LES NOUVELLES D'AICHI-NAGOYA - PERSPECTIVES DE LA JEUNESSE

Séance d’ouverture

© Youth reporter
From left to right: Irina Bokova, Director-General of UNESCO, the Crown Prince of Japan and HRH Princess Lalla Hasnaa, President of Mohammed VI Foundation open the conference by addressing past achievements and future challenges

par Emily Grabo

La Directrice générale de l’UNESCO et Son Altesse impériale le Prince héritier du Japon ont ouvert la conférence en invoquant l’esprit d’action et de progrès alors que s’achève la Décennie des Nations Unies pour l’EDD et que la communauté mondiale de l’éducation prépare les prochaines étapes. La cérémonie d’ouverture a commencé par une interprétation par l’artiste de kyogen traditionnel japonais Mansai Nomura, de la danse divine Sambasa qui rend hommage à la nature. Ce souci et ce respect partagés pour la nature et l’environnement se sont reflétés dans les discours d’ouverture des principaux orateurs.

« La construction des bases d’une paix et d’un développement durables naît dans l’esprit des femmes et des hommes, et cela commence par l’éducation », a déclaré Irina Bokova, la Directrice générale de l’UNESCO. Cela signifie également que les individus doivent explorer de nouvelles façons de voir, de produire et de consommer, ce qui exige en parallèle d’adopter de nouveaux modes de pensée afin de définir de nouvelles connaissances, valeurs et compétences. Tout cela est nécessaire dans la mesure où de nouveaux défis apparaissent régulièrement partout dans le monde – le coût croissant des catastrophes naturelles. Son Altesse impériale le Prince héritier du Japon est persuadé que l’éducation est la solution à ces problèmes. Il croit avec raison que l’approche d’EDD a pris racine au cours des dix dernières années : plus de 14 millions d’élèves et 1,2 millions d’enseignants dans 58 pays se sont engagés dans un apprentissage axé sur l’action en faveur du développement durable.

Hier – aujourd’hui – demain. Une décennie d’apprentissage en faveur de la durabilité s’achève. Les participants dressent le bilan d’une aventure de dix ans d’éducation en vue du développement durable. L’éducation à la durabilité consiste à intégrer les questions de développement durable dans l’enseignement et l’apprentissage, ce qui exige en fin de compte de rapprocher les questions environnementales des préoccupations culturelles, économiques et sociales partout dans le monde.

La Princesse Lalla Hasnaa du Maroc, présidente de la Fondation Mohammed VI et Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE (par le biais d’un message vidéo), ont fourni des exemples concrets de ces mesures et donné vie à ces chiffres. Par ailleurs, Hakubun Shimomura, Ministre de l’éducation, de la culture, des sports, des sciences et de la technologie du Japon, a déjà anticipé l’avenir. Il souhaite promouvoir l’EDD au sein de la communauté internationale par le biais d’un nouveau prix UNESCO-Japon pour l’EDD.

La conférence a démarré dans cet esprit de collaboration visant à créer des sociétés et des économies durables. Au cours des trois prochains jours, elle célèbrera les dix dernières années de l’éducation en vue du développement durable et définira la voie à suivre.

 

Deuxième séance : Célébrer la Décennie des Nations Unies pour l’EDD

©Ryohei Masukawa
Panel debate on achievements and challenges of the DESD, with (from left to right): Stephen Cole, Moderator, Angelina Motshekga, Minister of Basic Education, South Africa, Irina Bokova, Director-General of UNESCO, Susan Hopgood, President, Education International, Tariq Al Olaimy, 3BL Associates, Bahrain

Par Martins Mozga

Un individu peut faire beaucoup de choses en 10 ans, mais on peut faire encore plus en travaillant ensemble. La deuxième séance de la Conférence mondiale sur l’EDD a célébré les réalisations de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation au service du développement durable.

Le rapport final de la Décennie résume les réalisations majeures depuis son lancement en 2005. L’éducation en vue du développement durable a été soutenue par les écoles, les universités et leurs communautés environnantes. En outre, des collectivités locales dans le monde entier apportent leur soutien aux initiatives d’EDD. Leur objectif consiste à construire non seulement une économie verte, mais aussi une société verte. L’EDD est reconnue pratiquement partout dans le monde, ce qui constitue en soi une immense réussite. Toutefois, l’ambiance qui domine à la Conférence indique qu’il s’agit seulement du début. Tout ce qui a été fait ces dix dernières années sera la base sur laquelle reposeront les activités futures.

L’EDD a lancé un nouveau concept de citoyenneté mondiale. L’environnement est une question qui nous concerne tous, et il n’existe pas de meilleur endroit que les écoles pour enseigner ce mode de pensée. Cependant, l’éducation sans action n’est pas vraiment utile. L’éducation et l’action devraient être indissociables : ce n’est que dans ces conditions qu’un véritable changement s’opérera. Lors du débat qui s’est tenu pendant la séance, Susan Hopgood, présidente de l’Internationale de l’éducation, a déclaré : « Ce message est facile à faire passer, car les jeunes le comprennent instinctivement. » Cela signifie que vous devez nous présenter une nouvelle idée et que nous, les jeunes, saurons ce que nous devrons en faire.

