Le clonage humain et la gouvernance internationale

Depuis la naissance du premier mammifère cloné – la brebis Dolly – en 1997, la question du clonage humain et du système international approprié pour sa gouvernance a suscité des discussions de fond au niveau national et international. La réflexion au sein du système des Nations Unies a mené à l’élaboration d’instruments normatifs tels que la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l’homme (UNESCO, 1997) et la Déclaration des Nations Unies sur le clonage des êtres humains (2005).

Aujourd’hui, le clonage humain représente une source d’inquiétude considérable pour la communauté internationale, notamment dans la perspective de développements scientifiques récents offrant de nouvelles possibilités techniques pour la manipulation d’embryons humains à des fins reproductives et pour la production de cellules reproductives. Elles introduisent par conséquent de nouvelles questions dans le débat éthique qui impliquent un débat international revigoré associant tous les secteurs concernés, et une reévaluation du système international existant de la gouvernance du clonage humain.

Mais la communauté internationale est-elle prête à repenser son approche du clonage humain ?

Le Comité international de bioéthique (CIB) de l’UNESCO a consacré quatre années de son travail (2008-2011) à cette question. Ses membres sont arrivés à la conclusion que le dialogue au niveau mondial bénéficierait largement des efforts déployés dans les trois domaines suivants :

  • Terminologie : le CIB considère que les réglementations actuelles sont basées sur des terminologies inexactes et trompeuses ne décrivant pas correctement les procédures techniques utilisées pertinentes en matière de clonage humain. Les nouvelles évolutions scientifiques exigent une redéfinition et une clarification de certains termes largement répandus et l’abandon de certains autres.
  • Gouvernance internationale : le CIB estime que les réglementations qui existent actuellement au niveau international ne peuvent pas être considérées comme suffisantes pour relever les défis liés aux avancées contemporaines. Les États membres ayant des visions différentes sur la question, elles restent non-contraignantes et sont mutuellement inconsistantes. Un processus devrait être initié qui pourrait mener à l’établissement d’un mécanisme international plus solide, tel qu’un moratoire ou une convention, afin d’assurer l’interdiction du clonage reproductif.
  • Diffusion : le CIB insiste sur l’importance de sensibiliser le public par le biais de la diffusion de l’information, des discussions et des débats sur les questions relatives au clonage à tous les niveaux. Ceci permettrait à tous les pays, y compris les pays en développement et les pays les moins avancés, de participer au débat et d’exprimer leurs inquiétudes face aux nouvelles technologies en matière de clonage humain.

Si la communauté internationale s'empare de ces questions, elle sera confrontée à une diversité de points de vue et de positions culturelles et morales représentant un véritable défi à soulever. Ces différences doivent être prises en compte fondamentalement car la question du clonage humain nous concerne tous. Il touche à la dignité humaine, aux droits humains et au droit fondamental à la vie de tous les êtres humains.

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