30.06.2004 - SHS Newsletter 05

Entretien avec Nigel Harris : « La migration représente un facteur clef de croissance économique. »

dans SHS Newsletter 05

Auteur de Thinking the Unthinkable : the Immigration Myth Exposed, Nigel Harris préconise la liberté de mouvement des personnes et souligne que la migration est tout aussi bénéfique pour les pays d’accueil que pour les pays d’origine des migrants.

Le phénomène migratoire n’est pas nouveau. Ce qui l’est davantage, c’est que la question de la migration occupe une place importante dans les programmes politiques et le débat public …

En effet, et ce pour de nombreuses raisons. Le monde est en proie à de vastes changements. Prenez l’Europe, avec la désindustrialisation, les privatisations, la globalisation, le « 11 septembre », ainsi que la fusion des entités nationales au sein de l’Union européenne. Tous ces éléments inquiètent, sans parler de la réforme en profondeur des systèmes des retraites, de santé et de sécurité sociale. Il en résulte un fort sentiment d’insécurité. La migration doit être abordée dans un contexte d’insécurité accrue.

Nous traversons selon vous une phase de transition entre des marchés du travail à demi fermés et le développement d’un marché mondial du travail. Pourriez-vous expliquer cela ?

Prenez l’exemple des États-Unis et du Mexique. Si l’on considère que la migration vers l’Amérique du Nord s’effectue au sein d’un marché du travail unique – qui se trouve avoir été divisé en deux pays –, on saisira ce que signifie l’émergence d’un marché du travail intégré. Le problème, en Amérique du Nord, ce n’est peut-être pas tant que les personnes émigrent mais que les gouvernements les en empêchent. En fait, les gouvernements essaient de bloquer le fonctionnement du marché du travail, ce qui provoque de graves conflits. Les gouvernements n’y parviennent pas car, en dépit de tous leurs efforts, le marché du travail est alimenté par la migration clandestine et la traite des êtres humains, et tous les drames qu’elles entraînent dans leur sillage.

Certes, il serait exagéré de parler d’un marché mondial du travail aujourd’hui. Il existe des marchés mondiaux du travail pour certaines catégories professionnelles : médecins, infirmières, ingénieurs etc., c’est-à-dire des emplois extrêmement qualifiés. Pour ce qui est des emplois non qualifiés, il n’y a pas de marché unique mais des marchés nationaux, alimentés par une migration légale ou non.

Quel lien faites-vous entre migration et croissance économique ?

La croissance économique exige, outre une certaine quantité de main-d’œuvre, que les qualifications professionnelles de cette main-d’œuvre soient en évolution constante. La croissance économique comme le développement économique requièrent un changement structurel, et donc une évolution de la demande de main-d’œuvre. Autrefois, les économies nationales, qui fonctionnaient en systèmes à demi fermés, s’évertuaient à satisfaire entièrement cette demande en puisant à l’intérieur des frontières nationales, chose impossible de nos jours. En effet, dans une économie en phase d’évolution dynamique, non seulement les ressources locales ne suffisent pas à entretenir la structure des qualifications, elles n’ont même pas la capacité de pourvoir adéquatement les emplois non qualifiés.

Ceci est lié aux politiques éducatives. Si un gouvernement rehausse le niveau de la population en matière d’éducation, les emplois non qualifiés risquent d’être impossibles à pourvoir, ce qui par répercussion altèrera la productivité des emplois qualifiés. Si les hôpitaux manquent d’employés peu qualifiés – personnels affectés à l’entretien, aux cuisines… les médecins ne pourront plus exercer. La productivité du travail qualifié est donc tributaire de la disponibilité d’une main-d’œuvre non qualifiée. La croissance économique s’accompagne en général d’un changement structurel constant, aujourd’hui si rapide et si imprévisible que les systèmes d’éducation nationale sont incapables de suivre. En raison du changement, les qualifications recherchées sur le marché du travail évoluent constamment. Dans une économie globale, les économies nationales perdent peu à peu la capacité de satisfaire la demande locale. Voilà pourquoi la migration représente un facteur-clef de croissance économique.