Troisième séance : Regarder au-delà de la Décennie des Nations Unies pour l’EDD

©Becca Willi
Jacob T. Kaimenyi, Cabinet Secretary, Ministry of Education, Science and Technology, Kenya speaking at the UNESCO World Conference on ESD in Aichi-Nagoya, November 2014

par Becca Williams

En 2004, l’Organisation des Nations Unies a lancé une initiative internationale de dix ans appelée Décennie des Nations Unies pour l’éducation au service du développement durable (DEDD), avec pour objectif de « former des citoyens capables d’affronter les défis du présent et du futur, et des décideurs opérant des choix pertinents pour un monde viable ». Aujourd’hui, à la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’EDD, des participants du monde entier se réunissent pour marquer la fin de cette décennie d’action, passer en revue ces dix dernières années de travail et célébrer leurs réussites. 

Mais on ne peut pas s’éterniser sur le passé. Qu’adviendra-t-il de l’initiative des Nations Unies en 2015 et au-delà ? Un panel de ministres de différents États membres se sont posé cette question à la Conférence sur l’EDD, en relation avec les plans élaborés par leurs pays respectifs pour l’avenir de l’éducation en vue du développement durable.


Madiha Ahmed Al-Shaibani, Ministre de l’éducation d’Oman, a décrit le programme de son pays pour l’éducation en vue du développement durable comme une initiative de vingt ans visant à « intégrer l’EDD à tous les niveaux de l’enseignement…dans chaque secteur de la société ». La Ministre a souligné la démarche de son pays visant à adopter les principes de base acquis durant la dernière Décennie en tant que plan de travail pour les années à venir.  

Jacob T. Kaimenyi, Secrétaire de cabinet du Ministère de l’éducation, des sciences et de la technologie du Kenya, a critiqué la « nécessité » collective des pays de « prêter une attention particulière à ce qui est mis en œuvre partout dans le monde ». Selon lui, le changement doit plutôt avoir lieu tout d’abord au niveau local avant de pouvoir atteindre un public mondial. Le Secrétaire de Cabinet a évoqué le programme Initiative Écoles vertes qui transforme les écoles en « acteurs du changement » au sein des communautés.

Le Ministre de l’éducation du Bangladesh, Nurul Islam Nahid, a fait l’éloge des intentions du programme de la DEDD et des effets positifs que cette dernière a eus sur l’avenir de son pays. Le Ministre a présenté quelques-unes des stratégies nationales actuelles et post-DEDD du Bangladesh en matière de développement durable, parmi lesquelles la distribution gratuite de manuels scolaires dans les classes du premier au dixième niveau et l’intégration des questions sociales et environnementales dans les programmes scolaires. Nahid a conclu en déclarant que « l’EDD permet à chaque humain d’acquérir les connaissances, les compétences et les valeurs essentielles pour un avenir durable…[et] devrait être intégrée dans tous les programmes scolaires ».

Au Samoa, comme l’a indiqué Magele Mauiliu, le Ministre de l’éducation, des sports et de la culture, des efforts sont déployés en faveur du développement durable par le biais de l’éducation, dans le but de rendre l’éducation de qualité accessible à tous, « en mettant l’accent sur les plus vulnérables…afin de s’assurer que l’éducation contribue au renforcement de la paix ». Le Ministre a souligné que « les objectifs nationaux économiques, sociaux et environnementaux [du Samoa] ne peuvent être atteints qu’en offrant une éducation de qualité à tous nos citoyens ».

Enfin, Cornelia Quennet-Thielen, Vice-ministre de l’éducation d’Allemagne, a souligné la durabilité en tant que « compréhension holistique de l’humanité, de l’environnement et de tous leurs besoins ». En réfléchissant de manière critique sur les objectifs pour l’avenir de son pays, elle s’est posé la question suivante : « comment pouvons-nous ancrer fermement ce principe dans notre vie quotidienne ? ». Pour Mme Quennet-Thielen, la réponse reste claire : « grâce à l’éducation ». La Ministre a cité quelques-uns des efforts déployés par l’Allemagne en faveur d’un avenir durable, parmi lesquels la participation de la société civile et la « coopération entre les enseignants et les chercheurs ».

Chacun des programmes post-DEDD présentés par les ministres ci-dessus sont des initiatives uniques et spécifiques, qui sont pourtant toutes dirigées vers le même objectif : la création d’un avenir durable grâce à l’éducation. Le défi pour tous est le manque d’équilibre entre la participation à l’échelle locale et mondiale. Cornelia Quennet-Thielen a souligné ce point dans son discours en disant qu’il faut « penser au niveau local, agir au niveau mondial. Les changements naissent dans l’esprit des hommes ».

« Nous devons travailler ensemble dans le même bateau. Si ce bateau coule, nous coulons tous », a conclu M. Kaimenyi, le Secrétaire de Cabinet du Kenya.

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