Quand les artistes racontent la mémoire de l’esclavage : un évènement mémorable à l’UNESCO

© UNESCO/P. Chiang-Joo

Le 4 septembre 2015, le projet La Route de l’esclave de l’UNESCO, en partenariat avec la Galerie Vallois, l’association culturelle « Fait à Cuba » et le Comité National pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, a organisé un évènement au siège de l’UNESCO pour explorer les interactions entre les artistes et la mémoire de l’esclavage.

Il s’est ouvert sur le séminaire « Les artistes et la mémoire de l’esclavage : resistance, liberté créatrice et héritages » qui a réuni des artistes, des chercheurs pour débattre des influences de cette tragédie sur la création artistique dans les différents domaines (littérature et théâtre, arts visuels, cinéma, musique et danse). Parmi les intervenants qui ont apporté leurs éclairages sur cette relation tumultueuse, on peut citer  les illustres musiciens Archie Shepp et Ray Lema, les écrivains Alain Foix et Mariéme M. Ndiaye, la danseuse Rhodnie Désir, le comédien et président du Mémorial ACTe en Guadeloupe Jacques Martial, le cinéaste Dom Pedro et l’artiste peintre et grapheur Shuck one.

Le séminaire a été suivi par le vernissage d’une exposition « Temps Modernes. La mémoire de l’esclavage et l’art contemporain » dans le Hall Ségur, présentant les œuvres monumentales, crées pour l’occasion, de quinze artistes contemporains du Bénin, de Cuba et de la République Dominicaine. Cette exposition illustre de manière originale comment ce passé douloureux  interpelle encore les jeunes créateurs africains et caribéens  et leur permet, à travers  des œuvres poignantes,  de  réactualiser les enjeux de  l’histoire et de la mémoire de l’esclavage dans le monde d’aujourd’hui.

Cette réinterprétation a été également portée par la performance « Oggun Today » qui a offert au public, venu très nombreux à ce vernissage, un spectacle sans précédent à l’UNESCO. Sur une composition musicale inédite,  un duel chorégraphique a mis face à face un danseur incarnant  la force du dieu Oggun  et un drone habillé des attributs de son esprit  qui virevoltait dans l’espace au son des percussions et au rythme des mouvements du danseur. Tout en faisant tournoyer sa robe en fibre végétale, le drone filmait les gestes du danseur dont les images étaient transmises en direct sur des écrans placés à différents endroits du hall Ségur.

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