16.10.2012 - UNESCOPRESS

Le nouveau rapport de l’UNESCO exhorte à considérer les compétences professionnelles des jeunes comme un devoir

Les compétences des jeunes n'ont jamais été aussi vitales. Un jeune sur huit dans le monde, âgé de 15 à 24 ans recherche un emploi. Les populations de jeunes sont nombreuses et en expansion, en particulier dans les zones urbaines des pays à faible revenu. Avec 25% de jeunes dans le monde ne gagnant pas plus de 1,25 dollar par jour, les jeunes non qualifiés sont enfermés dans le piège de la pauvreté à vie. Lancé le 16 Octobre 2012, le 10ème Rapport Mondial de suivi sur l’éducation pour tous de l’UNESCO, «Mettre l'éducation au travail», ne pouvait pas mieux tomber. Il examine en profondeur les compétences des jeunes, l'un des objectifs du millénaire fixés en 2000 lemoins analysés du programme «Education pour tous».

Alors que la crise économique continue de comprimer  les budgets et d’ augmenter les chiffres du chômage dans le monde , le rapport révèle l’ urgente nécessité d'investir dans les compétences des jeunes de 15 à 24 ans. Il prévoit des mesures dont  les gouvernements, les donateurs et le secteur privé doivent se saisir  pour remédier au  grave manque de compétences, en particulier chez  les jeunes les plus défavorisés. «Certains gouvernements créent des emplois, mais négligent de s'assurer que tous les jeunes acquièrent les compétences les plus élémentaires», a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO. «Beaucoup de jeunes, et les jeunes femmes en particulier, ont besoin que des voies alternatives pour  l’éducation leur soient offertes." Les pays qui investissent dans les compétences des jeunes  jugent que c’est un bon investissement. Le rapport estime que chaquedollar investi pour l'éducation d'une personne génère  10 à   15 dollars  à la croissance économique au cours de la vie active de cette personne.

Le rapport brosse un tableau sombre du déficit de compétences. Compléter l’éducation du premier  cycle de l'enseignement secondaire est aujourd'hui un minimum pour les jeunes afin d’acquérir les compétences de base dont ils ont besoin pour trouver un emploi décent. Pourtant, à l’échelle mondiale, il y a 250 millions d'enfants d’ âge primaire qui aujourd'hui ne savent ni lire ni écrire, qu'ils soient scolarisés ou non, et 71 millions d'adolescents ne sont pas scolarisés dans le secondaire, passant ainsi à côté de compétences essentielles pour un futur emploi. Dans les pays en développement, environ 200 millions de jeunes ont besoin d'une seconde chance pour acquérir les connaissances en alphabétisme et en calcul, qui sont essentielles pour accéder aux  compétences requise par le marché du  travail. Les jeunes qui vivent dans les zones rurales ont besoin de nouveaux mécanismes d'adaptation pour faire face au changement climatique ainsi qu’à la diminution de la taille des exploitations agricoles, et doivent rechercher des possibilités de travail loin de la ferme. Dans ce tableau, les femmes et les pauvres sont confrontés  à des difficultés particulières.

La situation est tout aussi ardue  dans les pays développés, où 160 millions d'adultes ne possèdent pas les compétences nécessaires pour postuler à un emploi ou lire un journal. Les populations  socialement  désavantagées, y compris les pauvres, les migrants et les minorités ethniques, sont particulièrement touchées. Même les jeunes qui sont encore scolarisés à l'âge de 15 ans peuvent avoir des capacités de lecture très faibles qui peuvent persister à l'âge adulte. Citant des enquêtes menées par l'OCDE, le rapport conclut que «la proportion de écoliers  n’ayant  pas atteint  le niveau requis de   lecture qui leur permettrait  de participer de manière productive dans la vie, va  de moins de 10% en Finlande et en République de Corée,  à plus de 25% en Autriche, en Israël et au Luxembourg ". Dans toute la région de l'Amérique du Nord et en Europe occidentale, il y a plus d'un demi-million d'adolescents  en âge de fréquenter les premières classes du secondaire qui ne sont pas scolarisés. Ceux qui n'ont pas atteint le niveau, et qui n'ont pas eu un emploi stable avant l'âge de 25 ans, font face à la forte diminution de leur chance de profiter d’une stabilité financière au cours de leur vie.

Tout en se concentrant sur des programmes qui ont fait une différence dans le monde entier, le rapport mondial de  suivi sur l’EPT 2012 fait remarquer le besoin urgent d'augmenter le financement. Il calcule que, en plus des 16 milliards de dollars nécessaires chaque année pour atteindre l'éducation primaire universelle d'ici  2015, le premier cycle de l’enseignement secondaire universel coûterait 8 milliards de dollars. «Les gouvernements et les donateurs doivent trouver l'argent et  l'énergie nécessaires pour aider les jeunes les plus démunis à acquérir les compétences dont ils ont désespérément besoin, ainsi que l’économie de leur pays», a déclaré Pauline Rose, directectrice  du rapport. «Le secteur privé est le premier bénéficiaire  d'une main-d'œuvre qualifiée et doit également renforcer son soutien financier." Alors que le secteur privé contribue actuellement à l'équivalent de 5% du total de l'aide publique à l'éducation, les contributions privées  répondent  souvent plus étroitement aux  priorités de l'entreprise  qu’aux priorités des gouvernements. Des fonds très importants vont à l'enseignement supérieur, par exemple, bien que seule une minorité d'enfants arrivent à ce stade et la plupart d’entre eux n’ont pas les compétences de base. La plupart du soutien au secteur des TICs  est orienté vers les économies émergentes - le Brésil, l'Inde et la Chine - plutôt que d’être attribué aux pays en développement qui ont besoin d’aide.

Ce nouveau rapport nous rappelle que l'éducation ne consiste pas  seulement à s'assurer que tous les enfants puissent aller à l'école. Il s'agit d’aider les jeunes à construire une carrière, en leur donnant l’opportunité de trouver un travail décent, de gagner leur vie, de contribuer à la vie de leurs communautés et leurs sociétés, et de réaliser leur potentiel. D’un point de vue plus large, il s'agit d'aider les pays à soutenir la main-d'œuvre dont ils ont besoin pour croître dans l'économie mondiale. Pauline Rose, directrice  du Rapport mondial de suivi sur l'EPT, met en garde :  "La frustration des jeunes ne fera que croître, si  rien n’est fait d'urgence."




<- retour vers Toutes les actualités
Retour en haut de la page