L'eau et la biodiversité

Cette année, la Journée internationale de la diversité biologique est centrée sur le thème « L'eau et la biodiversité » afin de mettre en lumière les solutions apportées par la biodiversité aux défis liés à l'eau. Il a été choisi pour coïncider avec l'Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau 2013.

L'eau est nécessaire pour soutenir la biodiversité. Le manque d’eau se traduit globalement par l’augmentation des pertes de biodiversité. À son tour, la biodiversité est essentielle pour le maintien de la qualité et la quantité de l'approvisionnement en eau et joue un rôle indispensable, mais souvent méconnu dans le cycle de l'eau.

  La biodiversité n’est pas une donnée comme une autre : elle est aussi nécessaire dans l’ordre du vivant que la diversité culturelle. Ces deux diversités sont liées et l’avenir que nous voulons dépend de notre capacité collective à les perpétuer.      

Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO, à l'occasion de la Journée internationale de la diversité biologique 2013

Le cycle de l'eau est fortement influencé par les écosystèmes et la vie qui leur est associé. Ils régulent le mouvement de l'eau dans la terre, la filtrent et participent à la répartition des nutriments. Ensemble, ces processus permettent de lutter contre l'érosion et prévenir les risques de sécheresse et d’inondation tout en régulant la qualité et la disponibilité de l'eau. Ces services écosystémiques constituent une «infrastructure naturelle de l'eau », qui offre des solutions rentables et durables pouvant fonctionner en parallèle avec les infrastructures artificielles telles que les barrages, les stations épuration, les systèmes d'irrigation, les réseaux de drainage et les digues.

Des solutions naturelles pour la sécurité de l’eau

L'eau est une ressource renouvelable mais limitée. Elle est recyclable mais ne peut être remplacée. Sous l’effet de la croissance démographique, du développement économique et urbain, de la pollution et du changement climatique, ces ressources limitées sont soumises à des pressions excessives. La coopération permet de trouver un juste équilibre entre les différents besoins et priorités, afin de répartir cette précieuse ressource de façon équitable.

© UNESCO/Volga-Akhtuba floodplain Natural park and Biosphere Reserve. Les zones humides peuvent purifier et stocker l'eau, tout en réduisant les risques liés aux inondations.


Dans le cadre de la gestion de l’eau, les écosystèmes et leur biodiversité ne doivent pas être considérés comme des consommateurs d'eau, mais comme les éléments essentiels d’une infrastructure naturelle.

La quantité et la qualité des ressources en eau seraient gravement compromises sans les écosystèmes et l’ensemble des relations et processus biologiques complexes qu'ils soutiennent. Le modèle actuel, selon lequel l'eau et la biodiversité sont gérées séparément, est obsolète.

L’eau douce, la biodiversité, le fonctionnement des écosystèmes et le développement humain sont intimement liés. La restauration de l'infrastructure naturelle, à savoir la restauration des écosystèmes dégradés et la protection de leur biodiversité, peut être un facteur clé de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté tout en contribuant à l'adaptation au changement climatique et la réduction des risques de catastrophe.

L’action de l’UNESCO pour la biodiversité

Cette nouvelle approche a été intégrée dans le Plan stratégique pour la diversité biologique (2011-2020), qui a établi des objectifs clairement définis connus comme les Objectifs d'Aichi. Il est également reflété dans les travaux en cours en vue d'un agenda international pour le développement durable post-2015.

L'UNESCO contribue à ces efforts internationaux par le biais de son Initiative sur la biodiversité, qui rassemble l'expertise de l'Organisation dans les domaines de l'éducation, les sciences et la culture afin de fournir des conseils stratégiques et de soutenir les efforts des États membres pour tenir leurs engagements en matière de biodiversité. Elle soutient la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) pour renforcer le dialogue entre la communauté scientifique, les gouvernements et les parties prenantes dans ce domaine.

Les réseaux d’écosystèmes et les réseaux thématiques spécifiques de l’UNESCO fournissent des indications précieuses sur les modèles de développement durable et d’adaptation aux changements climatiques tout en facilitant la recherche, le renforcement des capacités et les initiatives pédagogiques.

L’UNESCO et la Convention de Ramsar sur les zones humides travaillent en étroite collaboration afin de préserver d'importants écosystèmes de zones humides par le biais de la Convention du patrimoine mondial, du Programme sur l’Homme et la biosphère (UNESCO-MAB) et du Programme hydrologique international (UNESCO-PHI).

ONU-Eau a invité l’UNESCO à orchestrer l’Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau 2013  en raison de sa mission, construire la paix et le développement durable, de son mandat pluridimensionnel dans les  domaines des sciences naturelles et sociales, de la culture, de l’éducation et de la communication, et des programmes qu’elle mène de longue date en faveur de la gestion des ressources mondiales en eau douce.

Faits & chiffres

    • L’eau qui circule dans le sol et la végétation représente 62% de l'eau douce renouvelable au niveau mondial.
    • Les forêts et les écosystèmes de montagne approvisionnent au moins 4 millions de personnes en eau douce, soit les deux-tiers de la population mondiale.
    • Les écosystèmes de montagne peuvent contribuer plus de 60% du débit annuel moyen de rivière dans certains bassins versants.
    • Le défrichage et la destruction de systèmes forestiers de montagne augmentent généralement les taux d'érosion et les risques liés aux catastrophes naturelles en aval.
    • L’infrastructure naturelle contribue à augmenter la résilience aux catastrophes, alors que sa dégradation est souvent la cause principale des catastrophes en premier lieu.
    • 90 % de l'ensemble des risques naturels sont liés à l'eau et leur fréquence et leur intensité vont généralement croissant. En 2010, plus de 296 800 personnes ont perdu la vie dans pas moins de 373 catastrophes naturelles, près de 208 millions d'autres ont été touchées, le tout au prix de près de 110 milliards de dollars.
    • Les zones humides agissent comme des éponges, absorbant l'excès d'eau en période de fortes pluies et des marées hautes et libérant lentement de l'eau pendant les périodes sèches. La perte de ces zones humides augmente les risques d'inondations.
    • Les zones humides sont parmi les milieux les plus productifs du monde, elles sont des berceaux de la diversité biologique.

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