Les paradoxes de l’indigène. La voix d’une femme est une révolution

Aicha Barkaoui et Leila Bouasria

À partir des années 1980, se met en place au Maroc une critique du féminisme « occidental », suspect de vouloir imposer son hégémonie sous couvert d’universalisme . Au Maghreb, la prétention à se penser comme seul et unique moyen d’accès à l’universel ne peut manquer d’évoquer la manière dont les colonisateurs, arguant de la barbarie indigène, avaient imposé leur loi, censée valoir pour tous.

Cette vision « méfiante » reflète la peur qu’ont les femmes du Maghreb de « troquer un patriarcat pour un autre », c’est-à-dire de se laisser, encore une fois, confisquer la possibilité de choisir librement leur destin . Le féminisme islamique, à la recherche d’une pensée féministe « durable, d’origine indigène » ou, autrement dit, d’un « féminisme endogène, produit localement », s’inscrit dans le sillage de cette entreprise de « décolonisation ».

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