05.07.2011 - UNESCOPRESS

« Migration et changement climatique » Une publication de l’UNESCO sur l’un des plus importants défis actuels

©UNESCO - Migration et changement climatique (couverture)

Le changement climatique alimente de plus en plus les migrations. Pour autant, les scénarios catastrophistes prévoyant un raz de marée de « réfugiés environnementaux » sont infondés et contreproductifs. C’est ce que conclut la première synthèse faisant autorité sur les relations entre changement climatique et migration, publiée par l’UNESCO et Cambridge University Press.

« Migration et changement climatique »  (« Migration and climate change », disponible en anglais uniquement) rassemble les points de vue de 26 experts majeurs dans des disciplines telles que la démographie, la climatologie, l’économie, la géographie, l’anthropologie et le droit. Ils présentent des études de cas au Bangladesh, au Brésil, au Népal et dans les îles du Pacifique en passant au crible des données souvent alarmantes et en tordant le cou aux mythes associés à l’un des aspects les plus controversé et les plus méconnu du changement climatique.

« Cette nouvelle publication est une contribution essentielle à l’un des débats majeurs de notre époque », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, qui a pris la direction le 1er juillet du Groupe mondial sur la migration*. « Nous avons tous lu des titres saisissants sur les dizaines de millions de personnes poussées à migrer par le changement climatique. Ce livre examine la validité de telles affirmations et pointe les véritables  enjeux – notamment ceux qui concerne les droits de l’homme. Il fournit également des conseils pour les responsables politiques et les décideurs aux niveaux local, national et international ».

La publication souligne que s’il joue un rôle de plus en plus important, le changement climatique n’est que l’un des facteurs poussant les personnes à quitter leur foyer et parfois leur pays. L’absence de prise en compte de cette causalité multiple a faussé et polarisé le débat public sur la question, devenue « très fortement politisée ».

« Les prophéties catastrophistes des écologistes ont peut-être fait plus pour stigmatiser les réfugiés et les migrants et pour justifier les mesures répressives à leur égard que pour augmenter la sensibilisation sur les questions environnementales », écrit Stephen Castles, Directeur associé de l’Institut des migrations internationales à l’Université d’Oxford, en conclusion du livre.

Les auteurs reconnaissent toutefois que les cyclones tropicaux, les pluies diluviennes et les inondations, la sécheresse et la désertification, et la montée du  niveau de la mer influencent de plus en plus les migrations. Ils soulignent la nécessité de conduire davantage de recherche, mais pointent aussi la nécessité d’actions à tous les niveaux.

L’absence de progrès dans les négociations internationales signifie « qu’il sera trop tard pour mettre en œuvre des stratégies visant à prévenir ou même ralentir les changements imminents » et que les gros pollueurs « doivent travailler ensemble à l’échelle de la planète pour fournir un soutien financier, scientifique et logistique pour élaborer des stratégies d’adaptation ». Ils suggèrent plusieurs pistes comme la diversification des activités économiques ; des changements dans l’attitude des gouvernements concernant la migration vers les villes et la migration transfrontière  en abandonnant les restrictions et la criminalisation et en aidant les personnes à se déplacer dans des conditions correctes de sécurité et de dignité, et appellent de leurs vœux un « nouvel effort commun pour comprendre les vrais défis et trouver des solutions ».

*Créé par les Nations Unies en 2006, le Groupe Mondial sur la Migration (GMG) est un groupe inter-agence qui regroupe 16 organismes intergouvernementaux impliquées dans .




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