13.09.2012 - Secteur de la Communication et de l'information

Les vingt ans du Programme Mémoire du monde fêtés en Uruguay

Dans le cadre de sa visite officielle en Uruguay cette semaine, la directrice générale de l'UNESCO Irina Bokova a ouvert, vendredi 14 septembre 2012, le séminaire intitulé « 20 ans du Programme Mémoire du monde : archives des droits de l’homme, mémoire et vérité dans le cône Sud » (Ed. José Artigas , Salón de actos, Plaza Independencia 776, Montevideo, Uruguay).

Ce séminaire vise à approfondir les débats sur les archives documentaires qui contribuent à la préservation et à la compréhension de l’histoire des violations des droits de l’homme commises à l’époque des dictatures militaires qui étaient en place dans les cinq pays du cône Sud, la région la plus au sud de l’Amérique latine. Les archives ont également pour objectif de réparer les dommages causés par ces violations des droits de l’homme.

Le Programme Mémoire du monde a été mis en place par l’UNESCO en 1992, afin de répondre au défi que constitue la protection du patrimoine documentaire en péril. À l’époque, une grande partie du patrimoine documentaire mondial était dans un état de préservation alarmant, aggravé par la guerre et les troubles sociaux, une pénurie de ressources et une ignorance quant à l’importance de ce patrimoine. En l’absence de locaux et de financements appropriés, d'importantes collections ont été mises en péril partout dans le monde par des actes de pillage et de dispersion, de trafic illicite et de destruction.

Le Programme Mémoire du monde représente l’activité phare de l’UNESCO en matière de promotion et de protection des collections détenues dans des archives, bibliothèques et musées aux quatre coins du globe, afin qu’elles puissent être consultées par les générations futures. Un large réseau d’experts a permis d’adopter des mécanismes stimulant les échanges d’informations et encourageant le travail fondamental de préservation et d’accessibilité du patrimoine documentaire.

Ces objectifs sont essentiels pour l’UNESCO, dans la mesure où en garantissant la pérennité du patrimoine documentaire, l’on participe à la subsistance de la mémoire, à l’établissement des fondements de la vérité et au renforcement des droits de l’homme. Cette pérennité est mise en évidence par le grand nombre de patrimoines inscrits au Registre de la Mémoire du monde, qui comprend des documents portant sur les violations des droits de l’homme commises sous des régimes dictatoriaux, ou encore sur l’esclavage et les routes de l’esclave. Ces deux thèmes revêtent un sens particulier, quoique douloureux, pour l’Amérique latine et la région des Caraïbes.

« En commémoration du 20e anniversaire du Programme Mémoire du monde, l’Argentine, le Brésil, le Chili, le Paraguay et l’Uruguay, unis par une histoire commune, se rassembleront afin de renforcer leurs interactions, ainsi que leurs liens de coopération et d’échanges d’informations, pour dévoiler la vérité sur les disparitions forcées », a déclaré Mme Graciela Jorge, directrice exécutive du Secrétariat des droits de l’homme de la Présidence de la République de l’Uruguay et organisatrice de l’événement en partenariat avec l’UNESCO.

Ce séminaire bénéficiera de la participation de quelques uns des meilleurs spécialistes de la région, membres d’organismes reconnus par le Programme Mémoire du monde, tels que les Archives nationales de la mémoire d’Argentine, le Réseau d'information et de désinformation sur le régime militaire au Brésil, le Musée de la mémoire et des droits de l'homme du Chili, and the Centre de documentation et d'archives pour la défense des droits de l'homme - Archives de la terreur au Paraguay.

« Ces archives sont essentielles dans le cadre des processus de re-démocratisation en cours dans la région, et à plus forte raison dans un contexte où les pays du cône Sud ont mis en place des mécanismes tels que les Commissions de vérité ou les Commission pour la paix, afin de garantir le droit à la mémoire, à la vérité et à la justice, en particulier pour les victimes de la dictature et leurs familles », affirme Jorge Grandi, directeur du Bureau de l’UNESCO à Montevideo.

L’objectif est que l’ensemble des archives liées aux violations des droits de l’homme commises sous les dictatures militaires soient inscrites au Registre de la Mémoire du monde, de sorte à ce que ces crimes ne se reproduisent jamais.




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