15.12.2013 - UNESCO Office in Yaoundé

Cameroun: Célébration de l’édition 2013 du NGONDO

© UNESCO/YaoundéUne vue des invités d'honneurs en compagnie de la ministre de la culture

Dans le cadre de la célébration annuelle du NGONDO, et faisant suite à l’invitation de son Comité d’organisation, M. Christian NDOMBI, Spécialiste Programme Culture du Bureau UNESCO/Yaoundé a conduit une délégation de l’UNESCO à cette édition 2013, du 30 Novembre au 02 décembre 2013 à Douala.

 Un peu d’histoire !

Cette assemblée du peuple reçut le nom de NGONDO, du même mot qui désigne en langue duala le cordon ombilical reliant encore le nouveau-né et sa mère, après la délivrance. De cette image, les Duala tirèrent l’idée du lien devant les unir dorénavant. Ainsi, le NGONDO devint le symbole de leur unité, la concrétisation d’un front uni appelé à défendre l’honneur du peuple, aussi bien à l’intérieur qu’à l’étranger.


Son existence est antérieure à l’arrivée, en 1843, des premiers missionnaires à Douala. Son année de création peut se situer approximativement en 1830, soit une quinzaine d’années avant la mort, en juillet 1845, de NGANDO AKWA, Roi des AKWA à l’époque. D’après certains notables avec qui nous nous sommes entretenus, le début du NGONDO se situe en 1815. A cette époque, il se tenait au mois de juillet. A Douala, en effet, l’on accorde à celui-ci l’honneur immortel d’être le « père » du Ngondo, et cela généralement.


L’administration allemande, sans le dissoudre officiellement, mit néanmoins quelque peu le NGONDO sous l’éteignoir, en restreignant ses activités, surtout judiciaires, considérées alors comme contraires à la morale chrétienne. Et pourtant, c’est le NGONDO qui s’était réuni sans désemparer, durant tout le mois de juin et pendant toute la première moitié de juillet 1884, aux fins de décider le peuple duala à accepter la présence allemande en renonçant à la préférence – inflexible – de certains de voir plutôt s’installer dans le pays une administration britannique.      
L’administration française, quant à elle, autorisa, en 1949, la renaissance officielle du Ngondo, regardé comme un organe original d’entretien et de conservation des traditions du peuple.

 Le déroulement de l’édition 2013.
Sous le thème « Jalatane o mbale » signifiant en langue duala «Communion dans la sincérité», l’édition 2013 a démarré le 06 novembre 2013 par des caravanes dans tous les cantons duala. A l’exception du Canton Bakoko qui souhaitait changer la date du 15 novembre, la caravane du Ngondo s’est ébranlée bien en novembre pour se rendre à Bodiman le 02, à Njoh Njoh le 08, à Bassa le 09, à Bélé Bélé le 16, à Bon’Ebele le 22 et à Bona Mbela le 23. Puis a suivi  la journée de l’hygiène et salubrité, le carnaval de Douala, un critérium cycliste, une conférence à la salle des fêtes d’Akwa), la compétition de lutte traditionnelle, le concours de cuisine (plats traditionnels), la veillée et la finale du concours Miss Ngondo. Le 1er décembre 2013, le Ngondo s’est associé à la communauté internationale pour la journée Internationale de lutte contre le sida.


L’apothéose de ces festivités aura été, la finale de la compétition de lutte traditionnelle, la course des pirogues et la messe de l’eau dont le clou est bien entendu l’immersion du vase sacré dans les eaux du Wouri pour recevoir le message des ancêtres l’année 2014.
L’information à la une de cette édition, dévoilée par le Président du Ngondo, Sa Majesté le Prince Din Dika Akwa III , est que l’Etat du Cameroun vient officiellement , par arrêté N°00079 en date du 13 novembre 2013 , du Ministre des domaines , du cadastre et des affaires foncières d’accorder au Ngondo un nouveau site de célébration de la fête de l’eau sur une superficie de 10 hectares, plus grande que la précédente.

Pour l’UNESCO, la participation  à l’édition 2013 du NGONDO avait pour objectifs entre autres, de voir comment s’impliquer davantage à cette grande manifestation culturelle et susciter auprès des autorités traditionnelles Sawa, la préparation d’un dossier d’inscription du NGONDO sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.




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