Pourquoi êtes-vous critique à l’égard des politiques d’immigration des pays riches ?

Parce qu’elles sont auto-destructives. Si les flux de main-d’œuvre sont bloqués, on aura plus de peine à améliorer le bien-être des habitants du pays. Prenez l’Europe : le vieillissement de la population rend nécessaire la mise en place de services auprès des personnes âgées – services de soins et d’assistance. Si on bloque l’immigration de la main-d’œuvre non qualifiée, on nuit au bien-être de la population, des personnes les plus démunies en particulier, celles qui font appel aux immigrants peu qualifiés. Ceci est particulièrement grave dans le cas des services de santé et des systèmes de santé publique. Le nombre de travailleurs immigrés peu qualifiés doit augmenter au fur et à mesure que la population vieillit afin d’éviter que les personnes âgées les plus pauvres ne subissent de graves souffrances.

Vous dites que les politiques d’immigration actuelles sont fondées sur une planification de la main-d’œuvre, c’est-à-dire la tentative de prévoir ou d’anticiper les besoins futurs en main-d’œuvre. Pourquoi n’est-ce pas réaliste selon vous ?

Il en va de même quel que soit le domaine où l’on tente de planifier l’économie. En réalité, il est impossible de planifier l’économie, a fortiori un fragment de l’économie globale. Plus une économie est dynamique, moins on peut prévoir quels seront à l’avenir ses besoins en main-d’œuvre. On place la barre trop haut ou trop bas. C’est exactement ce qui s’est produit lorsque l’explosion des dot.com a conduit les pays développés à rechercher des spécialistes des technologies de l’information aux quatre coins du monde, pour s’apercevoir tout compte fait que le secteur des dot.com venait de s’effondrer. Le coût monumental de cette erreur montre bien qu’il est impossible de planifier en détail une économie dynamique. Plus une économie nationale est intégrée dans l’économie mondiale, plus elle est dynamique, moins il est possible d’anticiper l’avenir, condition de la planification.

La situation en Europe est contradictoire : d’un côté une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, de l’autre une augmentation générale du chômage. Comment expliquez-vous cette tendance ?

On pense généralement que tout cela est lié au système de sécurité sociale et au niveau des salaires des personnes peu qualifiées. Grâce aux systèmes de sécurité sociale, on peut se débrouiller pour vivre sans travailler. On peut aussi très bien se débrouiller dans l’économie souterraine ; une partie de l’économie européenne échappe ainsi à toute analyse statistique. Rappelons en outre que les emplois peu qualifiés sont délaissés par les ressortissants peu qualifiés en raison du niveau des salaires. Grave pénurie dans certains secteurs du marché, chômage ailleurs, cette disjonction ne présente donc rien d’étonnant.

Vous êtes en faveur de systèmes temporaires pour les travailleurs migrants ?

Oui, que des personnes viennent temporairement pourvoir des emplois vacants pour cause de pénurie de main-d’œuvre, cela pourrait constituer une solution à court terme. Dans l’Europe d’aujourd’hui, les populations sont hostiles à l’établissement définitif d’un nombre croissant de migrants dans leur pays et la situation politique est instable ; les politiciens font de la surenchère sur le thème de l’exclusion des étrangers pour s’attirer les bonnes grâces des électeurs. On pourrait résoudre quelques problèmes en instaurant des systèmes temporaires, en vertu desquels les travailleurs migrants retourneraient dans leur pays après avoir touché une rémunération. La migration devrait également comporter, à mon avis, un volet éducatif ; les personnes devraient venir travailler ici et suivre une formation afin de renforcer le capital humain des pays en développement : ainsi, tous les migrants deviendraient étudiants.

De sorte que la migration contribuerait non seulement à accroître la prospérité des pays riches mais aussi à réduire la pauvreté des pays en développement ?

Oui. Selon des études récentes, si les pays développés accueillaient une main-d’œuvre migrante équivalente à un pour cent de leur population active, les fonds transférés vers les pays en développement augmenteraient de deux cents milliards de dollars. L’un des atouts majeurs de la migration est d’accroître le revenu des pays en développement, ce qui bénéficie plus particulièrement aux familles les plus pauvres.

