Introduction

Un partenariat continu, structuré et ayant fait l’objet de décisions concertées entre l’Afrique et la région arabe sur des questions liées à la démocratie et les droits humains.

Comme il a été souvent souligné par le Président Abdou Diouf, Léopold Sédar Senghor définissait l’Africanité comme la rencontre et la symbiose entre la négritude et l’arabité. Pourquoi ?  Parce que nos populations sont interconnectées et partagent une histoire longue et commune à travers les échanges commerciaux, les mouvements des peuples, la religion, etc.  Parce qu’aussi il existe une continuité territoriale : nous sommes voisins. Par ailleurs, nos Présidents et Ministres se connaissent et se rencontrent régulièrement dans le cadre de divers fora. La coopération économique connaît une montée en puissance significative et l’aide au développement continue d’être généreuse.

Mais les organisations de la société civile – parlementaires, journalistes, défenseurs des droits humains, Commissions des droits humains – ne se connaissent pas suffisamment et n’ont pas d’espace permanent de dialogue et de réflexion commun.

Les avancées démocratiques dans nos régions respectives demandent à être constamment consolidées et les États doivent être encouragés à faire avancer des régimes de droits humains. La pression extérieure seule ne suffit pas et elle peut même être contre productive. Nous devons avancer à notre rythme mais ce rythme doit être soutenu car nos populations sont en demande de démocratie et en attente de respect de leurs droits. Si nous voulons garantir la paix sociale et le progrès économique, nous devons libérer les énergies créatrices qui ne peuvent s’épanouir que dans un environnement libéré de la terreur et de la misère. C’est pour ces raisons essentielles que nous pensons qu’un partenariat continu, structuré et ayant fait l’objet de décisions concertées entre l’Afrique et la région arabe, est plus que jamais nécessaire.

Il s’agit ici d’une forme d’union consentie autour de la démocratie et des droits humains, qui pourrait permettre une présence renforcée des différents acteurs engagés dans ces questions.

Ce Forum permanent de dialogue arabo-africain, initié par le Conseil national des droits de l’Homme d’Égypte avec le soutien de l’UNESCO, incarne un désir de rencontres et d’échanges autour d’une passerelle commune : celle de la démocratie et des droits humains, compris comme concepts complémentaires, universels et intégrés.

Nous souhaitons remercier S. Exc. Monsieur Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie et ancien Président du Sénégal, d’avoir accepté d’être le Président d’honneur de ce Forum et ainsi accorder à cette initiative l’importance qu’elle mérite.

Boutros Boutros-Ghali

© A. Meyssonnier / Soc. Chromogène

Boutros Boutros-Ghali
Vice-président du Forum
Président du Conseil national des droits de l’Homme d’Égypte

Pierre Sané

© UNESCO

Pierre Sané
Secrétaire exécutif du Forum
Ancien Sous-Directeur général pour les Sciences sociales et humaines, UNESCO

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