Dialogue philosophique interrégional entre l’Afrique et les Amériques – « L’Afrique et sa diaspora »

© UNESCO / P. Chanthalangsy - de gauche à droite : J.-G. Bidima (Cameroun), I.-P. Lalèyê (Sénégal) , K. C. Mabana (Barbades/RDC)

Le Dialogue philosophique interrégional entre l’Afrique et les Amériques était organisé conjointement par l’UNESCO et l’Alain Locke Society à l’Université de Purdue, West Lafayette (États-Unis d’Amérique), du 18 au 20 avril 2011. Organisé dans le cadre de la célébration de l’Année internationale des personnes d’ascendance africaine, l’événement a également reçu le soutien de l’Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ISESCO). Il a réuni plus de 35 intervenants pour 6 tables rondes thématiques et plus de 100 participants, notamment des étudiants.

Le Dialogue a permis la constitution d’un réseau de philosophes d’Afrique, d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Amérique du Nord.

Les discussions ont abordé plusieurs thèmes relatifs au dialogue intellectuel et aux recherches existantes – ou manquantes – dans l’histoire des relations entre l’Afrique et les Amériques.

Vous trouverez ci-dessous les principaux sujets débattus.

  • La philosophie peut aider à repenser en profondeur nombre de défis contemporains, en particulier dans un contexte de changements globaux.
  • Grâce à leurs identités multiculturelles, les philosophes africains, latino-américains et caribéens ont la capacité particulière d’appréhender les problèmes à partir de perspectives plurielles. La plupart d’entre eux sont formés dans les universités occidentales mais gardent une conscience aiguë de leurs traditions intellectuelles. Cette faculté intrinsèquement pluraliste d’analyser la réalité est particulièrement importante pour examiner les problèmes complexes qui se posent aux sociétés d’aujourd’hui.
  • Dans le contexte de la diaspora africaine, la philosophie a servi de moyen de libération et de réalisationphilosophy born of struggle »). Ce paradigme s’applique également aux mouvements de libération qui ont lutté pour l’indépendance en Afrique, en Amérique latine et aux Caraïbes.
  • La philosophie africaine a été victime de « violence épistémique » en raison du passé colonial du continent. Les philosophes et intellectuels de la région devront débattre activement de cette situation, en coopération avec tous les partenaires et parties prenantes.
  • Toutes les communautés philosophiques reconnaissent aujourd’hui que la réflexion philosophique est à la base de beaucoup de traditions intellectuelles africaines. Les débats passés sur l’existence ou non d’une « philosophie africaine » sont désormais dépassés.
  • L’« eurocentrisme » dans les débats philosophiques, en particulier lorsqu’il s’agit de la philosophie africaine, peut être surmonté en renforçant les dialogues Sud-Sud et Nord-Sud-Sud, où le modèle épistémique ne sera pas celui de l’impérialisme mais de la reconnaissance mutuelle.
  • L’ignorance mutuelle entre la jeunesse du continent africain et la jeunesse de la diaspora africaine persiste. Plus d’efforts doivent être faits dans ce domaine pour parvenir à une connaissance et une reconnaissance mutuelles.
  • Le rôle des femmes philosophes et intellectuelles engagées dans le débat public est encore problématique dans plusieurs pays des régions concernées. Cette question doit être examinée sérieusement par les universitaires, les acteurs politiques et ceux de la société civile.
  • L’engagement dans la « modernité » nécessite une réflexion de fond sur des concepts clés tels que la « justice », l’« équité », la « représentation / imitation », les « idéologies », le « Sud », les « standards de développement », le « savoir traditionnel », le « cosmopolitisme », etc. Le besoin de réfléchir à ces concepts est urgent, afin d’informer les politiques publiques dans les pays émergents. Les jeunes doivent être inclus dans ce processus de réflexion.

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