19.11.2012 - ODG

Irina Bokova dirige le troisième Panel de haut niveau sur la paix et le dialogue entre les cultures

© UNESCO/Landry Rukingamubiri

« Ceci est l’occasion de débattre d’une question essentielle pour la paix durable et le développement durable : comment faire participer les jeunes et leur donner les moyens de conduire le monde vers plus de justice, de stabilité et de développement inclusif », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, lors du troisième Panel de haut niveau sur la paix et le dialogue entre les cultures qui s’est tenu le 19 novembre au Siège de l’Organisation. Le thème du débat était « Construire la paix : le rôle de l'UNESCO dans la décennie à venir avec un accent particulier sur la mobilisation des jeunes en vue d'édifier une paix et des sociétés durables ».

La Directrice générale a souligné l’importance de cette rencontre, à l’heure où l’UNESCO élabore par ailleurs sa future Stratégie à moyen terme pour 2014-2021.

La réunion a rassemblé des décideurs, des intellectuels et des artistes de toutes les régions du monde, notamment :

  • Son altesse royale le Prince Turki Al Faisal Al Saud (Arabie saoudite), Président, Conseil d’administration, Centre du Roi Faisal pour la recherche et les études islamiques
  • Nassir Abdulaziz Al-Nasser (Qatar), Président de la 66e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, Haut représentant désigné des Nations Unies pour l’Alliance des civilisations
  • Akhtar A. Badshah (États-Unis d’Amérique), Directeur Citoyenneté et affaires publiques chez Microsoft
  • Homi K. Bhabha (Inde), Professeur titulaire de la chaire Anne F. Rothenberg de littérature et directeur du Centre de littérature Mahindra à l’Université Harvard
  • Vicente Fox (Mexique), ancien Président du Mexique (2000-2006), co-Président de l'Internationale démocrate centriste et fondateur du centre d’étude, bibliothèque et musée Vicente Fox
  • Attiya Inayatullah (Pakistan), membre de l’Assemblée nationale et ancienne Ministre de la condition des femmes et des affaires sociales du Pakistan
  • Nasser David Khalili (Royaume-Uni), collectionneur d’art et entrepreneur, fondateur des collections Khalili, Président de la fondation Maimonides et Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO
  • Amin Maalouf (Liban), écrivain, membre de l’Académie française, lauréat du prix Goncourt 1993 pour son roman Le Rocher de Tanios,  lauréat du prix Prince des Asturies pour les lettres (édition 2010)
  • Luc Montagnier (France), virologue, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine
  • Jean Ping (Gabon), ancien Président de la Commission de l'Union africaine (2008-2012), Président de la 59e session de l'Assemblée générale des Nations Unies et ancien Ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie de la République gabonaise  (1999-2008)
  • Laëtitia Yamon Sagno (Guinée), vice-Présidente de « O.S.E.R. l'Afrique » et chef de projet sur l’Afrique au Centre d'étude et de prospective stratégique
  • Rabbin Arthur Schneier (États-Unis d’Amérique), Président de la fondation « Appeal of Conscience », New York
  • Vladimir Yakounine (Fédération de Russie), Président fondateur du Forum public mondial Dialogue des civilisations.

À travers leurs échanges, les membres du Panel de haut niveau ont réfléchi à la façon de mieux promouvoir le double objectif de la paix durable et du développement durable, avec les jeunes comme instigateurs d’un changement de cap positif. Les membres du Panel sont convenus que pour y parvenir l’UNESCO ne devait pas seulement travailler pour les jeunes, mais aussi avec eux.

Le Panel de haut niveau s’est penché sur la montée en puissance des nouvelles technologies qui fournissent, comme peut-être jamais auparavant, des outils et canaux inédits de dialogue et d’apprentissage. Toutefois, le Panel a débattu de la manière dont l’UNESCO peut contribuer à créer un contenu véritablement inclusif et garantir une réelle égalité d’accès, de sorte que ce dialogue s’enrichisse des voix et des expériences des jeunes de toutes les cultures. Le débat s’est axé sur le rôle de l’UNESCO dans l’élaboration des programmes scolaires pour l’acquisition de compétences et de valeurs et sur le renforcement des compétences en matière d’alphabétisation culturelle.

Comme l’a dit Amin Maalouf : « la question n’est pas de savoir si nous pouvons vivre ensemble, mais comment. Parce que nous n’avons pas le choix, il n’y a qu’une seule planète. » Nassir Abdulaziz Al-Nasser a fait écho à ces paroles en déclarant : « nos cultures sont différentes, mais notre monde est le même pour tous ».  

Son altesse royale le Prince Turki Al Faisal Al Saud a pour sa part affirmé que « certes le monde devient plus petit, mais il donne une impression d’incohérence ». Dans le même esprit, Irina Bokova a rappelé que l’inclusion sociale et l’équité sont indispensables tant à la paix qu’au développement. Les membres du Panel de haut niveau ont débattu des défis que pose un monde toujours plus fragmenté, dans lequel la paix doit être activement recherchée et construite, comme elle fut activement défendue à la suite des deux guerres mondiales et des génocides qui ont dévasté la planète au cours des dernières décennies. Dans ce contexte, le rabbin Arthur Schneier a dit : « on ne peut pas changer le passé, mais on peut certainement aider à bâtir l’avenir ».

« La recherche d’une croissance rapide ne doit pas nous faire perdre de vue certaines valeurs cardinales dont l’impact est certes difficile à quantifier, mais qui n’en sont pas moins essentielles au développement de l’humanité au sein d’une même communauté », a déclaré la Directrice générale. « Le rôle de l’UNESCO est précisément de soutenir et renforcer la défense par tous de ces valeurs communes, surtout chez les jeunes hommes et femmes. »

Dans ce contexte, le Panel de haut niveau a ardemment appelé à un multilatéralisme plus efficace. La Directrice générale a souligné l’importance du partenariat établi entre l’UNESCO et l’Alliance des civilisations et déclaré son intention de l’approfondir encore.

Ce partenariat a été le thème d’une réunion bilatérale entre la Directrice générale et S. E. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, qui prendra la tête de l’Alliance des civilisations des Nations Unies le 1er janvier 2013. Tous deux ont réaffirmé la nécessité de renforcer la coopération multilatérale afin de faciliter la médiation, le dialogue interculturel et la participation des jeunes et tous deux se sont engagés à développer dans ce but le partenariat entre l’UNESCO et l’Alliance des civilisations.

L’appel à un nouvel humanisme a été un sujet récurrent du débat. À ce sujet, Homi K. Bhabha a souligné l’importance cruciale des lettres dans toute éducation, ce qui est également conforme aux priorités de la nouvelle initiative mondiale du Secrétaire général de l’ONU « L’éducation avant tout ». Il a également souligné que la mondialisation fournit certes de nombreux outils, mais que nous ne devons pas négliger le contenu de ces outils. Or, l’enseignement des lettres joue un rôle central à cet égard, car il aide à développer chez les jeunes une pensée critique.

Le Panel de haut niveau est un forum créé par la Directrice générale en 2010, à l’occasion de l’Année internationale du rapprochement des cultures. Sa mission est d’accompagner l’action de l’UNESCO en apportant une diversité de points de vue représentatifs de différentes régions du monde et d’un large éventail de parties prenantes.




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