Construire des alliances

Message d'Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO
à l'occasion de la Journée internationale des peuples autochtones 2013

En 2013, la Journée internationale des peuples autochtones célèbre l’importance des alliances, accords et arrangements constructifs visant à protéger les droits des peuples autochtones.

© UN Photo/Rick Bajornas. Instance permanente sur les questions autochtones

Dans un monde où l’environnement évolue rapidement et où les sociétés connaissent une transformation profonde, la solidarité – incarnée par les alliances entre groupes autochtones et avec des partenaires non autochtones – doit être notre principe directeur pour sauvegarder et promouvoir des identités, des langues, des systèmes de savoirs et des visions du monde uniques. Il s’agit là d’un aspect particulièrement important alors que nous définissons les contours d’un nouvel agenda mondial du développement pour l’après-2015.

Pour l’UNESCO, la durabilité mondiale doit reposer sur des bases locales, qui reflètent les opinions et les besoins des communautés locales, notamment des peuples autochtones. C’est la raison pour laquelle nous nous efforçons de placer la culture au cœur de tous les efforts en faveur du développement – en tant que vecteur d’identité et de cohésion, et source de créativité et d’innovation. Sans la culture, aucune société ne peut prospérer et il ne saurait y avoir de développement durable. Les peuples autochtones le savent mieux que quiconque, eux qui sont les gardiens d’une riche diversité linguistique et culturelle, possédant une connaissance unique des modes d’existence durables et du respect de la biodiversité.

Nous avons besoin de nouvelles alliances

Nous avons besoin de nouvelles alliances pour porter cette vision – dans tout le système des Nations Unies, auprès des États membres, au sein des sociétés et entre elles. C’est pourquoi le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sollicite activement la coopération des peuples autochtones et des communautés locales. Grâce à son programme sur les Systèmes de savoirs locaux et autochtones, l’UNESCO est à la pointe des efforts inter-institutions pour intégrer les savoirs autochtones, au même titre que les sciences, dans le 5e Rapport d’évaluation du GIEC :

© Menuka Scetbon-Didi


Conséquences du changement climatique, adaptation et vulnérabilité, à paraître en 2014. Dans le même esprit, la toute nouvelle Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) reconnaît l’importance de la biodiversité pour les peuples autochtones, ainsi que leur contribution essentielle à sa conservation. L’UNESCO, au nom du secrétariat de l’IPBES, conduit l’action visant à développer des accords constructifs et mutuellement avantageux avec les peuples autochtones et les communautés locales.

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007) reconnaît que « le respect des savoirs, des cultures et des pratiques traditionnelles autochtones contribue à une mise en valeur durable et équitable de l’environnement et à sa bonne gestion ». Afin de développer cette idée et de protéger les droits de tous les peuples autochtones, nous devons mettre en place de nouveaux accords, alliances et arrangements en faveur de la durabilité mondiale. C’est ce à quoi l’UNESCO s’engage en cette Journée internationale des peuples autochtones.

                 Irina Bokova

À propos de la journée

La Journée internationale des peuples autochtones, célébrée chaque année le 9 août, marque la première réunion du groupe de travail des Nations Unies sur les population autochtones en 1982, au sein de la sous-commission pour la promotion et la protection des droits de l'homme.

Célébration officielle

Les peuples autochtones et la création des alliances : Respecter les traités, accords et autres arrangements constructifs
New York, États Unis, 9 août 2012

Activités de l'UNESCO

Vidéo

Les Huachipairi vivent dans la forêt tropicale du sud du Pérou. L'eshuva, prière chantée exprimant les mythes religieux de ce peuple, est interprété pour soigner un malade ou lors de cérémonies traditionnelles. Si l'on en croit la tradition orale, les chants eschuva auraient été appris directement des animaux de la forêt et ils permettent d'invoquer les esprits de la nature et de solliciter guérison, soulagement ou bien-être de leur part. Les chants sont uniquement interprétés en harákmbut, sans instrument.

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