Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté - 17 octobre

Message de la Directrice générale de l’UNESCO

L’éradication de la pauvreté doit être la priorité absolue de toute politique de développement. L’extrême pauvreté est un frein au plein exercice des droits humains, elle est un obstacle au développement, une menace pour la paix.

Plusieurs millions de personnes sont toujours victimes de la famine, 842 millions souffraient toujours de la faim chronique entre 2011 and 2013. Comment imaginer, dans ces conditions, construire une paix durable et un développement durable ? C’est un affront à la société, à l’idée même de la dignité humaine, qui nous interpelle et doit nous réveiller collectivement.

Le sursaut est possible : les solutions existent, au premier rang desquelles figure l’éducation, qui ouvre les portes de l’insertion sociale, des compétences et de l’emploi. Elle est l'outil principal pour la construction de sociétés égalitaires, notamment pour les femmes. Elle permet d’acquérir l’autonomie, d’améliorer le rendement des récoltes, la santé, la vie des enfants.

Au-delà des indicateurs économiques, des ressources matérielles et des seuils fixés en « dollars par jour », la pauvreté est affaire d’inclusion sociale, de possibilité pour chacun d'agir pleinement comme acteur de sa vie et de lui donner un sens. Les progrès futurs contre la pauvreté passent par des solutions innovantes, capables de traiter de front les aspects économiques, sociaux, éthiques de la pauvreté. Ces dernières années, le rôle de la culture et des activités culturelles a notamment retenu l’attention des acteurs engagés dans cette lutte. Les résultats obtenus dans la réalisation des projets « Culture et développement » pilotés par l’UNESCO montrent le potentiel des industries créatives, de l’artisanat, du secteur culturel, pour créer des emplois et poser les conditions du dialogue social, de l’inclusion, de l’estime de soi. Le patrimoine culturel et la créativité appartiennent aux peuples, et c’est à partir d’eux qu’ils peuvent construire un développement pleinement maîtrisé. Il est impératif que ce potentiel culturel soit pleinement reconnu dans le nouvel agenda pour le développement durable après 2015.

L’objectif n’est pas de réduire, mais d’éradiquer la pauvreté, d’arriver à zéro. Cet objectif est à portée de main. La pauvreté recule à une vitesse sans précédent. En 1990, 43 % de la population mondiale vivait dans l’extrême pauvreté avec moins de 1,25 dollar US par jour. Aujourd’hui, cette proportion n’est plus que de 21 %. C’est encore beaucoup trop. L’humanité ne pourra pas se projeter dans l’avenir lorsque des millions de personnes restent prisonniers d’une survie au jour le jour. Aucune paix durable, aucun développement durable n’est possible tant que les inégalités se maintiennent à ce niveau. C’est donc avec un sentiment d’urgence et la conviction que nous pouvons réussir, que j’appelle aujourd’hui l’ensemble des gouvernements, des acteurs de la société civile, du secteur privé et public à créer davantage de richesses, à mieux partager celles qui sont disponibles, pour le bien commun de l’humanité.

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