29.03.2018 - Secteur des sciences sociales et humaines

Nouvelles approches pour interpréter et représenter l'esclavage dans les musées et les sites

© Shutterstock.com / Lewis Tse Pui Lung - National Museum of African American History and Culture

Un séminaire international organisé par le projet "La Route de l'esclave : résistance, liberté, héritage", en étroite collaboration avec l'Université de Virginie, l'ICOMOS (US), la Fondation Thomas Jefferson/Monticello et le Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine (NMAAHC) a eu lieu à Charlottesville, États-Unis d’Amérique, du 19 au 22 mars 2018.

Des spécialistes œuvrant dans des domaines variés, des chercheurs et des représentants du gouvernement et d’organisations de la société civile venus des différentes régions du monde ont pu échanger leurs expériences et leur expertise en vue de cerner les enjeux importants de la représentation et l’interprétation de l'esclavage dans les musées et sur les sites de mémoire.

Lors des sessions plénières, les participants ont notamment été invités à répondre à des questions précises pour identifier les approches, méthodologies et outils qui seraient les plus adaptés pour raconter au grand public cette tragédie et ces multiples conséquences. Ils ont pu approfondir leur réflexion et faire des propositions concrètes pour l’élaboration d’un guide destiné aux professionnels chargés de traiter ce sujet sensible dans les musées et les autres espaces publics. Un groupe de travail international sera mis en place par le projet "La Route de l'esclave" de l'UNESCO, pour élaborer, sur la base des recommandations du séminaire, cet instrument qui complètera le guide destiné aux gestionnaires de sites de mémoire, en cours de publication.

Une session spéciale avait été consacré le 20 mars aux discussions sur les implications dans l’esclavage de prestigieuses institutions universitaires américaines, qui ont directement bénéficié de ce commerce honteux. Certaines de ces institutions, qui font partie d’un Consortium de plus de 38 Universités étudiant l’esclavage (Universities Studying Slavery), ont déjà commencé un travail d’introspection pour évaluer leur degré d’implication et réfléchir à des mesures pour redresser ces injustices.

Le 22 mars, les conférenciers ont été invités à participer à une visite guidée du Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine (NMAAHC). Ce musée, qui a été inauguré en 2016, à Washington DC, après un siècle de combat, aborde l'histoire et la culture afro-américaines à travers quatre thématiques majeures: l'esclavage, la ségrégation, la culture et le sport. D’après Ali Moussa Iye, Chef du projet « La Route de l'esclave » le NMAAHC est un exemple remarquable d’institution muséale utilisant les dernières technologies pour illustrer la complexité de l’histoire de l’esclavage et honorer les apports significatifs de la diaspora africaine aux Amériques et dans le monde.

L’acteur, réalisateur et producteur américain, Forest Whitaker, a adressé un message aux participants de la conférence à Charlottesville, au cours duquel Il est revenu sur les attaques des suprématistes blancs qui ont eu lieu dans cette ville, et qui selon lui  : « […] nous rappellent que les conséquences de l'esclavage, en particulier les préjugés raciaux, doivent encore être affrontés [ …] les interprétations conflictuelles de ces héritages [de l’esclavage] sont la source de malentendus, haine et violence . Il a aussi souligné l’importance des thématiques débattues dans le cadre du séminaire : « Quand la tragédie de l'esclavage est correctement commémorée, interprétée et représentée […] elle peut nous empêcher de nous battre les uns contre les autres, et nous aider à nous tourner vers la réconciliation, le respect mutuel et le pardon ». Forest Whitaker a enfin insisté sur l’importance d’initiatives, tels que le projet phare de l’UNESCO « La Route de l’esclave », pour la reconnaissance des conséquences sociales et psychologiques de cette tragédie dans les sociétés contemporaines.

Ce Séminaire international s’inscrit dans le cadre de la « Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine (2015-2024) », la « Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale (21 mars 2018) », la « Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique (25 mars 2018) », et le 70e Anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Contact : Ali Moussa iye, a.moussa-iye(at)unesco.org




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