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Les femmes et les filles : la force [in]visible de la résilience

Les pertes en vies humaines, les souffrances et les dommages dus aux catastrophes à travers le monde sont un rappel constant de notre vulnérabilité face aux risques naturels. Pourtant, beaucoup de ces conséquences tragiques pourraient être évités grâce à la sensibilisation et à l'évaluation des risques, l'amélioration de la gestion de l'environnement et de l'urbanisme, de la préparation et de l'éducation, pour n'en nommer que quelques-uns. Pour réduire les risques liés aux catastrophes, il nous faut comprendre les risques naturels qui peuvent nous menacer ou menacer notre environnement, et trouver des manières de réduire notre vulnérabilité afin qu’ils ne nous affectent pas, ou du moins que le rétablissement soit rapide.

Nous devons tenir compte des préoccupations des filles et des femmes dans toute politique de réduction des catastrophes. Leur autonomisation est l’une des principales voies d’accès à des sociétés plus résilientes. Avec la multiplication des catastrophes et l’augmentation de leur impact, les filles et les femmes ne doivent plus seulement être visibles, elles doivent être actrices et chefs de file de la résilience.  

       Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO

Le 13 Octobre, la célébration de la Journée internationale de prévention des catastrophes permet de rappeler que la résilience aux catastrophes doit être une priorité de développement dans toutes les régions du monde. Le thème de cette année met l'accent sur le rôle des femmes et des filles dans la réduction des risques de catastrophe, attirant l'attention sur le fait que leurs efforts pour protéger et reconstruire leurs communautés avant et après les catastrophes sont souvent méconnus. Ce travail est considéré comme allant de soi et reste invisible, une forme « d'invisibilité » socio-culturelle. Ce doit être l'occasion d'apprécier l'action des millions de femmes et de jeunes filles qui rendent leurs communautés plus résilientes face aux catastrophes et de se mobiliser contre les défis qui les empêchent encore de jouer un rôle plus important dans la réduction des risques, le rendant ainsi d’autant plus vulnérables à ces risques.

Une communauté résiliente est une communauté sensible aux questions de genre

L'égalité des sexes est un fil rouge intégré dans la trame de chacune des activités de l'UNESCO favorisant la coopération internationale en matière d'éducation, des sciences, de la culture, de la communication et de l'information. Le Document final de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable - Rio +20 - souligne la nécessité de se concentrer davantage sur la réduction des risques de catastrophe et de renforcer la résilience aux catastrophes. Il reconnaît la nécessité d'intégrer une perspective sexospécifique dans la conception et la mise en œuvre de toutes les phases de la gestion des risques de catastrophe.


Quand une catastrophe naturelle frappe, l'inégalité des sexes met les femmes, les enfants et des communautés entières en danger. L'inégalité entre les genres est un maillon faible - le renforcer renforce la résilience. L'égalité commence par l'éducation. L'éducation et l'autonomisation des femmes permettent de réduire fortement la vulnérabilité aux risques. Les femmes et les filles représentent 52% de la population mondiale et sont parmi les plus touchés par les catastrophes. Leur expérience, leurs connaissances et leur expertise sont essentielles à l'adaptation au changement climatique et à l’élaboration de stratégies et de processus de réduction des risques. Si nous n'investissons pas dans le renforcement du rôle que jouent les femmes et les filles dans la résilience aux risques naturels, les catastrophes seront appelées à augmenter en termes de fréquence, de complexité, de portée et de potentiel de destruction.

Les femmes et les filles sont les fondements de l’endurance - Elles sont les premières à préparer leurs familles à une catastrophe et les premières à reconstituer les communautés dans le sillage d’un sinistre.

Faits et chiffres

L'inégalité des sexes, en termes d'éducation et l'autonomisation, se traduit par une plus grande vulnérabilité : les femmes et les enfants ont 14 fois plus de chances de mourir lors d'une catastrophe que les hommes.

Plus de 226 millions de personnes sont touchées par des catastrophes chaque année. Au cours des 40 dernières années, la plupart des 3,3 millions de décès causés par des catastrophes se sont produits dans les pays le plus pauvres.

Plus de 680.000 personnes sont mortes lors de tremblements de terre entre 2000 et 2010. La plupart de ces décès, dus à des bâtiments mal construits, auraient pu être évités.

Moins de 0,7% de l'ensemble de l’aide humanitaire est investi dans la prévention des catastrophes, bien que chaque dollar dépensé pour la préparation permette d'économiser 7 dollars en réponse post-crise.

4.130 catastrophes naturelles ont été enregistrées à travers le monde entre 2002 et 2011, entrainant plus de 1,117 millions de décès et une perte minimum de 1,195 milliard USD.

En Asie de l'Est et dans le Pacifique, les risques de mourir des conséquences d'inondations ou de cyclones ont diminué des deux tiers depuis 1980.

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