25.09.2012 -

Irina Bokova appelle à mieux protéger l’éducation dans les situations de conflit

© UNESCO -UNESCO Director-General Irina Bokova speaking at the UN General Assembly Side Event on Delivering Quality Education in Humanitarian and Conflict-affected Environments, New York, September 2012.

Le 24 septembre dernier, la Directrice générale a pris part à une réunion organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le thème « Assurer une éducation de qualité dans les situations de crise humanitaire ou de conflit ». À cette occasion, elle a lancé un pressant appel pour que l’éducation soit placée au cœur des efforts d’édification de la paix ainsi que pour une meilleure intégration des interventions d’urgence dans l’aide au développement à long terme. Cette réunion se tenait deux jours à peine avant le lancement de la nouvelle initiative mondiale du Secrétaire général de l’ONU, « L’éducation avant tout ».

« Il nous faut cibler quatre insuffisances systémiques », a déclaré Irina Bokova, « à savoir, les insuffisances de protection, de prestation, de reconstruction et de consolidation de la paix – et nous devons concentrer encore davantage nos efforts sur la situation des filles et des femmes ». Aujourd’hui dans le monde, sur les 28 millions d’enfants non scolarisés, 47 % vivent dans des pays touchés par un conflit. Ces pays sont ceux qui ont le moins de chances d’atteindre ne serait-ce qu’un seul des Objectifs du Millénaire pour le développement. La Directrice générale a rappelé que les investissements dans l’éducation représentaient moins de 2 % du financement de l’aide humanitaire mondiale.

À cet égard, la Directrice générale a appelé l’attention sur l’édition 2011 du Rapport mondial de suivi sur l'EPT de l’UNESCO, consacrée à cette « crise cachée ». Elle a également mis l’accent sur la nécessité d’une application effective de la résolution 1998 (2011) du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que sur les travaux de l’UNESCO concernant des directives opérationnelles en la matière. Elle a aussi fait valoir l’action pionnière de la Fondation du Qatar et de Son Altesse la Cheikha Mozah, qui ont tiré le signal d’alarme à ce sujet.

Cette manifestation parallèle était organisée à l’initiative de l’UNESCO, conjointement avec M. Gordon Brown, Envoyé spécial des Nations Unies pour l'éducation mondiale, l’UNICEF, l’organisation « Aide à l'enfance », les Gouvernements de la Norvège et du Danemark, et le Partenariat mondial pour l'éducation. Les participants ont insisté sur la nécessité de pouvoir compter sur des sources de financement prévisibles pour l’éducation dans les situations d’urgence.

« Si nous n’investissons pas dans l’éducation, nous ruinons tous les efforts déployés pour améliorer la santé, l’accès à l’eau, etc. Nous ne pouvons attendre : lorsqu’un conflit dure depuis 20 ans, comme en Somalie par exemple, il est impossible de reporter l’éducation d’une vingtaine d’années. Il n’est pas de plus grand défi, ni de cause plus noble, que la protection de l’éducation », a déclaré M. Gordon Brown, Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l'éducation mondiale.

« J’étais au Soudan du Sud, il y a quelques semaines, et la population sur place ne réclame pas d’abris ni de nourriture, bien qu’elle en ait besoin ; elle demande une éducation ».




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