains d’essais du développement durable : réserve de biosphère de Kafa

© A. k. Makarigakis Cérémonie du café : torréfaction de grains de café sauvage, Kafa, Ethiopie

Kafa est le lieu d’origine du coffea arabica sauvage, qui pousse dans les sous-bois depuis plus d’un millénaire. On trouve actuellement près de 5 000 variétés de café dans ce lieu riche en biodiversité. Une culture du café unique est fortement implantée dans l’histoire et l’économie Ethiopienne. Cette culture est l’un des éléments clés de la stratégie de gestion forestière participative qui a été élaborée dans le réserve de biosphère de Kafa afin d’éviter la déforestation et de stimuler le développement économique.

Environ 40% de la surface terrestre de l’Ethiopie était recouverte de forêt il y a seulement 40 ans. Aujourd’hui, il n’en reste que 3%, dont une grande partie se trouve dans la réserve de biosphère de Kafa, qui comprend de larges étendues de forêts de brouillard afro-montagnarde. L’écosystème forestier fourni des moyens de subsistance importants aux habitants de la région, tels que du café sauvage, des épices précieuses ou du miel d’abeilles sauvages. Sa biomasse aérienne contient également près de 25 millions de tonnes de carbone. Environ 600 000 tonnes de carbone pourraient être éliminées de l’atmosphère chaque année grâce à la croissance naturelle de la forêt, si elle est conservée. Mais elle est en danger suite aux coupes à blanc effectuées pour mettre en place des exploitations agricole de petite échelle, ou encore des plantations industrielles de thé et de café.

Deux projets de gestion forestière participative ont été développés afin de répondre aux questions économiques et environnementales par le biais de partenariats publics / privés, en collaboration avec le gouvernement éthiopien. La stratégie de gestion forestière participative donne aux fermiers locaux la possibilité d’exploiter les cerises de café sauvages sous condition de conserver et maintenir la forêt. La communauté locale gère actuellement 12 000 ha de forêt, 27 coopératives ont rejoint le syndicat des exploitants de café de Kafa, et le café sauvage constitue maintenant la principale source de revenus des exploitants et de leur famille, soit un total de 50 000 personnes.
Un autre projet répond à la demande de bois combustible tout en évitant l’aggraver la déforestation. Des arbres à croissance rapide sont plantés près des villages pour l’approvisionnement en bois, et 10 000 fours à bois de basse consommation ont été fournis afin de faire baisser la demande. Un programme de plantation d’essences locales à lieu en parallèle afin d’atténuer la déforestation.

Ces projets adressent les questions économiques, sociales et environnementales sur le long terme. Ils ont permis la création d’emplois et de nouvelles sources de revenus, et la protection de la forêt contribue à la séquestration de carbone, et donc à l’atténuation du changement climatique. La qualité du café sauvage de la réserve de biosphère de Kafa est reconnue sur les marchés internationaux. La communauté se sent responsable de la conservation de se forêt et en apprécie la valeur ; par ailleurs un plan d’écotourisme est en cours.

Kafa est devenu une réserve de biosphère en 2012. Ces sites sont désignés par les gouvernements nationaux et reconnus par l’UNESCO dans le cadre de son Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) pour promouvoir un développement durable basé sur les efforts combinés des communautés locales et du monde scientifique. Le Conseil international de coordination du Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB-CIC) se réunit du 9 au 123 juillet 2012 afin de designer de nouveaux sites qui intégreront le Réseau mondial des réserves de biosphère. Pendant les préparatifs de la 24e session du MAB-CIC, nous présenterons d’autres exemples d’initiatives de développement durable testées en mises en œuvre actuellement dans les réserves de biosphère. Cherchez-les sur notre site !

Parmis les partenaires des initiatives mentionnées ci-dessus, nous pouvons mentionner le gouvernement d’Ethiopie, le ministère allemand de l’Environement, la Conservation de la nature et la sécurité nucléaire (BMU, Geo Rainforest Conservation et le GIZ.

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