18.04.2013 - ODG

Déclaration de la Directrice générale de l’UNESCO à l’occasion de la table ronde ministérielle sur l’apprentissage pour tous

Les réunions d’aujourd’hui représentent une étape essentielle dans les efforts internationaux visant à accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs de 2015 relatifs à l’éducation.

En septembre de l’année dernière, nous nous sommes associés au Secrétaire général de l’ONU afin de lancer l’Initiative mondiale pour l’éducation avant tout en vue de susciter un nouvel élan en faveur de l’éducation pour tous. Aujourd’hui, nous voyons cette aspiration en action, avec des ministres de l’éducation, des ministres des finances et des partenaires de développement réunis autour de la même table. Cette réunion est plus que symbolique. Elle témoigne de notre foi commune en l’éducation en tant que droit humain fondamental et principal vecteur de croissance, de justice sociale, de paix et de développement durable.

Des millions d’enfants sont représentés autour de cette table. Nombre d’entre eux vivent dans trois pays dynamiques appartenant au réseau UNESCO des neuf pays à forte population, actuellement présidé par l’Inde. D’autres vivent dans des situations de post-conflit ou de post-catastrophe, où l’éducation est le point de départ pour reconstruire des vies durement touchées, acquérir les compétences nécessaires à la vie courante, et apprendre à vivre ensemble dans un climat de confiance. C’est au nom de ces enfants que nous nous exprimons aujourd’hui.

Nous avons pris connaissance d’un certain nombre d’engagements et d’actions concrètes qui devraient nous permettre d’aller encore plus loin.

Il n’existe pas de solution unique, mais des préoccupations communes se dégagent.

Premièrement, les actions décisives que nous nous employons à promouvoir doivent bénéficier aux groupes les plus marginalisés. Malgré des progrès incontestables, des obstacles continuent d’entraver la progression des filles. Nous ne pouvons laisser les inégalités croissantes aggraver encore la marginalisation. Atteindre les groupes pauvres et vulnérables – par exemple les filles, les enfants en milieu rural, les minorités ethniques ou les handicapés – doit être le principal objectif de toute politique visant à élargir l’accès à l’apprentissage et à en améliorer la qualité. Cela exige des approches spécifiques adaptées aux apprenants où qu’ils se trouvent, des approches qui offrent des possibilités d’accès à l’éducation, y compris dans un contexte non formel.

Les causes interdépendantes de l’exclusion, à savoir l’extrême pauvreté, les inégalités entre les sexes, l’isolement géographique et la discrimination socioculturelle, nécessitent une réponse concertée, c’est-à-dire un front commun de lutte pour le droit à l’éducation. Cela suppose d’agir auprès des plus jeunes car l’éducation et la protection de la petite enfance a une influence capitale, notamment pour les groupes les plus marginalisés. Des réponses concertées exigent de plus grandes synergies entre les ministères – de l’éducation aux affaires sociales, en passant par la santé et le travail – la société civile, le secteur privé et d’autres acteurs clés. C’est ainsi que les politiques seront réellement inclusives.

Les enseignants sont l’élément le plus influent en matière d’apprentissage, quel que soit le contexte. Ils représentent le moyen le plus puissant de promouvoir l’équité, l’accès et la qualité. Les nouvelles technologies peuvent aider les enseignants, mais ne sauraient les remplacer. Quelque 6,8 millions d’enseignants sont nécessaires pour atteindre l’objectif de l’enseignement primaire universel. Consacrer des investissements aux enseignants, à leur formation et à leur perfectionnement professionnel est le seul moyen de s’attaquer à la crise de l’apprentissage. Les enseignants changent la donne.

Enfin, le leadership politique au plus haut niveau est le moteur du progrès. Ce leadership est présent ici aujourd’hui. Il incombe toutefois à la communauté internationale d’aider les gouvernements qui se sont fermement engagés en faveur de l’éducation à réaliser leurs objectifs. Nous avons besoin d’un partenariat renouvelé à 1 000 jours de la date butoir de 2015.

L’engagement de l’UNESCO est sans faille. Nous continuerons d’aider les pays à transposer les priorités définies aujourd’hui sous forme de plans robustes qui permettent d’obtenir des résultats sur le terrain. La mise en place de systèmes efficaces, adaptables et pertinents nécessite de solides capacités pour planifier et gérer des systèmes inclusifs, élaborer des programmes d’études pertinents, évaluer l’apprentissage et veiller à ce qu’il y ait une véritable culture de l’apprentissage à tous les niveaux, à l’aide de moyens tant formels que non formels.

Telle est notre responsabilité à l’égard des millions d’enfants que nous représentons aujourd’hui.




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