Pourquoi, à votre avis, le statut de travailleur temporaire suscite-t-il des réticences ?

La création des sociétés européennes est celle des États-nations, hypothétiquement fondés sur une homogénéité supposée en matière d’origine ethnique, de culture et de langue, et que d’aucuns estiment menacée par l’immigration. D’où l’opposition à l’établissement des migrants. On disait des Gastarbeiter dans les années soixante (note de l’éditeur : en Allemagne) qu’ils étaient venus comme travailleurs temporaires mais qu’ils avaient fini par rester. C’est complètement faux. En réalité, beaucoup d’entre eux sont bel et bien repartis. En règle générale, les migrants préfèrent se déplacer plutôt que de s’installer dans un exil permanent. Il est inexact de dire que ces personnes cherchent à tout prix à vivre à l’étranger. Habituellement, après un certain temps, elles rentrent dans leur pays.

Pour en revenir aux Gastarbeiter, les employeurs ne tenaient pas à perdre des travailleurs expérimentés (notamment dès lors qu’il devenait impossible de recruter de nouveaux immigrants pour les remplacer), et les travailleurs, eux, ne voulaient pas perdre leur emploi. Ils ont donc trouvé un arrangement avec le gouvernement allemand pour assurer aux travailleurs une certaine sécurité et la possibilité d’avoir une famille … et ces travailleurs sont devenus Allemands.

En général, c’est la réglementation sur l’immigration qui oblige les migrants à s’établir dans un pays. C’est ce qu’illustre la situation aux États-Unis. En raison des Actes de 1986 et 1992 qui instituèrent des contrôles draconiens aux frontières, les Mexicains qui traversent la frontière s’installent désormais aux États-Unis alors que jusque-là ils retournaient chez eux. Au début des années quatre-vingts, les Mexicains passaient ainsi en moyenne trois ans aux États-Unis avant de rentrer dans leur pays. À présent, ils y restent neuf ans. La nouvelle législation a donc eu un effet contradictoire, le nombre de Mexicains qui s’établissent en Amérique du Nord ayant considérablement augmenté.

La réglementation sur l’immigration et les pressions gouvernementales produisent donc un effet contraire au but recherché…

Oui, elles provoquent l’immobilité des migrants. Quand on a besoin d’une main-d’œuvre migrante, ce qu’on recherche c’est sa disponibilité, son aptitude à aller et venir. Cela, une population établie ne peut le faire.

Comment envisagez-vous l’application d’un statut de travailleur temporaire dans la pratique ?

Le mieux serait que, par le biais de l’OIM ou de l’OIT, les Nations Unies créent une agence chargée de gérer les flux migratoires. Je ne fais pas assez confiance aux gouvernements pour cela, l’équité n’étant pas un de leurs soucis majeurs. Cependant, puisqu’il est hautement improbable que les gouvernements délèguent aux Nations Unies les pouvoirs nécessaires, la migration sera régie par des accords bilatéraux et par ce que j’appelle la « planification de la main-d’œuvre », prélude d’une libéralisation totale. Prenez par exemple l’agriculture au Royaume-Uni. Le système des travailleurs temporaires a désormais une importance vitale pour les récoltes saisonnières. Ce système se développe peu à peu au moyen d’accords bilatéraux et de l’émission de permis de travail unilatéraux par le gouvernement britannique. J’espère que ce système connaîtra un développement tel que plus personne n’aura besoin de permis et que chacun pourra venir travailler à sa guise.

La question de l’intégration des immigrés revêt souvent une importance considérable. Faut-il encourager cette pratique ?

Il va de soi que si une personne désire s’intégrer, elle doit pouvoir le faire. Mais ce n’est pas tant la possibilité de s’intégrer qui m’intéresse que celle de se déplacer. Dans le monde de demain, les voyages seront fréquents et les lieux de travail multiples. L’intégration est un frein, une obligation à la citoyenneté. Je crois qu’à terme les gens ne seront pas désireux d’obtenir la citoyenneté. S’ils peuvent se déplacer facilement, ils se déplaceront.

