24.06.2011 - UNESCOPRESS

Une feuille de route pour la démocratie et le renouveau dans le monde arabe

© UNESCO/Danica Bijeljac - Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO, en présence d'Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, au Siège de l'UNESCO, le 21 juin 2011

Éducation et respect des droits de l’homme sont les grands axes de la « feuille de route » établie pour soutenir le passage du monde arabe à la démocratie à l’occasion d’une table ronde internationale que l’UNESCO a organisée le 21 juin à son Siège à Paris.

Cette « feuille de route » définit les conditions nécessaires pour réussir à mettre en place des États démocratiques. En même temps que l’éducation et les droits de l’homme, elle insiste sur les questions de gouvernance, les institutions démocratiques, la citoyenneté, une participation active des femmes et des jeunes, le développement socioéconomique et la liberté d’expression.

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a ouvert cette table ronde en présence d’Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation de la francophonie, Nicolay Mladenov, Ministre bulgare des Affaires étrangères, Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire général de l’ONU, Nassif Hitti, représentant le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, et quelque 250 participants, parmi lesquels des experts, des universitaires et des personnalités de la société civile, spécialistes ou originaires de la région arabe.

Dans son allocution d’ouverture, la Directrice générale a évoqué les événements survenus récemment dans les États arabes en les qualifiant de révolution démocratique et sociale de grande envergure et insisté sur le rôle important que l’UNESCO avait à jouer en cette période de transition.

« La démocratie et la liberté d’expression ont besoin de l’éducation et de l’alphabétisation pour ouvrir la voie à un avenir où tous seront à même d’être informés, d’exprimer leurs idées et de trouver un emploi », a-t-elle dit. Et d’ajouter : « La démocratie suppose chez la population les moyens de protéger son patrimoine et sa culture contre les voleurs qui exploitent la misère et dérobent les identités. Pour s’épanouir, la démocratie exige la justice, l’égalité entre les citoyens et une réduction de la pauvreté ».

« Dans cette conjoncture aussi passionnante que difficile, il est capital que la communauté internationale fasse tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir ces sociétés dans les processus de transformation qu’elles vivent actuellement. »

Parmi les participants, le Président de l’Institut arabe des droits de l’homme, Abdelbasset Ben Hassen, le membre de la Cour suprême tunisienne et de la Cour pénale internationale Alya Cherif Chammari, et le Sénateur français Robert Badinter ont tous souligné qu’il fallait bien prendre garde de ne pas simplifier les problèmes complexes qui se posent dans le processus de transition démocratique. Il faut, ont-ils dit, que les actions engagées puissent s’inscrire dans la durée pour faire face à tous les défis que comporte la fondation, la restauration ou la préservation de la démocratie. Il est essentiel aussi de donner la priorité au rôle de premier plan que les femmes et les jeunes ont à jouer dans la vie politique.

Cette journée de débats aura été l’amorce d’un dialogue avec des acteurs très divers appelé à devenir permanent pour étayer la transition et compléter les activités que l’UNESCO a déjà lancées dans la région arabe.

L'Organisation est en effet déjà au travail en Tunisie et en Égypte, en vue de renforcer les libertés des médias et prêter assistance à leurs professionnels pour la période pré-électorale. En Égypte, elle intervient aussi pour permettre aux jeunes de prendre part au processus de décision politique, pour assurer la protection du patrimoine culturel et pour accompagner le gouvernement dans ses efforts en faveur de l’alphabétisation et l’intégration à un monde connecté.

Dans nombre de pays du monde arabe, l’UNESCO met en place dans le cadre de son programme Gestion des transformations sociales (MOST) des activités destinées à réduire l’écart entre les réalités sociales et les politiques publiques en favorisant la recherche-action sur les transformations sociales. Tel est le cas, par exemple, de l’atelier régional consacré à « La recherche sur les politiques en matière de conception, contrôle et évaluation des politiques et mécanismes de protection sociale et de transferts monétaires » dans la région arabe », qui a lieu à Beyrouth du 27 au 29 juin.

Cet atelier sert de tribune pour un échange de connaissances entre chercheurs et décideurs régionaux et internationaux, ainsi qu’avec les experts des institutions des Nations Unies et de la société civile.




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