18.05.2013 - ODG

« L’Afghanistan doit prendre son avenir en main », déclare le Président Hamid Karzaï

© All Rights Reserved -The Director-General meets with President Hamid Karzai in Kabul on 18 May 2013.

À l’occasion de sa visite officielle en République islamique d’Afghanistan, Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a rencontré le Président Hamid Karzaï le 18 mai 2013 au Palais présidentiel à Kaboul.

Le Président a remercié la Directrice générale pour la contribution qu’apporte l’UNESCO à l’Afghanistan, notamment dans les domaines de l’éducation et de la culture. « Je vous félicite d’avoir pris la tête de la lutte pour l’éducation des filles. À travers votre initiative en faveur de Malala, j’espère que vous continuerez de défendre l’éducation des filles d’Afghanistan et du Pakistan » – une tâche des plus difficiles, a-t-il estimé.

Affirmant que l’égalité des genres est le principal enjeu du XXIsiècle, la Directrice générale a félicité le Président Karzaï pour les progrès considérables accomplis dans le renforcement de l’alphabétisation et de l’éducation des filles et lui a assuré que l'UNESCO continuerait de soutenir son pays et de coopérer avec lui jusqu’aux élections d’avril 2014 et au-delà. « Dispenser une éducation aux filles et aux femmes ne va pas à l’encontre des croyances religieuses mais augmente leurs chances de contribuer au développement de leur société, de s’en sentir partie intégrante et de rendre service à leur famille ».

Le Président Karzaï a salué les progrès réalisés en matière d’éducation et d’alphabétisation dans le pays mais a souligné qu’ils ne représentaient toujours qu’« une goutte d’eau dans l’océan », puisque l’immense majorité des filles sont peu instruites et « restent confinées derrière les murs de leur maison ».

« L’éducation est la seule voie d’avenir possible, il n’y a pas de raccourci ; si nous la dispensons comme il convient, à terme nous en récolterons les fruits ».

Le Président Karzaï a poursuivi en rappelant que l’Afghanistan avait été le premier à favoriser les droits des femmes dans le monde musulman, évoquant la première Reine d’Afghanistan, la Princesse Soraya, qui avait coutume d’apparaître non voilée en 1920. Le conservatisme s’est imposé en résistance à l’influence occidentale.

La Directrice générale a relaté de l’inquiétude exprimée plus tôt par des parlementaires féminines et l’Association des femmes journalistes quant à d’éventuels revers pour les femmes à l’issue des élections de 2014 et a insisté sur le fait qu’il fallait donner aux femmes confiance en elles-mêmes en tant que membres à part entière de leur communauté et de leur société. Elle a en outre souligné combien il était difficile de changer les mentalités et les traditions.

Passant à la richesse du patrimoine culturel afghan, Mme Bokova a fait observer que « l’Afghanistan abrite un Eldorado de ressources archéologiques » et a exhorté le Président Karzaï à préserver ce patrimoine culturel millénaire de la destruction au nom de la modernisation du pays. « Les pays du monde s’efforcent de concilier modernité et préservation des biens appartenant à leur patrimoine culturel ».

« Le patrimoine culturel de l’Afghanistan constituera l’atout économique et social de votre pays dans le futur ; il insufflera confiance et fierté au peuple afghan », a déclaré Mme Bokova.

Le Président Karzaï s’est vivement réjoui de la visite prévue de la Directrice générale sur le site du patrimoine mondial de Bamiyan le lendemain, rappelant la « magnificence de ce site emblématique, toujours très habité par les deux bouddhas géants malgré leur destruction par le régime des Taliban en 2001 ».

« Trois religions cohabitent dans notre pays : grecque, bouddhiste et islamique. Nous sommes au carrefour de plusieurs civilisations. Ce pays aura – lorsque la paix sera revenue – beaucoup à offrir à la culture mondiale grâce à l’étude des civilisations anciennes ».

« L’Afghanistan a payé un lourd tribut au long conflit interne qui l’a secoué ces trente dernières années, provoquant la disparition de larges pans de son patrimoine culturel. Nous voulons redonner de la visibilité à ce pays grâce à sa culture, en recouvrant la fierté que nous ressentions à l’égard de notre passé et de notre culture ». Il a en outre insisté sur la nécessité de rééduquer le peuple afghan afin qu’il apprécie davantage sa culture et a déploré l’ampleur de la diaspora afghane et l’image négative que certains médias étrangers donnent du pays en diffusant des images de guerre au lieu de montrer « les œuvres positives de l’histoire de l’Afghanistan. Les médias ne donnent pas à voir la culture et l’histoire de l’Afghanistan mais ce que l’Afghanistan n’est pas. Ils font passer nos souffrances pour notre culture ». Dans ce contexte, le Président Karzaï a invité la Directrice générale à revenir dans son pays à l’occasion des célébrations de Norouz (avènement de la nouvelle année) en Afghanistan, en 2014.

« L’Afghanistan ne veut pas être un fardeau pour la communauté internationale, il doit prendre son avenir en main et commencer à se prendre en charge seul », a conclu le Président Karzaï, faisant référence à la période post-électorale.




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