31.12.2004 - SHS Newsletter 07

Discours de Taslima Nasrin, Lauréate 2004 du Prix UNESCO-Madanjeet Singh

dans SHS Newsletter 07

L’écrivain et journaliste bangladeshi, Taslima Nasrin, s’est vue attribuer le Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Nous reproduisons ici le discours qu’elle a prononcé lors de la remise de ce prix, le 16 novembre 2004 au Siège de l’UNESCO à Paris.

Je tiens à exprimer toute ma gratitude pour le Prix UNESCO-Madanjeet Singh 2004 qui m’a été attribué.

Le Bangladesh, où je suis née, compte plus de 30 millions d’habitants, c’est l’un des pays les plus peuplés au monde : plus de 1500 personnes entassées au kilomètre carré. C’est un pays où 70% de la population vit en deçà du seuil de pauvreté, où plus de la moitié de la population est analphabète, un pays où le système de santé est insuffisant et où le taux de mortalité infantile reste élevé. Pour près de 40 millions de femmes, l’accès à l’éducation est impossible, l’autonomie irréalisable.

En raison d’une tradition patriarcale très forte, les femmes sont victimes d’inégalités et d’injustices intolérables. Elles souffrent de malnutrition et d’anémie, mais aussi de problèmes physiques et psychologiques qui ne sont pas traités. En général, les femmes ne reçoivent pas de soins car on ne les emmène à l’hôpital que lorsqu’il est trop tard. Les femmes ne sont pas censées tomber malades car elles doivent s’occuper sans relâche des travaux domestiques, avoir des enfants et les élever, s’occuper de la famille et veiller au bien-être des hommes de la maisonnée. La femme a pour destin d’obéir à son père tout le temps de son enfance, à son mari lorsqu’elle est jeune, à son fils lorsqu’elle vieillit.

Parce que les femmes sont considérées comme des êtres faibles, leurs droits, leurs libertés, leurs désirs, leurs souhaits sont régis par les hommes. Les femmes sont considérées comme des êtres inférieurs, des domestiques, des objets sexuels. Ce qu’un couple marié redoute le plus au monde est d’avoir une petite fille. Il n’est pas rare que le mari, à la naissance d’une fille, obtienne le divorce pour punir sa femme du crime d’avoir donné le jour à une fille ou qu’il la répudie à vie. Les femmes sont considérées comme intellectuellement, moralement, physiquement et psychologiquement inférieures que ce soit par la religion, la tradition, la culture ou les coutumes.

Conséquence de cet état de fait, les femmes sont nombreuses à être victimes de la traite des personnes, de l’esclavage et de diverses formes de discriminations. Les hommes aspergent les corps des femmes d’acide, ils leur brûlent le visage, leur cassent le nez, font fondre leurs yeux et s’en vont l’esprit léger. Les femmes sont battues, fouettées, lapidées. Les femmes sont violées puis accusées d’avoir consenti au viol, et les violeurs sont libérés. Dans mon pays, les violences à l’égard des femmes ne constituent pas des crimes.

Je voudrais vous raconter l’histoire de Yasmin, une jeune fille de 15 ans. Employée comme domestique, elle a été violée par son employeur. Elle s’est enfuie. Tandis qu’elle regagnait à pied la maison de ses parents, elle a été vue par des policiers. Ils lui dirent qu’il n’était guère prudent pour une jeune fille de marcher dans les rues en pleine nuit et lui proposèrent de la ramener chez elle dans leur fourgonnette. Et que s’est-il passé ? Après l’avoir violée, les six policiers l’ont tuée, puis ils ont jeté son corps dans des buissons. Quand la nouvelle de son meurtre a été connue, les villageois ont manifesté contre la police. Les policiers ont tiré dans la foule, sept personnes ont été tuées. Dès le lendemain, le gouvernement déclarait dans un communiqué que Yasmin était une mauvaise fille, une prostituée, et que les policiers étaient parfaitement en droit de la traiter comme ils l’avaient fait. Ce genre d’histoire n’est pas rare, au Bangladesh. Et je sais que des choses semblables se produisent également dans d’autres pays.

