21.05.2012 -

L’eau, carburant du développement durable- 'Mainichi Newspaper' (Japon)

Publié le 21 mai 2012 dans "Mainichi Newspaper".

En Août 2010, en survolant les terres inondées du Pakistan, j’ai pu voir l’ampleur des ravages causés par l’eau et l’ironie terrible d’un pays à la fois inondé et privé d’eau potable. Cette image reste à jamais gravée dans ma mémoire.

Notre vie dépend de l’eau. Il faut de l’eau pour produire de l’énergie, il faut de l’eau pour nourrir la planète. L’eau est le dénominateur commun de tous les défis mondiaux : l’énergie, l’alimentation, la santé, la paix. Elle est une clé pour les relever tous, de façon durable. En 2010 les Nations Unies ont reconnu le droit à l’eau comme un droit humain fondamental. En 2012 Rio+20 est l’occasion de mettre l’eau stratégies de développement et de croissance verte.

La science et la technologie jouent un rôle déterminant pour mieux protéger, mieux partager les ressources et mieux prévenir les risques liés à l’eau. Au Pakistan par exemple, le Centre international sur les risques liés à l'eau, créé sous les auspices de l’UNESCO, et la JAXA (Japan Aerospace Exploration Agency), ont conçu un système de prévention des risques utilisant les données provenant de satellites, appelé IFAS (Système intégré de l'analyse des crues). Partout dans le monde, l’UNESCO se mobilise pour intensifier la coopération scientifique, renforcer les capacités nationales, à travers le Programme hydrologique international ou le rapport mondial sur l’eau. Le centre de l’UNESCO pour l’éducation de l’eau, à Delft, a déjà formé plus de 15 000 experts dans 160 pays. Les cycles de l’eau dépassent les frontières. Un immense travail s’impose pour partager les ressources de façon concertée. Les Nations Unies peuvent accélérer ce mouvement, mais la responsabilité ultime repose sur les Etats et leurs citoyens.

Nous vivons une révolution sans précédent. En 50 ans, les prélèvements mondiaux d’eau souterraine ont triplé. 80% des eaux usées dans le monde ne sont ni collectées, ni traitées. 2,5 milliards s’exposent chaque jour à la première cause de mortalité : l’eau insalubre. Ces phénomènes aggravent les disparités dans l’accès à l’eau et les conflits potentiels qui y sont liés. Sans action politique forte et concertée pour y faire face, il n’y aura pas de croissance durable car en économie comme en peinture, il faut toujours du bleu pour obtenir du vert.

                                                                                          Irina Bokova




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