06.02.2013 - ODG

Message de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, pour la Journée internationale de tolérance zéro face aux mutilations génitales féminines

L’excision / mutilation génitale féminine est l’une des pires formes de violences physiques et psychologiques faites aux femmes. C’est une menace directe pour la santé et le plein épanouissement des individus. Entre 100 et 140 millions de filles et de femmes ont subi ces pratiques à travers le monde, et 3 millions de jeunes filles en sont encore victimes chaque année rien qu’en Afrique. Il y a urgence.

Le 20 décembre 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la toute première résolution pour l’élimination des mutilations génitales féminines (MGF). C’est une avancée historique, et une immense victoire pour le droit des femmes. C’est aussi le signal que l’excision / mutilation génitale féminines ne concerne pas une région ou une catégorie de personnes, mais constitue une violation inacceptable des droits humains universels, qui nous concerne tous. Les conséquences de l’excision / mutilation génitale féminine sont dévastatrices : douleurs, invalidité, souffrances psychologiques, complications lors de l’accouchement, et parfois même la mort. Elles affectent durablement l’épanouissement personnel des individus, la confiance et l’estime de soi, avec des répercutions sur l’ensemble d’une société.

Nous savons que l’excision / mutilation génitale féminine est profondément ancrée dans certaines coutumes ancestrales. A cet égard, la position de l’UNESCO est extrêmement claire : les traditions ou les habitudes culturelles ne peuvent en aucun cas servir de prétexte à la violation des droits humains fondamentaux. Ce principe est au cœur de la déclaration universelle sur la diversité culturelle de 2001 et il sert de fondement à notre action.

Nous savons aussi que les progrès passent par la sensibilisation de toute la société. Aucune loi ne pourra endiguer ce fléau tant que les communautés seront convaincues de la nécessité de poursuivre cette pratique sous la pression sociale. Il faut qu’un nombre significatif de familles décide collectivement d’abandonner la pratique en même temps pour qu’aucune fille ou famille ne soit désavantagée ou stigmatisée dans le processus. Toute solution durable est nécessairement collective, et suppose de donner aux communautés concernées les moyens de débattre de cette pratique, d’en comprendre les causes et d’en mesurer les conséquences. Il faut donc redoubler d’efforts en faveur de l’éducation des hommes et des femmes, des filles et des garçons, par des ateliers-débats, la diffusion de contenus pédagogiques, de photos et de films, dans les médias, à l’attention des communautés, des responsables religieux. L’UNESCO s’y engage, au sein de la plateforme d’action conjointe des Nations Unies pour l’abandon de l’excision/mutilation génitale féminine, et par le soutien aux programmes de recherche et de sensibilisation.

En ce jour, je veux saluer l’action de celles et ceux qui se mobilisent depuis des années pour l’abolition de cette pratique traditionnelle dangereuse. Le texte historique adopté le 20 décembre 2012 ouvre un formidable espoir. Il faut persévérer, car les progrès existent. Il y a seulement 10 ans, l’excision / mutilation génitale féminine était un sujet tabou. Il est aujourd’hui à l’agenda de l’Assemblée générale des Nations Unies. De nombreux pays ont déjà adopté des lois prohibant l’excision / mutilation génitale féminine, et pris des mesures pour en abolir la pratique. Dans de nombreuses régions, la pratique est en recul là où elle était généralisée. Par l’éducation, le partage des connaissances, la meilleure compréhension des cultures, nous pouvons accélérer le changement.




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