En être ou ne pas en être

Samia Kassab-Charfi

Une Histoire faite avec les femmes
L’histoire de ce que les médias ont nommé le printemps arabe, scellée le 14 janvier 2011 en Tunisie, est constituée de plusieurs centres de gravité dont les ondes de résonance se font de plus en plus sourdes et profondes. L’éclat tragique et exalté de ces journées d’hiver mémorables a laissé place à l’entame délicate d’un processus démocratique, mais aussi à de forts moments d’incertitude, d’angoisse quant au devenir choisi par le peuple des électeurs, par le peuple tout court, dans un pays où la femme a joué et continue de jouer aux côtés de l’homme un rôle fondamental.

Certes, nous le savons, il n’y a pas d’Histoire sans femmes — encore moins dans les pays à majorité musulmane. Des écrivaines maghrébines comme Assia Djebar ont voulu aller à la rencontre des parts d’ombre de cette histoire : dans Loin de Médine (Albin Michel, 1991), alors que gronde la menace intégriste en Algérie, elle s’attache à réhabiliter les figures féminines marquantes de l’époque du Prophète. L’évidence de cette présence constante, valeureuse, apparaît dans l’histoire même de la Tunisie, sans doute de manière encore plus prégnante qu’ailleurs : Alyssa (Didon), la Kahena, Jazia la Hilalienne, les résistantes nommées par les historiennes, celles qui jetèrent bas leur voile sous l’impulsion d’Habib Bourguiba en 1956. Et puis tout récemment celles qui sont sorties dans les rues, les rebelles à toute forme de dictature, y compris théocratique, les cinéastes, les artistes, les dessinatrices, celles qui n’hésitent pas à imaginer et à relayer aujourd’hui l’idée d’une « République islaïque de Tunisie  »…

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L'auteur est responsable des opinions exprimées, lesquelles ne sont pas nécessairement celles de l’UNESCO.

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