24.05.2013 -

Les jeunes Africains interpellent leurs dirigeants à l’occasion du 50e anniversaire de l’Union africaine

©UNESCO/Petra Sedinova -Director-General addressing Youth Forum on the occasion of the 50th anniversary of the OAU in Addis Ababa on 24 May.

Dans cette même salle circulaire où fut fondée, il y a 50 ans, l’Organisation de l'unité africaine à Addis-Abeba, les jeunes d’Afrique rivalisaient pour prendre la parole le 24 mai, afin de demander emplois, innovation, paix et sécurité, respect des droits de l’homme et participation à la prise de décision.

« Comment lutter contre la corruption ? » ; « Comment guider les jeunes ? » ; « Comment faire progresser les droits des filles pour qu’un jour elles puissent devenir des leaders ? » ; « Que faites-vous pour combattre la pauvreté ? » ; « Qu’est-ce qui est entrepris pour rompre le cycle des conflits ? » « Comment inciter les Africains à rester en Afrique ? » ; « Comment garantir la paix et la sécurité en Afrique ? » Des enfants et des jeunes de dix ans et plus étaient venus de tout le continent pour faire entendre leurs préoccupations et leurs aspirations.

Le dialogue intergénérationnel a offert aux jeunes venus de tout le continent une occasion de s’adresser aux dirigeants et hauts responsables, parmi lesquels le Premier Ministre éthiopien, la Présidente du Libéria, les Présidents du Sénégal et du Kenya, ainsi que M. Kenneth Kaunda, qui fut le premier Président de la Zambie, et M. Sam Nujoma, qui fut le premier Président de la Namibie. La Directrice générale était la seule responsable d’une institution des Nations Unies présente à cette manifestation.

« Les jeunes se battent pour imprimer leur marque et faire entendre leur voix dans toutes les sphères d’influence », a déclaré M. Carlos Lopes, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique. « L’Afrique possède la plus forte population de jeunes au monde. D’ici à 2015, plus d’un quart de la population active mondiale sera africaine. L’énergie des jeunes Africains et leur insatisfaction de leur condition présente doivent être canalisées par des politiques adaptées. Il nous faut un nouveau pacte social intergénérationnel. Le défi qui se pose à nous est de savoir comment employer le potentiel des jeunes Africains pour bâtir la paix et la prospérité sur ce continent. »

Ce potentiel a été réaffirmé par Mme Zuma, Présidente de la Commission de l'Union africaine, qui a spécialement mis l’accent sur la science et l’innovation.

« Nous devons œuvrer maintenant à libérer la créativité des jeunes. L’Afrique doit s’enrichir de compétences. Aucun continent ne peut être prospère s’il n’a pas l’innovation, s’il ne s’implique pas dans la science et la technologie. »

Mme Zuma a également rappelé que l’Organisation panafricaine des femmes fut fondée un an avant que l’Union africaine ne voie le jour. Elle a applaudi le projet de l’UNESCO et de l’UA de poursuivre leurs recherches conjointes sur cette initiative historique et de publier un livre sur ce sujet dans le courant de l’année.

Lors de la célébration de cet anniversaire, une attention particulière a été accordée à l'Histoire générale de l'Afrique de l’UNESCO, vaste entreprise lancée en 1964 pour répondre aux aspirations des États africains nouvellement indépendants à se décoloniser et se réapproprier leur histoire.

À ce jour, huit tomes ont été publiés en 13 langues, le neuvième étant en préparation.

« Vous devez être fiers d’être Africains et pour cela vous devez connaître votre histoire », a déclaré la Directrice générale, Irina Bokova, en ajoutant que l’Histoire de l’Afrique était en train d’être adaptée pour des manuels scolaires.

« Nous nous employons à préserver les traditions sur les 129 sites du patrimoine mondial que compte l’Afrique. Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, il est plus important que jamais de connaître votre histoire, d’en être fier, de respecter votre identité et celle des autres, si vous voulez aller de l’avant et édifier une culture de la paix. Pour cela, il faut une éducation de qualité pour tous, des enseignants qualifiés, de bonnes universités et des compétences qui vous permettent de devenir des citoyens du monde. L’UNESCO œuvre sur tous ces fronts pour accompagner les efforts des gouvernements dans l’ensemble de ce continent, qui est l’une de ses priorités globales. »

Les responsables politiques sont convenus que les jeunes devaient être davantage impliqués dans la prise de décision.

« Nous devons démystifier le leadership et devenir plus accessibles, écouter les voix qui se font entendre dans cette salle et interagir davantage au niveau de l’UA et au niveau national pour accueillir les nouvelles idées venues de l’assistance », a déclaré le Président du Kenya, M. Uhuru Kenyatta. « Nous devons créer des opportunités en Afrique à plus grande échelle, au lieu de nous limiter à nos frontières nationales. »

Le Président du Sénégal, M. Macky Sall, a souligné que l’enjeu du combat était de donner aux jeunes une éducation et des compétences adaptées, d’encourager un sentiment d’appartenance à une citoyenneté africaine, de permettre la libre circulation des personnes sur le continent et de combattre la corruption pour promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance.

Mme Zuma a exhorté les jeunes à participer activement à la vie politique. « L’Union africaine doit être dirigée non par ses gouvernements mais par ses citoyens. Vous devez prendre part à la vie politique de votre pays. C’est là que les politiques sont élaborées. Engagez-vous, impliquez-vous, changez ce que vous voulez changer dans vos pays et veillez à ce que les politiques soient mises en œuvre au niveau des États membres. »

Mme Sirleaf Johnson, Présidente du Libéria et lauréate du prix Nobel de la paix, a déclaré : « il y a 50 ans de cela, nos prédécesseurs ont lancé un mouvement pour l’unité du continent. Aujourd’hui, l’Afrique est un continent d’espoir, où une renaissance est à l’œuvre. L’Afrique est un continent d’opportunités – saisissez-les et faites-les prospérer ».

Tous les dirigeants présents ont rappelé l’urgence de créer des emplois, de développer les compétences et de développer des programmes en faveur de l’entreprenariat des jeunes pour parvenir à une croissance économique durable, inclusive et partagée.

La Directrice générale a également rencontré des Ministres d’État de l’éducation, de la culture, de l’eau et de l’énergie, de la science et la technologie et des communications pour étudier la coopération de l’UNESCO avec l’Éthiopie. Tous ces ministres ont souligné la nécessité d’un renforcement des capacités et d’un appui technique dans un grand nombre de domaines allant des statistiques de l’éducation, de la gestion des eaux et de la protection du patrimoine à la législation sur les médias et la modernisation technologique.




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