À propos du programme sur la bioéthique

La recherche des cellules souches, les tests génétiques, le clonage : les progrès dans le domaine des sciences de la vie ont doté les êtres humains d’un nouveau pouvoir pour améliorer la santé et contrôler les mécanismes de développement de toutes les espèces vivantes. Les interrogations concernant les implications sociales, culturelles, légales et morales de ces progrès ont mené à l’une des discussions les plus significatives du siècle passé. Un nouveau mot a été créé pour envelopper toutes les problématiques résultant de cette discussion : bioéthique.

Le programme de bioéthique de l’UNESCO a été créé en 1993. Il s'inscrit dans le programme sur L’éthique des sciences et des technologies. Son premier grand succès date de 1997, lors de l'adoption par la Conférence générale de la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l’homme, seul instrument international dans le domaine de la bioéthique, que l’Assemblée générale des Nations Unies a fait sienne en 1998.

Le mandat de veille éthique de l’UNESCO se justifie de jour en jour et devient de plus en plus nécessaire, compte tenu des développements scientifiques récents et des bouleversements sociaux qu’ils suscitent. Développant une action normative et jouant un rôle de forum intellectuel, multiculturel et multidisciplinaire unique, le programme a confirmé le rôle de chef de fil de l’UNESCO dans ce domaine sur le plan international.

Le programme de bioéthique fait partie du Secteur des sciences sociales et humaines de l’UNESCO. Il assure en outre le secrétariat de deux organes consultatifs : le Comité international de bioéthique (CIB), composé de 36 experts indépendants, et le Comité intergouvernemental de bioéthique (CIGB), composé des représentants de 36 États Membres. Ces Comités coopèrent afin de produire des avis, recommandations et propositions qui sont soumis à la Directrice générale pour ensuite être considérés par les organes représentatifs de l’UNESCO.

Le programme s'articule autour de quatre axes d'action principaux :

  • Forum intellectuel

L’UNESCO offre un espace intellectuel de réflexion pluridisciplinaire, pluraliste et multiculturelle en matière de bioéthique, par le biais notamment du CIB, du CIGB et par l’organisation et la participation aux conférences, symposiums, etc.
L’UNESCO entend ainsi favoriser un débat, tant national qu’international, sur les grands enjeux éthiques posés par les récents développements des sciences de la vie et leurs applications, afin d’élaborer des repères éthiques, voire des lignes directrices, pour la communauté internationale et les États membres.

  • Action normative

Le programme vise à définir et à promouvoir un cadre éthique normatif commun que les États pourront utiliser afin de formuler et de mettre en place leurs législations. Le premier grand succès du programme a été l’adoption, en 1997, de la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l’homme par la Conférence générale de l'UNESCO. La Déclaration internationale sur les données génétiques humaines, qui constitue la suite logique de la Déclaration universelle et l'une des modalités de sa mise œuvre, a été adoptée à l'unanimité et par acclamation par la Conference générale à sa 32e session, le 16 octobre 2003. La Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme a été adoptée par la Conférence générale le 19 octobre 2005.

  • Rôle de conseil et de renforcement des capacités nationales

Le programme joue un rôle de conseil et de médiation auprès des États membres désireux de développer la réflexion et le débat bioéthique, et/ou de se doter d’instances nationales d’éthique. Il contribue également au renforcement des capacités nationales en facilitant l’établissement de réseaux institutionnels et d’experts intéressés en matière de bioéthique, et encourage la promotion de la mise en place et/ou du renforcement de centres régionaux d'information et de documentation en matière de bioéthique.
Le programme s’efforce d’identifier les enjeux éthiques pertinents pour les différentes régions, en essayant de définir et de mettre en œuvre des stratégies appropriées pour la promotion et le développement de la réflexion bioéthique dans ces régions.

  • Action pédagogique et sensibilisation

L’UNESCO poursuit une action d’éducation à la bioéthique des spécialistes (chercheurs, juristes, journalistes, etc.), des décideurs, du grand public et de quelques groupes spécifiques. Au niveau universitaire, les Chaires de bioéthique de l'UNESCO facilitent la coopération régionale entre les universités et l’UNESCO en matière d’éducation à la bioéthique. En outre, l’UNESCO identifie les universités qui offrent un enseignement en bioéthique, afin de favoriser les échanges (notamment en les associant au Réseau d’institutions pour l’éducation à l’éthique médicale – NIMED (Network of Institutions for Medical Ethics Education).

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