Le respect pour la vulnérabilité et l’intégrité personnelle
Trois ans de réflexion dédiée au principe de respect de la vulnérabilité humaine et de l’intégrité personnelle, énoncé dans la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme de 2005, ont permis au Comité international de bioéthique (CIB) de rédiger son rapport dans lequel il analyse et propose des lignes d’action pour lutter contre une des inégalités les plus basiques entre les êtres humains :
Nous avons tous le même droit de subvenir à nos besoins élémentaires en matière de santé et de bien-être. Il est pourtant un fait que nous n’avons pas tous et pas toujours la même capacité d’y subvenir.
Cette inégalité est particulièrement évidente et exacerbée dans le contexte des progrès en matière de connaissances scientifiques, de pratiques médicales et de technologies associées. Ces progrès ont sans aucun doute ouvert la voie à de nouvelles et prometteuses possibilités de préserver le bien-être des êtres humains. Ces mêmes avancées ont néanmoins aussi créé des mécanismes d’exploitation et de dégradation qui profitent des vulnérabilités naturelles et contextuelles.
En rédigeant ce rapport, qui ne se veut ni exhaustif, ni prescriptif, les éthiciens, généticiens, biologistes, juristes, philosophes, psychiatres, neurologues et immunologues qui composent le CIB ont cherché à ouvrir la voie à une réflexion plus large et à indiquer de possibles lignes d’action destinées non seulement aux Etats, mais aussi aux individus, aux groupes, aux communautés, aux institutions et aux sociétés publiques et privées. Ils enjoignent tous les acteurs concernés à exercer une grande vigilance pour la protection de ceux qui sont particulièrement vulnérables. Les experts mentionnent par exemple le cas des jeunes filles et des femmes touchées par la guerre qui sont davantage exposées au risque d’être abandonnées, de ne pas recevoir les soins nécessaires, d’être maltraitées et rejetées. Les migrants qui, en raison de leur manque de connaissance de la langue locale et de leurs droits sociaux et légaux, sont moins à même d’accéder aux soins de santé, sont également mentionnés comme particulièrement vulnérables. De la même manière, les populations qui vivent dans des zones touchées ou au fort potentiel d’être touchées par des catastrophes naturelles ont un besoin accru de protection puisque leur manque de moyens ou de capacité à se protéger crée ou exacerbe leur vulnérabilité.
Quasiment chaque pays du monde abrite l’un ou l’autre type de groupes vulnérables : les pays dans lesquels aucune thérapie antirétrovirale digne de ce nom n’est pour diverses raisons proposée à une majorité de citoyens affectés par le virus du VIH/SIDA ; les pays dans lesquels les patients de milieux défavorisés se voient refuser les soins par manque d’assurance ; les pays dans lesquels les victimes de guerre sont sans le savoir utilisées pour des tests cliniques.
La réflexion édifiante du CIB ainsi que des recommandations pratiques et éclairées pourraient inciter leurs gouvernements à travailler de manière cohérente et efficace pour le mieux-être de leurs citoyens, en particulier pour ceux qui ont le plus besoin d'aide.
Lire le Rapport du CIB sur le principe du respect de la vulnérabilité humaine et de l'intégrité personnelle [PDF, 222 KB]
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