Rapport de la COMEST sur l'éthique de la robotique

Un rapport ayant pour but de sensibiliser et de promouvoir à la fois un examen public et un dialogue inclusif sur les questions éthiques concernant les différentes formes d’utilisation des technologies robotiques contemporaines dans la société a été finalisé par la Commission mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et des technologies (COMEST) en septembre 2017. Il a été publié en octobre 2017.

Les machines robotiques brouillent les limites entre sujets humains et objets technologiques. Elles ont donc non seulement des implications sociétales qui demandent à être évaluées d’un point de vue éthique, mais elles obligent à s’interroger sur certaines notions essentielles de l’éthique, par exemple celles de « capacité d’agir » et de « responsabilité », et sur les cadres de valeur existants. Étant donné l’autonomie accrue des robots, la question se pose de savoir qui exactement devrait porter la responsabilité éthique et/ou légale du comportement des robots. Ceci est une des questions parmi tant d’autres que la COMEST aborde dans son rapport.

Les technologies robotiques ont été utilisées à des fins industriels et militaires depuis le milieu du XXe siècle. Depuis lors, ces technologies ont été de plus en plus appliquées dans d'autres domaines, tels que les transports, les soins de santé, l'éducation, l'agriculture et contexte ménager. Les technologies robotiques prennent de nombreuses formes, allant du concept de véhicules autonomes qui se développe rapidement à l'utilisation de robots en chirurgie, en soins thérapeutiques, en soins aux personnes âgées et en outils éducatifs pour les enfants.

 

De nos jours, la robotique repose de plus en plus sur l’intelligence artificielle (IA), qui permettent le développement de capacités de type humain telles que la perception, l’utilisation du langage, l’interaction, la résolution de problèmes, l’apprentissage et même la créativité. La caractéristique principale de ces « machines cognitives » est le fait que leurs décisions sont imprévisibles et que leurs actions dépendent de l’expérience et de certaines conditions stochastiques. Ceux-ci sont très différents des robots dont le comportement est déterminé par un programme (robots déterministes). La question de la responsabilité des actions exécutées par des robots cognitifs est donc cruciale.

La présence de robots cognitifs au sein de la société, qui s’accroît rapidement, suscite de nouveaux défis. Ces robots ont un impact sur les comportements humains, induisent certains changements sociaux et culturels, et soulèvent des questions en matière de sécurité, de respect de la vie privée et de protection de la dignité humaine.

Dans son rapport, la COMEST propose un cadre éthique fondé sur la technologie afin de considérer des recommandations spécifiques sur l’éthique de la robotique reposant sur la distinction entre robots déterministes et robots cognitifs. La COMEST a aussi développé un cadre de valeurs et de principes éthiques qui peut être utile en vue de la définition de la réglementation à tous les niveaux et d’une manière cohérente, sous une forme allant de codes de conduite des ingénieurs à des textes de loi nationaux et à des conventions internationales. Ces valeurs et principes éthiques pertinents incluent : (i) la dignité humaine ; (ii) l’autonomie ; (iii) le respect de la vie privée; (iv) l’innocuité ; (v) la responsabilité ; (vi) la bienfaisance ; et (vii) la justice.

À cet égard, la COMEST a également formulé un certain nombre de recommandations spécifiques concernant l'application des technologies robotiques. Ces recommandations couvrent une grande variété de domaines, tels que le développement de codes d’éthique des roboticiens, la reconversion et de la réadaptation de la force de travail, ainsi que l’opposition au développement et à l’emploi des armes autonomes.

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