23.03.2012 - ODG

Le World Affairs Council de Californie du Nord accueille la Directrice générale pour un dialogue sur l’UNESCO

© UNESCO/George Papagiannis – La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, s’exprimant au World Affairs Council de Californie du Nord, à San Francisco, en mars 2012.

La Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a abordé un large éventail de sujets lors d’une séance de questions/réponses, qui a fait salle comble, organisée par le World Affairs Council de Californie du Nord, à San Francisco, mercredi dernier. Elle a insisté dans ses observations sur l’engagement et la sécurité mondiale, indiquant clairement que si l’arrêt du financement des États-Unis avait eu un impact, l’UNESCO pouvait s’en remettre sur le plan financier, mais que le déclin de l’influence des États-Unis en tant que défenseur de valeurs universelles partagées était un prix bien trop élevé à payer et ne saurait jamais être justifié. « L’UNESCO compte pour les Américains et les Américains comptent pour l’UNESCO », a-t-elle dit. « Nous avons besoin des États-Unis à nos côtés pour promouvoir et plaider certaines causes telles que l’égalité entre les sexes, la liberté d’expression et la liberté de la presse, entre autres », a-t-elle ajouté.

Les États-Unis conservent pour l’instant leur droit de vote à l’UNESCO, mais selon les règlements de l’Organisation, ce droit est suspendu après deux années de non-paiement des sommes dues.

La Directrice générale a également évoqué les conséquences directes de l’arrêt du financement américain, qu’elle a qualifiées de lourdes et préjudiciables pour les intérêts de la sécurité nationale des États-Unis. « En Iraq, les États-Unis contribuaient à hauteur de 900 000 dollars pour lever, en Iraq et auprès de l’Union européenne, près de 10 millions de dollars de financements qui auraient permis d’améliorer la distribution de l’eau dans le pays. Ce projet avait nécessité des mois de négociations, et lorsque les États-Unis ont arrêté de verser leur contribution, l’accord s’est effondré. C’est la nature même de ces projets multilatéraux », a-t-elle expliqué.

« Et je dois ajouter », a-t-elle insisté, « qu’un tel projet est dans l’intérêt de la sécurité nationale des États-Unis. La pénurie d’eau peut avoir une impact négatif sur une communauté ». Une autre occasion manquée en Iraq a été l’arrêt d’un projet destiné à améliorer la transparence du pouvoir judiciaire.

Dans un cas particulier, la Directrice générale a réaffecté des fonds afin de pouvoir poursuivre la mise en œuvre du Système d’alerte rapide aux tsunamis dans les Caraïbes. Les États-Unis étaient le principal contributeur dans cette entreprise. « J’ai dû utiliser des fonds provenant du Fonds d’urgence », a-t-elle indiqué au public présent, « car c’est une question de vie ou de mort ».

D’autres partenariats avec des institutions des États-Unis et autres acteurs américains continuent de bien se développer. Les partenariats de l’UNESCO avec de grandes sociétés telles que Microsoft, Cisco, Intel et Procter & Gamble répondent aux besoins en matière d’alphabétisation et d’éducation, en particulier pour les femmes et les filles. Au début de cette année, aux côtés de Forrest Whittaker, Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO et acteur oscarisé, l’Université Rutgers du New Jersey et l’UNESCO ont ouvert un institut pour la paix. Le grand nom du jazz et Ambassadeur de bonne volonté, Herbie Hancock, lancera quant à lui la Journée internationale du jazz à la fin du mois d’avril, avec des concerts à la Nouvelle-Orléans, New York et Paris. « Le jazz est une question de liberté et de droits civiques, et un mélange de cultures ; c’est un patrimoine commun à l’humanité tout entière », a dit Mme Bokova.

Plus tôt dans la journée, la Directrice générale avait rencontré des biologistes marins et océanographes de premier plan. Elle s’était entretenue avec eux des futurs plans de l’Organisation pour la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio + 20), qui aura lieu en juin, ainsi que des défis auxquels la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO est confrontée en raison de l’arrêt du financement des États-Unis, qui étaient l’un de ses principaux donateurs.

La mission de 10 jours de la Directrice générale aux États-Unis, qui touche à sa fin, aura été pour elle l’occasion de mettre l’accent sur l’éducation des filles et des femmes, la liberté d’expression et le 40e anniversaire de la Convention du patrimoine mondial.




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