On ne peut pas aborder la migration du seul point de vue de l’économie. Les regroupements familiaux et les demandes d’asile font eux aussi partie du problème…

En réalité la question de l’asile constitue un tout autre problème. Elle concerne des personnes qui fuient les persécutions – ces personnes ne sont pas à la recherche d’un emploi. Je crois que les gouvernements ont utilisé les demandeurs d’asile comme caisse de résonance de la xénophobie. Tout en relâchant les contrôles sur la migration de la main-d’œuvre non qualifiée, en tout cas au Royaume-Uni et aux États-Unis, ils ont fait des demandeurs d’asile les cibles choisies de la xénophobie. On a presque l’impression qu’il s’agit d’une politique délibérée. Tant que la migration ne sera pas dotée d’un système approprié, on ne pourra mettre un terme à la migration illégale. Si on peut en toute légalité se déplacer partout dans le monde pour travailler, plus personne ne le fera illégalement. Ainsi les travailleurs migrants n’auront plus recours aux demandes d’asile et le système d’asile, débarrassé de ce fardeau, pourra jouer le rôle qui lui revient.

Le véritable problème tient à mon avis à l’interdiction de travailler faite aux demandeurs d’asile. Au Royaume-Uni, par exemple, on accuse les demandeurs d’asile de vivre sur le dos de la sécurité sociale. Or, s’ils profitent de la protection sociale, c’est précisément parce que le gouvernement leur interdit de travailler. Cette situation absurde semble avoir été créée pour susciter la xénophobie. Les demandeurs d’asile devraient tous avoir le droit de rechercher un emploi et de travailler dès leur arrivée, et ainsi de commencer une nouvelle vie. Il y a deux ans, comme le déplorait la British Medical Association, un millier de médecins d’origine étrangère battaient le pavé de Londres, leur statut de demandeurs d’asile leur interdisant de travailler, alors même que le National Health Service cherchait désespérément des médecins. C’est complètement irrationnel.

L’embauche de travailleurs étrangers à des coûts moindres ne fragilise-t-elle pas la situation de la main-d’œuvre nationale ?

Marginalement, peut-être, mais selon de nombreuses études économétriques réalisées aux États-Unis, l’augmentation de la migration n’a produit d’effets détectables ni sur la situation des travailleurs nés dans le pays concerné ni sur le niveau de l’emploi. Lorsque l’on constate des effets, c’est généralement sur les groupes de migrants arrivés plus tôt. Les travailleurs migrants peu qualifiés prennent habituellement les emplois délaissés par les ressortissants, on ne peut donc parler de compétition. Si l’augmentation de l’immigration pénalisait les travailleurs originaires du pays, ceux-ci devraient recevoir des compensations. Comme dans tout autre secteur de l’économie, il n’y a aucune raison pour qu’ils paient le prix des changements économiques.

Vous préconisez la liberté de migration et l’ouverture des frontières. N’est-ce pas irréaliste ?

Peut-être, mais c’est une demande qui mérite d’être faite. Personne ne pensait que le commerce serait libéralisé, on s’en est aperçu une fois chose faite. Pendant les cinquante ans à venir, on assistera à une transformation de l’économie mondiale et de la façon dont est perçue la migration. Nous apprendrons enfin à vivre dans une économie mondiale plutôt que dans nos petits recoins nationaux. Les Européens vont ainsi devenir beaucoup plus mobiles, alors même que les flux migratoires vers l’Europe augmenteront. On voit comme on est loin d’un passé marqué par des économies nationales fermées. Quant à la possibilité d’un monde sans frontières, je ne suis pas exagérément pessimiste.