Personne ne m’a jamais demandé de protester mais, très jeune déjà, j’étais convaincue de la nécessité de combattre l’oppression. Personne ne m’a jamais demandé de pleurer, mais mes larmes ont coulé. Quand je me suis mise à écrire, je voulais faire quelque chose de constructif. Dans mes livres, j’ai écrit qu’il était indispensable que les femmes comprennent pourquoi elles sont opprimées et pourquoi elles doivent se battre contre l’oppression. Cela fait des siècles que l’on répète aux femmes qu’elles sont les esclaves des hommes, qu’elles ne sont pas supposées s’élever contre le système patriarcal, qu’elles doivent garder le silence face à leurs oppresseurs. Les femmes ont donc eu du mal à se faire à l’idée qu’elles étaient bel et bien des êtres humains et qu’elles avaient le droit de vivre comme des êtres humains, de façon autonome et dans des conditions d’égalité. C’est par mes livres que j’ai essayé d’encourager les femmes à se battre pour leurs droits et leur liberté. Ma voix a donné aux femmes la possibilité de changer la façon dont elles pensaient. Et cela, les fondamentalistes religieux n’ont pas pu l’avaler. Bien au contraire ! Les fondamentalistes n’ont plus toléré aucune de mes opinions. Qu’une femme puisse briser ses chaînes et conquérir sa liberté était pour eux hautement contestable. Il était pour eux impossible de tolérer que, comme je l’affirmais, les textes religieux étaient anachroniques et déplacés. Quelle ne fut pas leur fureur quand ils m’entendirent affirmer que la loi religieuse, qui établit des discriminations à l’égard des femmes, devait être remplacée par une loi laïque et par un code civil cohérent. Par centaines de milliers, les extrémistes sont descendus dans les rues pour exiger que je sois mise à mort par pendaison. Une fatwa fut déclarée contre moi, ma tête fut mise à prix. Or, au lieu d’engager des poursuites contre les fondamentalistes, c’est à moi que s’en prit le gouvernement. Je fus condamnée pour avoir froissé les sentiments religieux du peuple. Un mandat d’arrêt fut décerné contre moi. Malgré ces pressions, j’ai continué à écrire. Que ce soit en poésie ou en prose, dans mes essais et mes romans, j’ai pris la défense des opprimés. J’ai réclamé à corps et à cris l’égalité et la justice, la justice pour tous, hommes et femmes, quelle que soit leur religion. Je me suis prononcée très clairement en faveur de la séparation de la religion et de l’État, d’une loi laïque, de l’éducation laïque.

Dans mon combat pour un humanisme laïque et éthique, j’ai tenté de défendre les plus pauvres et les minorités ethniques et religieuses opprimées. Il m’était impossible de tolérer qu’on puisse en être réduit à mener une existence misérable simplement parce qu’on professe une autre foi, qu’on parle une autre langue ou qu’on a une culture différente. Je suis convaincue que la grande diversité des religions, des langues, des cultures et des ethnicités qui existent dans notre monde n’est pas un facteur de conflit mais un trésor qui nous rend plus riches, et cette conviction rejoint les positions de l’UNESCO. La diversité est un trésor à chérir. Il n’y a pas de culture supérieure ou de culture inférieure, ce sont les motifs culturels changeants qui font de notre monde une magnifique mosaïque de toutes les couleurs.

Les êtres humains ne devraient pas tolérer que l’on opprime au nom de la religion. Les êtres humains ne devraient pas tolérer les tortures que sont les mutilations génitales des femmes au nom de la coutume ou des traditions. Les êtres humains ne devraient pas tolérer la barbarie, l’humiliation, l’inégalité ou l’injustice au nom de la culture. La culture ne doit pas être utilisée contre l’humanité.

Quand je regarde autour de moi, je constate partout la même chose : les femmes sont opprimées. Riches ou pauvres, belles ou laides, qu’elles aient les yeux bleus, noirs ou marrons, la peau blanche, noire ou brune, qu’elles soient mariées ou célibataires, qu’elles sachent lire ou non, qu’elles soient croyantes ou non, les femmes sont opprimées. Partout les femmes sont opprimées et la racine du mal c’est le patriarcat, la religion, la tradition, la culture et les coutumes qui tous ont été modelés par l’homme. C’est leur foi aveugle qui condamne les êtres humains aux bains de sang, à la haine, à l’ignorance, à l’analphabétisme, aux injustices et à la pauvreté. Or, si nous voulions sincèrement que sur notre Terre la justice succède à l’injustice, nous pourrions régler définitivement les problèmes dont souffrent l’humanité à cause de la croyance religieuse aveugle. La bible judéo-chrétienne tout comme le coran tolèrent et défendent l’esclavage. Jésus a dit très clairement aux esclaves d’accepter leur sort et d’obéir à leur maître. Or, personne aujourd’hui ne songerait à prendre position publiquement pour l’esclavage, personne ne se hasarderait à inscrire l’esclavage dans un système de droit quel qu’il soit. Ni les fondamentalistes chrétiens ni les juifs orthodoxes ne parlent de sacrifice animal ou d’esclavage. Dans les pays où est appliquée la charia ou loi islamique, où l’adultère est puni par la lapidation et le vol par l’amputation, on ne parle pas de légitimer l’esclavage. La polygamie et les concubines sont clairement acceptées dans l’Ancien Testament mais ces pratiques ne sont pas légales dans le monde judéo-chrétien. On en conclura donc que la volonté de préserver des pratiques qui calomnient, oppriment et écrasent les femmes sous prétexte de respecter des textes religieux n’est qu’une supercherie. Ces pratiques peuvent et doivent être délégitimées, de la même façon que l’esclavage a été délégitimé.

