29.10.2012 -

Nouveau rapport : 66% de jeunes sénégalais de 15- 24 ans n'achèvent pas l'école primaire et se retrouvent sans qualification

Des jeunes á Pikine, un banlieue pauvre de Dakar. ©UNESCO/Anne Muller

Le Rapport mondial de suivi sur l'Éducation pour tous 2012, publié par l’UNESCO, révèle l'urgente nécessité d'investir dans le développement des compétences pour les jeunes. Aujourd’hui 66% des 15-24 ans au Sénégal n'achèvent pas l'école primaire et se retrouvent sans qualification.

Cela donne un total de 1,7 millions de personnes, dont 73% de femmes et 59% d’hommes.

Le rapport de l’UNESCO était lancé au Sénégal lors d’une table ronde ce matin (le 29 octobre 2012) à l’UNESCO-Dakar (BREDA) sous la haute présidence de S. Excellence Monsieur le Ministre de la Jeunesse, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi, M. Aly Koto Ndiaye.

Au niveau mondial, 200 millions de jeunes de 15 à 24 ans dans les pays en développement n'ont même pas achevé l'école primaire et ont besoin qu'on leur propose d'autres voies d'accès à la formation de base qui les conduira vers l'emploi et la prospérité. Pour l’Afrique subsaharienne, le chiffre est plus de 56 millions de jeunes.

Une jeune génération frustrée

« Nous sommes face à une jeune génération frustrée par l'inadéquation chronique entre les qualifications et l'emploi. La meilleure réponse à la récession économique et au chômage des jeunes consiste à apporter à ces derniers les compétences fondamentales et la formation dont ils ont besoin pour entrer avec confiance dans le monde du travail », a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO.

« Beaucoup de jeunes, et de jeunes femmes en particulier, ont besoin d'accéder à des filières de formation alternatives qui les dotent des compétences nécessaires pour gagner dignement leur vie et apporter leur contribution aux communautés et à la société ».

La situation au Sénégal

Le Rapport de l’UNESCO révèle qu’au Sénégal 78,51% des jeunes âgés de 15 à 19 ans ont abandonné l’école avant de terminer le premier cycle de l'enseignement secondaire. 45% de cette tranche d’âge n’ont aucune éducation.

Les plus pauvres en milieu rural sont les plus mal lotis: 94% des plus pauvres ruraux de 15-24 ans n'ont pas achevé le premier cycle de l'enseignement secondaire, contre 79% des plus pauvres en milieu urbain, et 59% des plus riches en milieu urbain.

Les femmes sont les plus mal loties de tous. Au Sénégal, 94% des femmes dans les zones rurales de 15-24 ans n'ont pas achevé le premier cycle de l'enseignement secondaire. Pour les hommes, le chiffre est de 87%.

Sur une note plus positive, le Rapport note que le Sénégal a augmenté les dépenses de l’éducation du 3.2% à 5.7% du PNB ce qui a permis une croissance impressionnante de la scolarisation dans l’enseignement primaire et l’élimination de l’écart entre les sexes.

Recommandations

Pour sortir de cette impasse et favoriser le développement des compétences des jeunes, le Rapport formule une série de recommandations :

  1. Offrir des filières alternatives d'acquisition des compétences de base et fondamentales aux 200 millions de jeunes qui en sont dépourvus.
  2. Faire bénéficier à tous les jeunes d'une formation de qualité aux compétences fondamentales pertinentes dans l'enseignement secondaire.
  3. Le deuxième cycle de l'enseignement secondaire devrait assurer un équilibre entre les compétences professionnelles et techniques, et des compétences transférables comme la confiance et la capacité à communiquer, indispensables sur le lieu de travail.
  4. Les stratégies de formation devraient viser les désavantagés, notamment les jeunes femmes et les pauvres des zones urbaines et rurales.
  5. Mobiliser 8 milliards de dollars pour permettre à tous les jeunes de fréquenter le premier cycle de l'enseignement secondaire. Les gouvernements, ainsi que les donateurs et le secteur privé, doivent participer à cet effort de financement.

Lancement du Rapport à Dakar

Le lancement du Rapport au Sénégal a réunis plus que 50 acteurs impliqués dans la problématique de l’emploi des jeunes ainsi que des jeunes en formation pour discuter sur les possibilités d’améliorer et de réorganiser le dispositif de formation en rénovant son mode de gestion.




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