18.06.2012 -

À Rio +20 le vert et le bleu se font écho pour des sociétés inclusives, équitables et durables

© UN photo/Staton Winter - Boys at rubbish dump

Aucun modèle de développement qui laisse un milliard de personnes dans la faim, la pauvreté et l'exclusion sociale n’est durable.

Vingt ans après la réunion historique du Sommet de la Terre en 1992, la Conférence des Nations Unies pour le développement durable (Rio +20), qui aura lieu du 20 au 22 Juin 2012, se réunira à nouveau à Rio pour qu'émergent de nouvelles façons d’envisager le progrès et pour construire l'avenir que nous voulons.

La croissance économique mondiale, associée à une population mondiale galopante (passant à 7 milliards l’an dernier), a provoqué une pression sans précédent sur les écosystèmes fragiles. La Conférence Rio +20 a pour but de réorienter le monde sur la voie du développement écologique, avec un accent sur la durabilité de l'environnement et les sociétés vertes. Sept des préoccupations les plus pressantes de notre époque sont traités comme des thèmes prioritaires de la conférence: l'emploi, l'énergie, les villes, l’alimentation, l'eau, les océans et les catastrophes naturelles. Plus de 130 chefs d'Etat et de gouvernement, ainsi qu’environ 50.000 chefs d'entreprise, des militants, et des scientifiques, sont attendus pour participer.

La Directrice générale, Irina Bokova, explique : «Les principes énoncés dans l'Agenda 21 au Sommet de la Terre il y a vingt ans à Rio restent pertinents. Le contexte a changé. De nouveaux défis ont émergé, avec de nouveaux risques. Il s'agit notamment de l'augmentation des disparités sociales et des inégalités, la croissance démographique, le changement climatique, la dégradation et la pollution de l'environnement, l'utilisation non durable de l'eau douce et l'épuisement des ressources océaniques, ainsi que des cas croissants de catastrophes naturelles et causées par l'homme.

Il nous faut aller de l’avant différemment. Pour l'UNESCO, une économie verte ne suffit pas, l'avenir que nous voulons est « équitable, inclusif, des sociétés vertes". "Parvenir à un véritable développement durable exige  davantage qu’un investissement écologique  et des technologies sobres en carbone. Outre les dimensions économiques et environnementales, les dimensions sociales et humaines sont des facteurs centraux de réussite », insiste Mme Bokova. "Le mantra de «la croissance aujourd'hui, le nettoyage plus tard » n’est plus soutenable - pour les pays développés ou en développement. Le temps où nous pouvions remettre à plus tard les choix difficiles est révolu. Il n'y a plus de raccourcis.

L'UNESCO apportera à Rio +20 une vision pour le développement durable qui démontre la puissance transformatrice de l'éducation, des sciences, de la culture et des médias. La construction de cet avenir commence par l'éducation, qui favorise l’attitude et le comportement nécessaire à une nouvelle culture de la durabilité. L'enseignement technique et professionnel ainsi que la formation doivent fournir les compétences et les outils nécessaires pour les économies vertes. La science, l'innovation et la technologie doivent mener la transition verte. Les compétences et les technologies vertes doivent être mutualisées et transférées. L'énergie renouvelable est fondamentale. La culture accélère cette transition, en veillant à ce que les approches de développement durable correspondent au contexte dans lequel ils sont mis en œuvre. La transformation verte aura besoin d'une révolution de l'information, en s'appuyant fortement sur le rôle des médias pour permettre des choix politiques bien informés. La capacité des professionnels des médias à enquêter et couvrir des questions liées au développement durable doit être développée. Sensibiliser le public et renforcer la solidarité ne peut être atteint qu’avec des médias libres, indépendants et pluralistes.

L'avenir vert doit être bleu. Afin d'atténuer la dégradation rapide de nos océans, Rio +20 doit impulser une nouvelle vision de la gouvernance de nos océans. Depuis la révolution industrielle, l'acidité de l'eau des océans a cru de 30%, mettant en danger les écosystèmes océaniques et la sécurité alimentaire, et menaçant également d'aggraver les effets du changement climatique. En outre, la pollution marine a créé une profusion inquiétante de "zones mortes", dont la surface totale est estimée à être aussi grande que le Royaume-Uni. Rio +20 doit contribuer à renverser cette situation avant 2025, quand environ 60 pour cent de la population mondiale vivra dans des conditions de stress hydrique, et que la même proportion sera sans assainissement adéquat.

Rio +20 augure un temps de changement pour la culture. Selon le Secrétaire général Ban Ki Moon, cette conférence va amorcer « une révolution conceptuelle de la façon dont nous pensons à la création d'une croissance dynamique aussi bien que durable pour le 21e siècle et au-delà. » L'UNESCO s’en souviendra comme d’un tournant stratégique, le début d'une transition mondiale verte.




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