Printemps arabe, femmes et idéologies de domination

Aziz Mechouat

« Oui, ils nous détestent. Il faut le dire.
Certains se demanderont pourquoi j’introduis ce sujet aujourd’hui, au moment où la région se soulève, nourrie pour une fois non par la haine habituelle de l’Amérique et d’Israël mais par une revendication commune de liberté. Après tout, ne faudrait-il pas d’abord que tout le monde dispose des droits de base avant que soient traitées les revendications particulières des femmes ? D’ailleurs, en quoi le Printemps arabe a-t-il à voir avec le genre, ou le sexe  ? »

Dans ces quelques lignes, Mona Eltahawy explicite en quels termes se pose la question des revendications des femmes après le printemps arabe. Mais le titre de l’article fait d’emblée apparaître quelle est fondamentalement la véritable question : « Pourquoi nous détestent-ils? »

On l’a dit et répété : lors des soulèvements de 2011, les femmes arabes ont manifesté un désir sans précédent de dignité et de liberté, au point qu’on a pu parler d’une révolution dans la révolution. Des Libyennes, des Yéménites, des Syriennes, et bien d’autres ont manifesté contre leurs dirigeants, affronté les forces de l’ordre, subi la répression. Elles ont été arrêtées, torturées, violées. Durant les manifestations, les femmes ont pu accéder à l’égalité sous les bombes qui les atteignaient sans discrimination.

Le printemps arabe, ses origines et ses causes, continue d’alimenter les débats. Cet air révolutionnaire qui a soufflé sur le monde arabe a été analysé sous différents angles : économique, politique, culturel, ou encore comme crise identitaire. Toutes ces approches ont leur légitimité. Dans le présent article, on se propose de traiter le sujet d’un autre point de vue, en examinant la place qu’occupent les femmes dans les sociétés arabes en général ; dans cette perspective, on se demandera si, pour les femmes, le printemps arabe doit être considéré comme un progrès ou comme représentant une menace.

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L'auteur est responsable des opinions exprimées, lesquelles ne sont pas nécessairement celles de l’UNESCO.

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