Dans votre livre Thinking the unthinkable, vous citez J. K. Galbraith : « Action la plus ancienne contre la pauvreté, la migration sélectionne ceux qui ont le plus besoin d’aide. » Il s’interroge : « Qu’y a-t-il de si pervers dans l’âme humaine pour que l’on s’oppose à un bienfait si évident ? »…

La perversité vient de ce que l’on s’accroche à l’ordre ancien des États-nations rivaux et que l’on considère sa nation comme sa famille, bien que cela soit complètement absurde. Le principe même de gouvernement national et de citoyenneté établit une distinction marquée entre ressortissants et étrangers. Les ressortissants sont intégrés, ils partagent une même langue et une même culture, ils sont dignes de confiance. Les étrangers, pour faire court, sont des escrocs à qui il ne faut pas se fier. Il suffit de lire les tabloïds en Grande-Bretagne, à longueur de colonnes. Les étrangers sont des envahisseurs.

Que se passera-t-il si l’on empêche les pauvres d’émigrer pour fuir la pauvreté ?

L’économie souterraine se développe au fur et à mesure que se multiplient les réglementations sur l’économie officielle. Plus les gouvernements enferment une partie de l’économie dans un carcan réglementaire, plus l’autre pan de l’économie prospère. La migration clandestine s’effectuera donc dans les pires conditions. Néanmoins bien des éléments pourraient adoucir cette situation. Au cours des cinquante prochaines années, l’économie mondiale à forts besoins en main-d’œuvre se déplacera vers les pays en développement. Dans le cas des services de santé, il faut s’attendre à ce que durant cette période, étant donné le vieillissement de la population européenne, les hôpitaux et les maisons de repos pour personnes âgées originaires des pays développés soient de plus en plus souvent construits dans les pays en développement, où les coûts sont si bas. Les personnes âgées des pays riches commenceront ainsi à émigrer vers les pays en développement afin d’avoir accès aux services de santé et aux maisons de retraite. L’éducation constitue un autre exemple. Le coût des enseignants étant moins élevé dans les pays en développement, on tentera d’y établir des écoles et des universités. Bien d’autres services vont eux aussi émigrer. Avec un peu de chance, d’ici 2050, on ne parlera plus de pays en développement mais d’un monde unique.

Les problèmes qui sont liés actuellement à la migration ne sont pas économiques, ils sont d’ordre social, idéologique et culturel. On s’y oppose comme on s’oppose à la globalisation, à l’élimination de l’État-nation. La xénophobie, c’est une volonté de défendre son propre État et un refus de se considérer soi-même comme faisant partie de l’humanité.

Pourquoi avons-nous besoin d’un instrument tel que la Convention sur les travailleurs migrants ?

Parce que le système est source d’abus. Parce que les gouvernements entretiennent des systèmes de réglementations absurdes, d’où l’ampleur des mouvements illégaux et, dans l’ombre, la traite des femmes et des enfants, etc. Prenez l’exemple de la Chine. Officiellement, on dénombre quelque 98 millions de travailleurs migrants en Chine. La plupart d’entre eux, 70 % peut-être, travaille dans le secteur de la construction. Il apparaît que leurs employeurs ne leur versent que les deux tiers du salaire auquel ils ont droit ; or, il n’existe pas de syndicat qui puisse obliger les employeurs à respecter la loi. On constate ainsi des abus à tous les niveaux, et pas seulement dans le cas des migrations internationales.

Si la main-d’œuvre est plus mobile, il sera peut-être plus délicat de veiller au respect de conditions de travail. Aux syndicats et aux ONG de mettre en œuvre de nouveaux mécanismes de protection des travailleurs migrants. Aujourd’hui, l’absence de transparence – les gouvernements ne régulent qu’une fraction de la main-d’œuvre – provoque de graves abus. Dans les cas les plus tragiques, on le sait bien, on peut véritablement parler d’esclavage ou d’asservissement des travailleurs. La migration internationale ne diffère pas à cet égard de la migration interne : dans les deux cas, ce n’est qu’à l’issue d’une lutte longue et ardue qu’on parvient à obtenir des conditions tolérables.

Propos recueillis par Jeanette Blom

Anniversaire de la Convention sur les droits des migrants
Le 1er juillet 2004 est le premier anniversaire de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Cette date marque l’entrée en vigueur, il y a un an, de la Convention des Nations Unies sur les droits des migrants. À ce jour, la Convention a été ratifiée par 22 pays.




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