28.01.2014 -

L’UNESCO commémore la Journée internationale en mémoire des victimes de l’Holocauste

© UNESCO/Fabrice GentileIrina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, écrit dans le livre de souvenirs du Mémorial de la Shoah (2014)

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a commémoré aujourd’hui la Journée internationale en mémoire des victimes de l’Holocauste marquée par une série d’événements mettant l’accent sur l’engagement de l’UNESCO en faveur du travail de mémoire et de l’éducation.

« On ne construit pas l’avenir dans l’oubli du passé. L’histoire du génocide des Juifs est l’histoire du peuple juif et c’est aussi l’histoire de toute l’humanité », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO lors de sa visite annuelle, effectuée dans la matinée, au Mémorial de la Shoah à Paris. « C’est notre engagement permanent pour éduquer les jeunes générations et prévenir, par l’enseignement de l’Holocauste, les futurs génocides et les violences de masse ».

« Ce travail n’est pas tourné vers le passé, c’est un outil contre le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme aujourd’hui » a-t-elle ajouté tout en s’engageant « à ne jamais relâcher les efforts dans le combat contre l’antisémitisme et le déni ; ce n’est pas négociable ».

Tout au long de la journée, Irina Bokova était accompagnée par Samuel Pisar, survivant de l’Holocauste et Ambassadeur honoraire de l’UNESCO, Envoyé spécial pour l’enseignement de l’Holocauste. Au cours de la cérémonie qui s’est tenue dans la soirée à l’UNESCO pour clore la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste, qui a lieu chaque année le 27 janvier, il a évoqué ceux qui ont été envoyés dans les chambres de la mort nazies : « une fois les portes métalliques fermées et le gaz mortel répandu, ils ne leur restait que trois minutes à vivre. Pourtant, ils ont trouvé la force de graver ces mots avec leurs ongles : « N’oubliez jamais ». Ces cris, ces mots, nous imposent à tous l’obligations sacrée de nous souvenir de leur destin cruel et de rester vigilant quant au nôtre ».

Le Grand rabbin de Tel Aviv, Meir Lau, autre survivant de l’Holocauste et Président de Yad Vashem, Centre mondial pour la recherche, la documentation, l’éducation et la commémoration de l’Holocauste a également pris part à la cérémonie.

Eric de Rotschild, Président du Mémorial de la Shoah de Paris, également présent, a quant à lui mis en garde contre la montée actuelle de la haine ethnique, notamment contre de nouvelles formes d’antisémitisme.

János Lázár, ministre d’Etat au Bureau du Premier ministre de Hongrie, a insisté sur la nécessité d’étudier l’histoire de l’Holocauste dans le discours qu’il a prononcé lors de la cérémonie et évoqué la Hongrie pendant la Seconde guerre mondiale déclarant : « Nous avons également commis des crimes contre nous-mêmes, par notre passivité mais malheureusement aussi par nos actes. D’une part, certains dirigeants de l’État hongrois portent une lourde responsabilité personnelle dans la déportation des Juifs hongrois mais aussi dans leur condamnation à mort. D’autre part, l’État hongrois a été incapable de protéger ses propres citoyens et n’a pas fait tout ce qu’il aurait pu ».

 

Les ambassadeurs d’Israël, de France et d’Allemagne auprès de l’UNESCO  ont pris part à cette cérémonie qui marquait la fin de cette journée du souvenir.

Au cours de cette Journée, l’UNESCO a lancé une nouvelle publication L’enseignement de l’Holocauste dans un monde globalisé, en collaboration avec la Fondation Topographie de la Terreur (Allemagne). Le livre s’intéresse à la possibilité d’enseigner l’Holocauste dans différents contextes culturels et éducatifs. Il présente des études de cas dans différentes régions du monde, liant l’enseignement de l’Holocauste aux violations des droits de l’homme commises en Argentine au 20e siècle, aux génocides perpétrés au Rwanda, à la situation post apartheid de l’Afrique du Sud et au dialogue entre Juifs et Arabes.

Au cours de cette journée de commémoration, universitaires et représentants d’organisations spécialisées ont participé à un séminaire international intitulé : « L’impact de l’enseignement de l’Holocauste : comment évaluer politiques et pratiques ? ». L’événement, organisé par l’UNESCO et l’Institut Georg Eckert de recherche internationale sur les manuels scolaires (Allemagne), portait sur l’évolution de l’enseignement relatif à l’Holocauste dans différentes parties du monde.

La Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste a également été l’occasion de dresser un état des lieux des nombreux projets relatifs à l’enseignement de l’Holocauste lancés par l’UNESCO au cours des dernières années ; séminaires, publications et projets internationaux.

Plusieurs expositions, inaugurées à l’occasion de la Journée, se tiendront jusqu’au 13 février : « Itinéraires à travers l’Holocauste », témoignages de réfugiés juifs mis en lumière par la Fondation pour la Shoah de l’Université de Californie du Sud (USC Shoah Foundation) et l’UNESCO, « Sur les pas des disparus », photographies de Matt Mendelsohn présentées par le Mémorial de la Shoah, « Le monde savait : la mission de Jan Karski pour l’humanité » proposée par la délégation permanente de Pologne auprès de l’UNESCO et « Les Rescapés de la Shoah : courage, volonté, vie », peintures d’Alain Husson-Dumoutier, Artiste de l’UNESCO pour la paix.

La Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste était organisée en partenariat avec le Mémorial de la Shoah –Musée, centre de documentation basé à Paris, l’Institut Georg Eckert de recherche internationale sur les manuels scolaires, l’USC Shoah et la Hongrie.

 

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