Alphabétisation et éducation non-formelle

UNESCO

Aujourd’hui la grande majorité des adultes ne possédant même pas de notions d’alphabétisation vivent en Asie, dans la région du Pacifique, et en Afrique subsaharienne. Les femmes représentent 64 % des analphabètes adultes.

Dans la sous-région d’Afrique Centrale, Cette situation met sur la touche du développement environ 7 millions de personnes, en majorité des femmes. Il s’agit là «d’un immense gâchis de potentiel». (Message de Mme Irina BOKOVA, Directrice Générale de l’UNESCO, à l’occasion de la 44e journée internationale de l’alphabétisation).

Les avantages de l’alphabétisation sont pluriels. La capacité de lire et d’écrire est le fondement sur lequel reposent tous les apprentissages et tous les succès de la vie. Les résultats des recherches montrent que l’alphabétisation améliore l’estime de soi et l’assurance des personnes. Un tel sens de l’autonomisation ouvre la voie à la participation civique, à une meilleure connaissance de la santé et du contrôle des naissances, et à une protection accrue contre les maladies telles que le VIH/SIDA.

En fait, l’alphabétisation est un vecteur de connaissances et de compétences. C’est pourquoi l’atteinte de plusieurs Objectifs du Millénaire pour le Développement passe par la promotion de l’alphabétisation qui conduit à une véritable éducation de base des jeunes et adultes. Les OMD 1, 3, 4,5 et 6 illustrent bien le rôle central de l’éducation en général et de l’alphabétisation en particulier.

Plusieurs stratégies opérationnelles de lutte contre l’analphabétisme ont été initiées et mises en œuvre au niveau international sous l’égide de l’UNESCO. Les plus récentes sont notamment : la Déclaration Mondiale sur l’Education pour Tous adoptée à Jomtien en Thaïlande 1990, qui préconise entre autres, la scolarisation universelle et l’élimination de l’analphabétisme des adultes, les objectifs du Forum Mondial sur l’EPT tenu à Dakar en 2000 dont trois sont en relation avec l’alphabétisation(objectif n°3 : répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes ; objectif n°4 : améliorer de 50% les niveaux d’alphabétisation chez les jeunes et les adultes d’ici 2015 et objectif n°5 : éliminer les disparités entre les sexes), les Objectifs du Millénaire pour le Développement également adoptés en 2000 par l’ONU qui appellent à la professionnalisation de l’éducation des adultes, afin d’en faire un moyen efficace de lutte contre la pauvreté, la Décennie des Nations Unies pour l’ Alphabétisation (DNUA) qui prend fin en 2015, le lancement en septembre 2012 par le Secrétaire général de l’ONU de la plate-forme de plaidoyer « L'éducation d'abord ».

Malgré tous ces efforts, il n’est pas évident que les engagements pris par les Etats seront tenus dans les délais préconisés. Aussi, l’UNESCO, de concert avec les nations du monde, reste-t-elle mobilisée pour accélérer les progrès et étendre l’éducation et l’alphabétisation à toutes les personnes qui n’y ont pas encore accès.

De manière générale, au plan national, l’UNESCO appui les Gouvernements dans l’élaboration de leurs politiques nationales d’alphabétisation et d’éducation non formelle(AENF), le développement de Systèmes d’Information pour le Management (SIM) adéquats de tous les acteurs de l’AENF, ainsi que la confection des Plans Nationaux de Développement de l’Alphabétisation et de l’Education non Formelle comme composante à part entière des plans sectorielsde l’éducation.

Dans les pays les plus touchés par l’analphabétisme (taux supérieur à 50%), la contribution de l’UNESCO s’inscrit dans le cadre de l’Initiative pour l’Alphabétisation : savoir pour pouvoir (LIFE) et dans le programme de renforcement des capacités pour l’éducation (capEFA). Dans ces pays, en dehors des interventions susmentionnées, les actions menées ont notamment trait à l’élaboration des outils pédagogiques , au renforcement des capacités pédagogiques, institutionnelles et organisationnelles du sous-secteur, à la formation des formateurs, à la promotion de la scolarisation des filles à travers l’alphabétisation des femmes, à l’organisation des ateliers régionaux de partage sur les bonnes pratiques en Alphabétisation et Education Non Formelle et des journées de réflexion sur la contribution de l’alphabétisation dans le développement et à la formation des jeunes déscolarisés dans divers secteurs d’activités.

Sur le terrain, les activités d’alphabétisation reposent sur une approche pédagogique dite fonctionnelle. Selon l’UNESCO qui la recommande, celle-ci vise « l’acquisition des connaissances par un groupe donné en rapport avec ses activités socio-économiques ». En cela, la finalité de l’alphabétisation rejoint celle de l’éducation tout court qui, in fine, promeut l’éducation intégrale de l’homme en vue de son bien-être. Pour ce faire, les efforts déployés de part et d’autre devraient être de nature à relever le double défi de l’expansion du système éducatif global et de la qualité des prestations éducatives..

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