17.08.2012 -

Timor-Leste : « L’éducation d’abord » commence ici

© UNESCO/Cynthia Guttman – À l’occasion de sa visite au Timor-Leste, la Directrice générale s’exprime en faveur de l’éducation à l’école Cassait du district de Liquiça, au côté du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et de l’envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale, Gordon Brown.

« Notre point de départ est ici », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans l’enceinte de l’école Cassait du district de Liquiça, au Timor-Leste, le 16 août 2012, en annonçant le lancement prochain de l’initiative « L’éducation d’abord », au côté de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, et de l’envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale, Gordon Brown.

Cette école primaire, qui accueille 430 élèves et 17 enseignants, se heurte aux problèmes classiques auxquels sont confrontées les écoles rurales dans de nombreuses régions du monde – sureffectifs, manque d’eau potable, difficultés à faire pousser des arbres indispensables pour procurer de l’ombre et crues des rivières à la saison des pluies. L’école a néanmoins bénéficié du soutien des Nations Unies et participe au programme Eskola Foun d’écoles conviviales pour les enfants orchestré par le Ministère de l’éducation, qui a permis d’améliorer les résultats des élèves. Pour son directeur, Geraldo Soares Ribeiro, le principal défi est de contribuer à la paix et la stabilité en « encourageant les enfants à être des participants actifs ».

En compagnie du Secrétaire général et de M. Brown, Mme Bokova a visité plusieurs classes où elle a écouté lire les jeunes élèves et assisté à la démonstration d’expériences scientifiques élémentaires. « Nous avancerons main dans la main avec les jeunes du Timor-Leste », a-t-elle déclaré devant les personnalités officielles réunies à l’école. « C’est la première fois qu’un Secrétaire général de l’ONU inscrit l’éducation dans les priorités politiques mondiales. L’instant est historique. L’éducation peut aider le monde à garder le cap dans les périodes difficiles. Elle est une force au service de la dignité humaine, des droits de l’homme et du développement humain. L’UNESCO continuera à encourager l’éducation inclusive de qualité et à vous soutenir dans votre engagement. »

Lors d’une conférence à l’Université du Timor-Leste, M. Ban a affirmé que le monde avait besoin « d’un nouvel élan audacieux en faveur de l’éducation ». Évoquant le souvenir des privations endurées dans son enfance en Corée, il a ajouté : « l’éducation a le pouvoir de renforcer les capacités de chaque femme, de chaque homme ; elle peut leur permettre de réinventer le monde et de le façonner à l’image de leurs rêves. Elle a le pouvoir d’édifier des sociétés saines et inclusives et de combattre les fléaux de la maladie et de la discrimination. Elle est au cœur de la construction des nations. Voilà pourquoi j’en ai fait une priorité de premier plan pour mon second mandat de Secrétaire général ». Pendant la séance de questions-réponses avec les élèves, Mme Bokova a souligné la nécessité « d’instiller la confiance dans l’avenir du pays et de se concentrer sur le développement du capital humain par le biais de politiques éducatives rationnelles et de compétences de la vie courante liées au monde du travail ». Lors d’une manifestation distincte, Mme Bokova a rencontré les bénéficiaires d’un programme d’alphabétisation de l’UNESCO mené par la Direction nationale de l’éducation récurrente. Près de 600 techniciens ont reçu une formation, des centres d’apprentissage communautaires ont été renforcés et des projets de diversification des moyens de subsistance ont été lancés. Mme Teresinha et M. Soares ont tous deux fièrement signé de leur nom et rédigé des messages de remerciement à l’UNESCO. « C’est un honneur de vous aider », a déclaré Mme Bokova. « L’alphabétisation vous permet de prendre votre vie en main, de continuer à apprendre et d’inculquer la confiance à vos enfants », et elle a souhaité aux pouvoirs publics le succès pour la suite de ce programme.

Le Ministre de l’éducation, Bendito Freitas, a remercié la Directrice générale pour le soutien apporté par l’UNESCO à la planification des politiques ainsi qu’à l’évaluation et au suivi des programmes. « La jeune nation que nous sommes doit redoubler d’efforts pour faire en sorte que tous les enfants du Timor soient scolarisés. Nous avons besoin de la participation de toutes les parties prenantes pour trouver des solutions aux problèmes d’infrastructures, enseigner les droits de l’homme et améliorer les programmes scolaires. » Mme Bokova a souligné l’importance de politiques éducatives rationnelles pour l’obtention de résultats et a promis que l’UNESCO renforcerait sa contribution.

Mme Bokova a également assisté à l’inauguration des nouveaux locaux de la Commission nationale du Timor-Leste pour l’UNESCO, située dans la salle de lecture Xanana Gusmão, un projet inauguré en 2000 par Mme Kirsty Sword Gusmão, Présidente de la commission nationale. « J’arrive à un moment important dans la vie de votre peuple, porteuse d’un message fort de solidarité et de soutien à la transition vers un développement durable pacifique », a prononcé Mme Bokova. « C’est par l’accès à une éducation de qualité pour tous, le respect des cultures des différentes communautés et l’action à destination des populations marginalisées que nous contribuons au respect de la dignité humaine. Je vois dans votre pays la volonté politique et le dynamisme nécessaire pour atteindre ce but, et la commission nationale est un puissant moteur de cette ambition. Nous sommes prêts à vous accompagner dans votre action pour la dignité du peuple du Timor-Leste. »

Mme Gusmão a déclaré : « Le Timor-Leste est une jeune nation confrontée à d’immenses défis dans ses efforts pour atteindre les buts et objectifs de l’UNESCO. Néanmoins depuis la proclamation de notre indépendance il y a dix ans, nous avons également inspiré le monde par notre résilience et notre détermination à améliorer le niveau de vie de nos concitoyens les plus défavorisés et marginalisés… Nous remercions l’UNESCO de nous avoir guidé sur la voie vers une meilleure compréhension de la valeur et de l’importance de notre culture, de nos langues et de nos systèmes de savoir traditionnel en tant que ressources aussi riches qu’irremplaçables pour notre processus de développement et de reconstruction de notre identité nationale ».




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