L’avenir de l’humanité est incertain. Le risque qu’éclatent de nouvelles formes de rivalités et de conflits est réel. Je pense en particulier au conflit entre deux idées opposées, la laïcité et le fondamentalisme. Je ne partage pas l’opinion de ceux qui estiment que le conflit opposera deux religions, à savoir le christianisme et l’islam ou le judaïsme et l’islam. Après tout, on trouve des fondamentalistes dans toutes les religions. Je ne suis pas plus d’accord avec ceux qui croient que les croisades du Moyen Âge vont se répéter dans un proche avenir. Et je ne pense pas non plus que l’Occident et l’Orient soient en conflit. À mon avis, le conflit oppose essentiellement le mode de pensée moderne, rationnel et logique à la foi aveugle et irrationnelle. Le conflit oppose la modernité et l’anti-modernisme. Certains s’efforcent d’avancer, tandis que d’autres font tout pour reculer. Il s’agit d’un conflit entre l’avenir et le passé, entre l’innovation et la tradition, entre ceux qui prisent la liberté et ceux qui ne l’estiment pas.

J’ai écrit pour dénoncer toutes sortes de violences physiques et sexuelles, le terrorisme religieux et les discriminations de type patriarcal à l’égard des femmes. J’ai fait un rêve : j’ai rêvé d’un monde merveilleux où aucune femme ne serait opprimée, victime de la traite des personnes, attaquée à l’acide, violée ou victime d’agressions sexuelles. Je rêve d’un monde tolérant où les êtres humains se respectent sans jamais céder à l’appel de la guerre, des massacres, de la violence. J’ai pris la plume pour que mon rêve devienne réalité, le rêve d’un monde éthique dans lequel l’humanité s’épanouira et ne sera plus faite d’êtres pleins de haine mais d’êtres remplis d’amour.

Dans ce combat pour un humanisme laïque, je n’ai pour seule arme qu’un stylo mais c’est à la pointe d’une épée que les extrémistes ont juré ma mort. Ils ont brûlé mes livres, poursuivi mes éditeurs en justice pour avoir publié mes livres, attaqué les librairies où mes livres étaient vendus. Ma liberté d’expression ne cesse d’être violée par les autorités. Sur les 28 livres que j’ai écrits, 5 ont été interdits par le gouvernement, et des procès sont en cours dans le but d’interdire les autres. Mes écrits m’ont valu d’être condamnée à un an de prison par un tribunal du Bangladesh. Au cours des dernières années, les quatre tomes qui constituent mes mémoires ont tous été interdits par le gouvernement.

Or, mes mémoires ne retracent pas seulement ma vie. L’histoire qu’elles racontent est familière à des milliers de femmes, elles dépeignent la façon dont vivent les femmes dans une société patriarcale régie par des centaines de traditions qui font souffrir les femmes. Je me suis penchée sur mon enfance pour décrire la vie d’une fille. J’ai raconté comment j’avais été élevée en expliquant que je bénéficiais de privilèges inaccessibles à bien d’autres enfants. J’ai pu poursuivre mes études et devenir médecin, ce qui pour des milliers de filles est inimaginable, même en rêve. J’ai voulu montrer où et comment j’avais grandi, expliquer ce qui m’avait fait penser différemment, ce qui m’avait fait agir différemment. C’est important d’aider les autres femmes à puiser l’inspiration qui leur permettra de se révolter contre le système oppressif dans lequel j’ai grandi et où elles continuent à vivre. J’ai dit la vérité. J’ai raconté tout ce qui m’était arrivé au cours de mon existence. En général, le viol ou la tentative de viol par un homme de la famille est un sujet tabou. Les filles se taisent parce qu’elles ont honte, une honte indicible. Mais moi, je ne me suis pas tue. On pouvait bien nous dire ce qu’on voulait, à moi ou à ma famille, cela m’était égal. Je sens bien que beaucoup de femmes ont l’impression que c’est leur histoire secrète que je raconte. Nous, les victimes, nous devons crier. Nous devons nous faire entendre. Nous devons protester haut et fort et exiger qu’on nous rende notre liberté et nos droits. Nous devons refuser d’être menottées, enchaînées, battues et menacées.

Si les femmes ne se battent pas pour que cesse l’oppression qu’exerce sur elles un système religieux patriarcal et suffocant, honte à elles ! Honte à nous si nous ne protestons pas, si nous ne nous battons pas, si nous laissons perdurer un système qui fera souffrir nos enfants et les enfants de nos enfants.

