Xénophobie

Le mot xénophobie est composé des racines grecques xéno, « ce qui vient de l’extérieur » et phobie, « la peur ». Ce mot définit donc littéralement, « la peur de ce qui vient de l’extérieur ». Dans le langage courant, la xénophobie fait référence à la peur de l’étranger, c'est-à-dire, par abus de langage, de celui qui ne possède pas la même nationalité que soi.

Les sociobiologistes considèrent la xénophobie comme un phénomène universel. Les spécialistes en sciences sociales la décrivent comme une parmi plusieurs formes de réactions crée par des situations anomiques dans les sociétés des Etats modernes. Le comportement xénophobe est basé sur des préjudices raciaux, ethniques, culturels ou nationaux existant au sein d’une société.

Le concept de xénophobie est souvent confondu avec le racisme. Les deux concepts se chevauchent mais restent distincts. Le racisme implique la distinction basée sur les différences physiques telles que la couleur de peau, les traits du visage, la texture des cheveux etc.… La xénophobie implique un comportement basé sur l’idée que l’autre est étranger et n’est pas originaire de la communauté ou de la nation. 1

Puisque les attributs physiques sont souvent utilisés pour distinguer les autres du reste de la communauté, il est souvent difficile de différencier racisme et xénophobie. Cependant, la xénophobie peut également se produire contre des personnes de même apparence physique lorsque ces personnes entrent dans un Etat dans lequel les nationaux les considèrent comme étrangers.2

Dans les années 90, de nombreuses démonstrations de xénophobie ont été suivies par une augmentation des actes de violence raciste dans de nombreuses sociétés du monde. Cette xénophobie est différente de la forme de racisme qui a conduit le nazisme et le fascisme et ceci en termes de racines idéologiques. Notons d’ailleurs qu’il est possible de parler de « nouveau racisme » pour qualifier le racisme qui s’est développé après la deuxième guerre mondiale car celui-ci n’est plus basé sur des considérations biologiques mais culturelles.

Deux causes sont souvent mises en avant pour expliquer la résurgence des mouvements xénophobes et racistes vers la fin du XXème siècle. La première cause est la migration qui s’est développée avec l’internationalisation grandissante du marche du travail durant l’ère post coloniale. Dans les pays s’accueil des migrants, les groupes sociaux défavorisés considèrent les arrivants comme une source de compétition sur le marché de l’emploi et des services publics. Ceci a cultivé un climat politique et social qui a généré xénophobie, racisme (c’est a dire ici une attitude défensive face aux migrants), et nationalisme (demande que l’Etat procure une meilleure protection contre les étrangers de la population).

La seconde raison qui explique le renforcement de la xénophobie et du racisme est la globalisation. Une compétition de plus en plus accrue entre les Etats les a menés à réduire les dépenses de services publics, d’éducation et de sécurité sociale. Cette réduction a influencé en particulier les segments de la population vivant à la marge de la société. Ces groupes sont souvent en compétition directe avec les migrants pour les services sociaux et composent le meilleur terreau pour les idéologies racistes et xénophobes. La recherche a montré que les inégalités sociales et la marginalisation des personnes quant à l’accès aux services économiques et sociaux de base donnent naissance aux tensions et manifestations racistes et xénophobes.6 Ceux qui sont considérés comme venant de l’extérieur, très souvent les migrants, les réfugiés, les demandeurs d’asile, les personnes déplacées et les non nationaux sont les cibles principales.

Dans le même temps, les réactions racistes ou xénophobes ne sont pas nécessairement aggravées par la présence d’un grand nombre d’immigrants. Il y a des exemples qui démontrent que le déclin social et la présence de partis d’extrême droite sont des conditions suffisantes pour voir l’émergence de la xénophobie. 3


1 Declaration on Racism, discrimination, Xenophobia and Related Intolerance against Migrants and Trafficked Persons. Asia-Pacific NGO Meeting for the World Conference Against Racism, Racial Discrimination, Xenophobia and Related Intolerance. Teheran, Iran. 18 February 2001.

2 NGO Working Group on Migration and Xenophobia for the World Conference (in International Migration, Racism, Discrimination and Xenophobia, 2001. A publication jointly produced by ILO, IOM, OHCHR, in consultation with UNHCR.

3 Ibid.

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