14.05.2012 -

L’avenir de la terre dépend de la mer - 'Mainichi Newspaper' (Japon)

Publié le 14 mai 2012 dans "Mainichi Newspaper".

Le Japon est un « état maritime » 海洋国家 (Kaiyoh-Kokka), et les japonais savent que la croissance verte et le développement durable passent par la gestion responsable des ressources de l’océan et des zones côtières.

Ce n’est pas qu’un enjeu environnemental : c’est une priorité économique et sociale. Des millions d’emplois dans l’industrie, le tourisme, le transport, l’énergie, dépendent de la mer. Plus de 40 % de la population mondiale vit à moins de 100 km des côtes. 13 des 20 plus grandes villes du monde, Rio, Tokyo, Karachi ou Manille sont des villes côtières. Ces zones sont en première ligne du réchauffement climatique, de la montée des eaux et des tsunamis. Elles sont les premières à en subir les conséquences.

Il est vital de former les individus à la préservation des océans et des côtes. C’est le but du programme Sandwatch de l’UNESCO, lancé il y a 10 ans dans les Caraïbes pour la formation des jeunes, et devenu depuis une initiative mondiale.

L’enjeu dépasse l’échelle des individus. La protection des océans appelle une coopération juridique, scientifique et politique plus forte des nations. A peine plus d’1% des océans du globe fait l’objet d’une protection. L’absorption par les océans du surplus de dioxyde de carbone dégagé par le réchauffement climatique provoque une acidification qui menace les planctons et à travers eux toute la chaîne alimentaire. Sans parler des conséquences de la surpêche ou de la pollution. Aujourd’hui, des centaines de balises du système mondial d’observation des océans (GOOS), coordonné par I’UNESCO et largement soutenu par la JMA et la JAMSTEC, permettent de mesurer la température, la salinité de l’eau ou les risques de tsunamis.<a name="_GoBack"></a> Il faut aller plus loin. A Rio, l’UNESCO et ses partenaires feront des propositions fortes pour mieux coordonner l’action des organismes de protection des océans, soutenir la croissance verte des Petits Etats insulaires en développement, renforcer le suivi scientifique des océans et des zones côtières.

Je me souviens des mots d’un citoyen de Sendaï, me disant qu’on ne peut pas négocier avec la nature, mais qu’on peut agir pour vivre en harmonie avec elle. Lorsque j’arriverai à Rio pour le sommet du développement durable, je sais qu’en voyant les immeubles de la côte je repenserai à ces mots, avec la conviction que l’avenir de la terre se joue dans la mer.

 

Irina Bokova




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