Mon histoire n’est pas unique. Mon expérience est, hélas, le lot de millions d’autres femmes. Dans mes livres je me suis apitoyée sur mon sort. J’ai versé des larmes, aussi, pour toutes celles qui n’ont pu s’épanouir dans l’existence alors qu’elles en étaient capables et qu’elles le méritaient assurément. Nous, les femmes, ne devons plus rester seules à verser nos larmes dans la solitude et le silence. Je ne pleure plus seule désormais et à cause de cela j’ai vécu dans la souffrance. J’ai été expulsée de mon propre pays. Au lieu de vivre dans la région du monde où je suis née et où j’ai grandi, on m’a permis de vivre en Occident où je ne peux que me sentir étrangère.

En d’autres termes, me voici étrangère dans mon propre pays et étrangère en Occident, où je vis aujourd’hui. Où puis-je aller ? Nulle part. L’exil, c’est pour moi un arrêt d’autobus. J’attends l’autobus qui me ramènera chez moi. Cela fait déjà plus de 10 ans que je vis en exil. Je ne parviens pourtant pas à me sentir chez moi, à faire d’un autre pays mon pays. Ce que je ressens, c’est un sentiment de désespoir et d’impuissance. Je me demande parfois : est-ce possible ? N’ai-je vraiment pas de chez moi ? Ce n’est pas tout à fait vrai. J’ai une maison : l’amour, l’amour que me témoignent des femmes du monde entier. Voilà ma maison, l’amour que je reçois des rationalistes, des libres-penseurs, des partisans de la laïcité et des humanistes. Cet amour que vous me donnez, voilà ce qui fait ma maison.

Quoi que j’aie fait ou écrit, je n’éprouve aucun scrupule. Quoi qu’il arrive, je poursuivrai jusqu’à mon dernier souffle et sans accepter aucun compromis mon combat contre toutes les forces extrémistes, fondamentalistes et intolérantes.

Nous célébrons, aujourd’hui 16 novembre, la Journée internationale de la tolérance. Alors même que je prononce ces mots, aujourd’hui, je le sais, de nombreuses personnes seront tuées. Aujourd’hui, je le sais, pendant que je parle, de nombreuses femmes seront battues, violées et assassinées. Aujourd’hui, je le sais, de nombreux enfants seront maltraités à cause de la haine et de l’intolérance. Le défi qui se pose à nous est d’éduquer les peuples du monde à la tolérance et à la non-violence. Le défi qui se pose à nous est de faire de la planète Terre un lieu vivable. Le défi qui se pose à nous est de faire en sorte que chaque jour de l’année soit une journée de la tolérance. Le concept de tolérance consiste à prendre conscience des droits humains et de la liberté fondamentale d’autrui. Les gens sont tous très différents les uns des autres, et il ne peut en aller autrement, mais ce n’est que par la tolérance que les communautés métissées de toutes les régions du globe pourront sauvegarder leur diversité.

Je suis très heureuse d’accepter en toute humilité le Prix UNESCO-Madanjeet Singh. Je suis très reconnaissante à l’UNESCO de la sympathie, du soutien et de la solidarité qui me sont ainsi témoignés. Cette récompense, cette reconnaissance, ont fortifié mon engagement et ma détermination à poursuivre mon combat.

Je vous remercie.

Taslima Nasrin
Médecin de formation, Taslima Nasrin s’est fait connaître dès la fin des années 1980 par ses articles dans lesquels elle dénonçait l’oppression des femmes dans plusieurs pays d’Asie. En dépit des menaces de mort qui ont été proférées à son encontre par les islamistes fondamentalistes, elle continue à se battre pour que son pays adopte un nouveau code civil qui soit fondé sur le principe de l’égalité entre hommes et femmes et pour l’instauration de l’éducation laïque. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages en bengali, dont certains ont été traduits en plus de vingt langues, elle s’est vu décerner de nombreuses récompenses dont le Prix littéraire indien Ananda Puroshkar, le Prix Sakharov pour la Liberté de Pensée du Parlement européen et le Prix Kurt Tucholsky du PEN Club suédois.

Le Prix UNESCO-Madanjeet Singh
Le Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la non-violence a été établi en 1995 grâce à la générosité de l’écrivain et diplomate indien, Madanjeet Singh, également ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO. Destiné à promouvoir un esprit de tolérance dans les arts, l’éducation, la culture, les sciences et les communications, le Prix est décerné tous les deux ans et récompense les activités de personnes ou d’institutions qui ont contribué de manière remarquable à promouvoir la tolérance. L’UNESCO remet aux lauréats une sculpture de l’artiste japonaise Toshi ainsi que la somme de 100.000 US$. Les premiers lauréats sont Pro-femmes Twese Hamwe, collectif de 32 ONG rwandaises de défense des femmes (1996), le patriarche égyptien Chenouda III, chef de l’Église copte orthodoxe (2000), et la Birmane Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix (2002).




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