21.05.2014 - ODG

« Le voir. Le dire. L’arrêter »

© UNESCO -Au premier plan, la Note d’orientation sur les attaques contre les écoles et les hôpitaux, puis, de gauche à droite, lors du lancement de la note au Siège des Nations Unies le 21 mai 2014, les panelistes Heiko Thoms, Représentant permanent adjoint de l’Allemagne ; Sylvie Lucas, Ambassadrice du Luxembourg ; Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés ; Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO ; Yoka Brandt, Directrice générale adjointe de l’UNICEF et Zama Coursen-Neff, membre de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation.

Irina Bokova présente le document intitulé Guidance Note on Attacks against Schools and Hospitals (Note d’orientation sur les attaques contre les écoles et les hôpitaux), de concert avec la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui.

Le 21 mai, la Directrice générale a participé au lancement de la Guidance Note on Attacks against Schools and Hospitals, à New York, pour mettre fin aux attaques contre l’éducation et les soins de santé.

La manifestation était organisée par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, et a réuni d’importants orateurs, notamment l’Ambassadrice Sylvie Lucas, Représentante permanente du Luxembourg auprès de l’Organisation des Nations Unies, l’Ambassadeur Heiko Thoms, Représentant permanent adjoint de l’Allemagne auprès de l’Organisation des Nations Unies ainsi que la Directrice générale adjointe de l’UNICEF,  Yoka Brandt et la Présidente de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation, Zama Coursen-Neff. Mme Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS, a envoyé un message vidéo et Mme Susan Wardak, du Ministère de l’éducation afghan s’est jointe à la réunion par vidéoconférence.

La note d’orientation s’inspire de la résolution 1998 (2011) du Conseil de sécurité de l’ONU qui a chargé les Nations Unies d’identifier et de recenser les groupes armés et les groupes qui attaquent les écoles ou les hôpitaux, ou des personnes protégées liées aux écoles et/ou aux hôpitaux, dans les annexes du Rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés.

Dans son allocution d’ouverture, Leila Zerrougui a déclaré « Nous l’avons vu, nous savons ce dont il s’agit et nous devons maintenant l’arrêter. Nous ne pouvons pas perdre toute une génération ».

Irina Bokova a affirmé « Ce sujet est au cœur de tous les efforts des Nations Unies pour édifier une paix et une sécurité durables ».

L’Ambassadeur Heiko Thoms a salué la Note d’orientation comme une « étape vers la concrétisation de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU », comblant une lacune dans la protection. L’Ambassadeur Lucas a passé en revue les cas, de plus en plus nombreux et de nature variée, de menaces de ce type à l’égard des enfants et a fait observer que « l’éducation est un pare-feu contre l’ignorance et l’intolérance ».

Depuis l’Afghanistan, Mme Wardak  a évoqué les défis concernant les enfants, les enseignants et les écoles auxquels son pays est confronté après des décennies de conflit, en mettant en lumière les politiques du gouvernement pour y faire face.

« Cette crise est d’ores et déjà une crise des droits de la personne humaine, c’est une crise de la sécurité et c’est une catastrophe à long terme en matière de développement », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO.

« L’abominable enlèvement de plus de 230 jeunes filles au Nigéria par des groupes extrémistes nous a tous mobilisés. Plus de la moitié des enfants non scolarisés à ce jour vivent dans des pays touchés par des conflits ou fragiles, ce qui représente 28 millions de filles et de garçons. »

La Directrice générale a mentionné le Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2011 qui a appelé cela une « crise cachée ».

D’après ce rapport, on estime à deux millions le nombre d’enfants tués dans des conflits entre 1998 et 2008. Six millions ont été mutilés et environ 300 000 ont été exploités comme soldats. Le nombre d’attaques contre les écoles augmente.

« L’aide à l’éducation disparaît entre l’aide humanitaire et l’aide au développement. C’est pourquoi la résolution 1998 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, pour l’adoption de laquelle nous avons vigoureusement plaidé, et j’aimerais remercier l’Allemagne de son leadership à cet égard, est si importante. C’est également pourquoi cette Note d’orientation pratique est indispensable », a indiqué la Directrice générale. « Ces textes contribuent à garantir que la crise n’est plus cachée. »

Irina Bokova a indiqué de manière détaillée comment, pour répondre à cette crise, l’UNESCO s’emploie, dans le monde entier, à protéger le droit à l’éducation en toutes circonstances.

Cela consiste notamment à agir en promouvant l’éducation pour la paix et les droits de l’homme dans les systèmes éducatifs nationaux, la formation pédagogique et les programmes d’enseignement, en renforçant les capacités des professionnels de l’éducation, de concert avec l’Institut international de l’UNESCO pour la planification de l’éducation et en assurant le suivi de la mise en œuvre des instruments normatifs pertinents par les États membres. Cette année, par exemple, l’UNESCO effectue des tests pilotes de ses directives sur l’examen de la législation et des politiques relatives à l’éducation (Right to Education and Policy Review Guidelines), pour aider les États à procéder à l’examen des cadres nationaux, en insistant sur le genre et l’éducation inclusive.

De plus, l’UNESCO aide les pays à reconstruire leurs systèmes éducatifs, à promouvoir la paix et la réconciliation.

La Directrice générale a donné des exemples pour illustrer les travaux de l’UNESCO.

  • En Afghanistan, l’Organisation dirige le plus vaste programme éducatif du pays, qui concerne quelque 600 000 apprenants dans 18 provinces et met l’accent sur les femmes, avec le soutien du Japon. L’UNESCO promeut aussi les programmes d’éducation pour la paix dans les établissements de formation des enseignants.
  • Au Soudan du Sud, l’UNESCO s’attache à renforcer le système éducatif, à augmenter les capacités des ministères et à former de nouveaux enseignants. L’Organisation étudie aussi les nouveaux cadres curriculaires, l’accent étant mis sur la paix, les droits de l’homme, l’équité entre les genres et les compétences nécessaires à la vie courante.
  • En Jordanie, l’UNESCO s’attaque avec le soutien de l’Union européenne, aux problèmes éducatifs dont souffrent les réfugiés syriens, afin d’aider le gouvernement à dispenser une éducation de qualité à ces enfants.
  • En Jordanie, au Liban, en Cisjordanie et à Gaza, l’UNESCO gère le programme éducatif de l’UNRWA, dans le cadre duquel fonctionnent près de 700 écoles et 3 établissements de formation des enseignants.
  • En Palestine, l’UNESCO s’emploie à promouvoir 29 écoles en tant que zones sûres dans des zones vulnérables et la formation des enseignants et des responsables communautaires eu égard au Mécanisme de surveillance et de communication de l'information.
  • Au Tchad, au Burkina Faso et au Soudan du Sud, l’UNESCO travaille de concert avec des partenaires pour élaborer des programmes de formation afin d’aider les ministères de l’éducation à intégrer la réduction des risques de conflit et de catastrophe dans les plans sectoriels.

« L’éducation ne peut attendre que les conflits soient terminés, les bâtiments reconstruits, les ressources disponibles – nous devons agir maintenant, » a déclaré Irina Bokova.

Note d’orientation sur les attaques contre les écoles et les hôpitaux




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